La vie de famille

La vie de familleC’est le récit d’une invitation au voyage d’un papa (Sami (Frey), alias Emmanuel, avec sa fille de 10 ans. (Mara Goyet) alias Elise. Emmanuel culpabilise d’avoir laissé sa fille dans un foyer unijambiste — il est divorcé — et se sent prêt à tout pour faire de chaque week-end passé avec sa fille un événement unique, un conte de fées où l’on vit à 100 à l’heure, où l’on apprend perpétuellement quelque chose d’essentiel. Il se sent prêt à tout pour chasser l’ennui aux couleurs de la télévision des mercredis après-midi, des sornettes de la communale et des références quasi-systématiques à Pifou-Magazine. Alors sais prétexte de réaliser un petit film vidéo inspiré d’un scénario — cucul — signé Elise. Emmanuel va entraîner sa fille le plus loin possible afin de trouver le lieu idéal de leur confrontation. C’est non loin du Prado, à Madrid, qu’Emmanuel et Elise trouveront le lieu de leur dialogue. Dans une chambre d’hôtel. Un dialogue à cœur ouvert facilité par l’instrument caméra vidéo pris comme confident Our ce qu’il n’est pas possible d’énoncer dans un face à face. Qui est l’instrument de qui ? Impossible de le savoir tant les personnages se cachent derrière leurs révélations. «La vie de famille» est un film d’un intimisme profond. Et Doillon réussit à rendre le spectateur voyeur et souvent mal à l’aise de l’être. Avec des limites toutefois. Des limites imposées par le fait que le scénario de départ est inspiré d’une nouvelle de John Updike intitulée «la vie de famille en Amérique».

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