Le fantôme de Milburn

Le fantôme de MilburnQuel générique ! Serait-ce une réunion d’anciens combattants ou une visite dans un hospice de vieillards ? De Fred Astaire à Patricia Neal, de Melvyn Douglas à Douglas Fairbanks Jr, de célèbres acteurs des années 30 se retrouvent sous le signe du fantastique. Le fantastique n’est-il pas le seul genre qui nous permette de les retrouver ainsi, au crépuscule de leur carrière ? Dans la petite ville de Milburn, quatre notables ont fondé un club, le «Cercle du chaudron», pour se raconter des histoires terrifiantes, mettant en jeu des forces surnaturelles. Nous comprendrons bientôt que ces quatre hommes sont liés par une vieille histoire, une culpabilité commune. Dans leur jeunesse, ils étaient tous les quatre amoureux de la belle héritière Eva Galli, qui est morte par leur faute. Chacun des quatre vieillards est tourmenté par des cauchemars et des apparitions. Il s’avère bientôt qu’un fantôme les persécute, qui a pris les traits d’une jeune femme, Alma, réincarnation d’Eva Galli. Ce ne sera pas facile de venir à bout de la malédiction… Mais auparavant, ils vont payer à tour de rôle leur criminelle désinvolture d’autrefois. Un excellent film fantastique de facture classique, avec des scènes réellement impressionnantes lorsque intervient Alma, le fantôme de Milburn.

La traviataLa traviata

«La Traviata» c’est la dame sans camélias. Même intrigue : Violetta se meurt, abandonnée de tous et dans le plus profond dénuement. Elle se souvient de son passé somptueux d’intrigante, de son histoire d’amour avec Alfredo, un fils de famille. Histoire à laquelle elle a du renoncer par amour pour lui, pour préserver son avenir et sa réputation. Happy end : Alfredo arrivera à temps pour recueillir le dernier soupir de la dame et l’assurer de son amour. «La Traviata» n’est pas un opéra filmé, c’est un film opéra. Il n’est donc pas fidèle point par point au livret. C’est en fait un prétexte pour Zeffirelli pour jouer des décors et de l’esthétisme clinquant à outrance. L’esthétisme de Zeffirelli est particulier : il est pompier, lourdaud, insistant et donne mal à la tête. Cela dit, s’il agace énormément, il n’en est pas moins intéressant. Parce qu’il est le seul à donner ainsi dans la beauté bas de gamme, qui frise le baroque. On peut se laisser prendre par le rythme de ces films galères, opéra. Teresa Stratas est remarquable dans l’interprétation de Violetta, Placido Domingo l’est beaucoup moins en jeune premier, mais il a son public. Un public qui fera peut-être à cette occasion connaissance avec l’opéra. En bref «La Traviata» est un film platement joli tiré d’un opéra médiocre, mais rendons hommage à Zeffirelli : il a eu la magnifique inspiration de ne pas réaliser une énième interprétation de «Carmen» devenu opéra maudit, rabâché, torturé et définitivement inaudible en 1984 tant ses adaptations cinématographiques l’ont banalisé.

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