L’hôpital

C’est la déprime pour le docteur Herbert Bock, médecin-chef au Metropolitan Hospital, New York City, USA. Non seulement sa femme l’a quitté, non seulement sa fille contestataire est recherchée par la police pour trafic de drogue, mais une série mystérieuse d’accidents mortels se déclenche dans son hôpital. Certains malades sont traités par erreur pour des maladies qu’ils n’ont pas et succombent à ces soins aberrants. En même temps, Bock est saisi par le démon de midi et se lie à la fille d’un de ses malades, un chef indien qui se prend pour la réincarnation d’un dieu justicier. Celui-ci se révèle être l’auteur de tous ces meurtres : il voulait punir le coupable d’une erreur qui avait causé la mort d’un malade. C’est surtout l’indescriptible désordre qui règne à l’hôpital qui lui a permis de mener à bien ses criminelles activités… Les Américains, on le sait, sont friands des ces interminables mélos médicaux, qui font les beaux soirs de la télévision. Ici, c’est une satire délirante du fonctionnement d’un établisse ment hospitalier gigantesque. Un petit chef-d’œuvre d’humour noir, qui permet à l’excellent George C. Scott de fignoler un numéro très divertissant de médecin dépassé par les événements… A noter, la présence de Diana Rigg pour les nostalgiques de «Chapeau melon et bottes de cuir» (les bottes, ce fut elle…).

Reckless

Un décor sinistre d’usines, de fonderies d’acier qui crachent leur fumée grisâtre. Nous sommes à Eberton, Ohio. (Oh ! Aïe ! Oh ! Comme chanterait Adjani inspirée par Gainsbourg). Horizon bouché, surtout pour les jeunes. Pour eux, l’avenir est tout tracé : l’usine aux privilégiés, le chômage aux autres. Johnny Rourke, un jeune rebelle qui sillonne la ville sur sa moto, n’a qu’une idée en tête : partir. Solitaire, il ne se mêle à aucune bande, mais, le soir du bal du lycée, le hasard d’un tirage au sort le rapproche de Tracey, belle, blonde et bourgeoise. Tracey vit heureuse dans sa famille sous le signe de l’American way of lite. Elle est fiancée à Randy, un jeune homme plein d’avenir. Or, au contact de Johnny, elle va prendre conscience qu’elle attend autre chose de la vie. Se laissera-t-elle tenter par l’évasion en compagnie de Johnny ? Le film de James Foley ne se contente pas de mettre en scène des adolescents sur fond de musique stéréotypée, comme beaucoup d’autres. Il est centré sur une description très forte du mécanisme de l’assimilation sociale, celui précisément auquel Johnny veut échapper, à travers la vie des lycéens et leur conditionnement autour du culte imbécile du football. La mise en scène fait preuve d’une maîtrise enviable. Une excellente raison de ne pas manquer «Reckless», c’est bien sûr Daryl Hannah, la révélation de «Blade runner», bien plus à l’aise ici qu’en sirène dans le gentiment niais «Splash».

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