La vérité

la véritéCe film fut l’événement de l’année 1960. Aujourd’hui, alors qu’il est invisible depuis vingt ans ou presque, on le redécouvre dans toute sa force et sans une ride. On comprend que le film obtint le Grand prix 1960 du cinéma français et l’Oscar du meilleur film étranger à Hollywood. Une jeune femme est accusée du meurtre de son amant, qui est aussi le fiancé de sa sœur. Crime prémédité ou passionnel ? Tout un procès et plu-’ sieurs flashbacks vont permettre de nous faire une intime conviction. Et il est dur de juger un « animal » à la fois amoral et innocent comme Bardot ! La comédienne trouve là un de ses rôles les plus émouvants et les plus intenses, comme si elle comprenait et partageait parfaitement la révolte de l’héroïne de « La vérité », cette incompréhension du monde à son égard, cette liberté d’être elle-même qui lui est refusée, ce glissement progressif vers la passion et l’emprise des sens. Dans cette histoire criminelle simple, Clouzot a su insuffler, sans doute grâce à Bardot, quelques chose d’essentiel.

Bardot s’est complètement investie et a vraiment fait un travail d’actrice de composition. Mais « La vérité », ce sont aussi les scènes du procès, avec ces réjouissants échanges entre l’avocat général, Paul Meurisse, et l’avocat de la défense, Charles Vanel. En les juxtaposant aux flashbacks, Clouzot y distille une mise en cause impitoyable de cet appareil judiciaire qui « sanctionne a priori » au lieu de «comprendre ». Assurément, « La vérité » mérite, aujourd’hui, son étiquette de… classique du cinéma français.