Maryna, des images en chansons

J'ai besoin de toi MarynaElle nous arrive avec un premier 45 tours, une jolie voix et deux titres prometteurs dont l’un, «J’ai besoin de toi», ne tardera – certainement pas à gravir les marches du sacro-saint Top 50. Mais Maryna, du haut de ses vingt ans, ne s’affole pas et garde la tête froide. Elle qui rêvait, depuis l’âge de dix ans, de devenir chanteuse, a déjà gagné son pari : qu’un producteur soit séduit par sa voix et par son charme et croit suffisamment en son avenir pour lui permettre d’enregistrer son premier disque. A présent, Maryna croise les doigts, même si elle sait que les radios et les auditeurs ont réservé un excellent accueil à «J’ai besoin de toi», même si les télés l’ont programmée. Elle se contente d’affirmer, en souriant, «Laissons le destin prendre les choses en mains». A parier que cette petite brune aux yeux bleus-verts, qui aurait pu naître à Rome, avec son piquant à l’italienne, n’a pas fini de nous surprendre. Son seul petit regret, ‘c’est d’être née trop tard. «J’aurais bien aimé avoir vingt ans à l’époque des sixties, avoue-t-elle Cela devait être formidable. Pour me consoler, j’écoute les disques français et anglo-saxons que mes parents, qui ont eu la chance de vivre ces années-là, m’ont donnés. Et je craque». A Vidéo 7, on a beaucoup aimé ce p’tit bout de femme. Et maintenant, nous attendons son clip.

Diable rouge

Diable rougeYouri, un jeune orphelin ukrainien, surnommé Bouche du Diable en raison de son bec de lièvre, reçoit, dans la très secrète école du KGB, une formation très poussée qui fera de lui un espion de premier ordre, plus tard appelé à opérer aux USA pour le triomphe de la révolution socialiste. Voilà le départ de ce grand récit d’espionnage en bande dessinée qui se déroule dans les années 50. Magnifique, beau, léché, caricatural, passionnant, historique, triste, philosophique, imaginatif, coloré, étudié, psychologique, tout ça c’est «Bouche du Diable», la deuxième collaboration de Boucq et Charyn qui avaient déjà superbement signé «La femme du magicien», Alfred du meilleur album en 1986 à Angoulême. D’après le scénario, on ne peut s’empêcher d’imaginer une adaptation au cinéma. Mais comment retrouver la «couleur», au sens large du terme, de ces illustrations ? «La bouche du Diable», Casterman, 99 francs.

Un cirque à la maison

Place à de petites distractions pour la maison : le cirque. Pour les fêtes et les évènements spécifiques, ou seulement pour le plaisir de décorer d’une manière originale, optez pour les décorations au thème de cirque du site Popstickers. Imaginez-vous en train de décorer votre maison ou votre appartement avec des images de quelqu’un faisant des figures qu’on trouve surtout au cirque, et aussi des clowns qui nous font pleurer de rire.

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Vous pouvez voir tout cela sur le site pop sticker. En fait, ce site est un magasin de e-commerce spécialisé dans la décoration d’intérieur, et tout particulièrement les stickers. Il a plusieurs produits qu’il met en vente, vous pouvez cliquer ici et les 400 autocollants et plus, classés dans 17 catégories différentes vous seront proposées. Parmi ces décorations se trouvent les autocollants portant le sujet de cirque.

Pourquoi est-ce que le site a choisi de créer des stickers sur le cirque ?
A chacun son goût et ses aspirations. Et comme le site est à l’écoute de tous dans un but de satisfaire chacun d’eux, il a décidé de créer des décorations à leur honneur. Et d’ailleurs, on comprend bien leur désir de se distraire. On connait du cirque le fait que ce soit un ensemble de spectacles où l’on trouve toute sorte de distractions : les clowns, les dressages d’animaux, les acrobaties, les tours de magie…

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Cela se passe généralement dans une scène circulaire faite de chapiteau aménagée à l’occasion, d’où l’on a retiré son nom de cirque. Mais parfois, c’est seulement l’ensemble des spectacles cités plus haut qui fait que ce soit un cirque, sans que cela se passe obligatoirement dans un chapiteau. Il se peut donc qu’on voie un cirque dans une salle de théâtre, une grande bâtisse, etc. Quoi qu’il en soit, le cirque existait déjà depuis bien longtemps : au milieu du XVIIIe siècle.

Les stickers cirque

Les décorations spéciales cirque que le site a décidé d’offrir à ses clients sont de deux sortes. On y trouve deux personnes faisant de l’acrobatie.
L’un, le sticker cirque, affiche une femme dans un effet d’ombre. Elle fait du flip arrière : c’est-à-dire les pieds au sol, le ventre courbé, et petit à petit mettre la paume des mains par terre. Son but est de se mettre en forme de demi-cercle, paume des pieds et des mains bien posés au sol.

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Cirque 2 cependant montre une fille en train de réaliser avec souplesse l’équilibre cambré. Cette fois-ci, ce sont seulement ses paumes de main qui touchent le sol et le reste de son corps est cambré, les pieds en l’air, faisant ainsi l’impression de voir une personne faire la figure d’un point d’interrogation avec son corps.

D’autres stickers : les clowns

Pour accompagner ces deux merveilleux autocollants, vous pourriez aussi ajouter les stickers clown angry 2 et Clown entier. Comme son nom l’indique, le clown angry 2 est l’image d’une tête de clown en colère et effrayant. Ou alors, le sticker clown entier qui lui fait l’air d’être méchant si on se réfère à son sourire aussi diabolique que mesquin. Ainsi, ils peuvent s’utiliser dans d’autres évènements également comme l’Halloween ou autre.

L’été des roses blanches

L'été des roses blanches Un film yougoslave, tourné en Yougoslavie, avec des acteurs américains ! Ce qui est piquant, c’est surtout d’entendre les autochtones, en 1945, de même que les officiers de la Wehrmacht, s’exprimer dans l’anglais le plus pur ! C’est le dernier été avant la fin de la guerre. L’idiot du village travaille comme « sauveteur» à la plage locale. Il n’a jamais sauvé personne, se contentant de raconter aux enfants des histoires de poissons monstrueux. Les événements se précipitent. Il doit héberger une fugitive et, pour la sauver, contracter avec elle un mariage blanc. Puis, pour la première fois, il sauve un homme. Serait-ce un partisan ? Andria est arrêté, interrogé… Le voilà malgré lui devenu le point de mire. Au point crucial où la comédie devient tragédie, Tom Conti évite tout cabotinage et s’avère pathétique. Dans le rôle de son «épouse», on retrouve Susan George, qui se fit si bien violer dans « Les chiens de paille». «L’été des roses blanches » ces roses qu’un capitaine allemand envoie aux femmes qu’il convoite a une certaine lenteur et un charme certain. Le rythme de la rivière autour de laquelle tout va se jouer.

Des news à propos de Madonna !

MadonnaCette fois, ça y est, c’est sûr : Madonna revient. Ou, comme le chante Elton John dans un de ses plus célèbres tubes des seventies : «The bitch is back» la garce est de retour. Oui, je sais, les divers départs et come-backs de la Ciccone (patronyme de la star) sont aussi nombreux que ceux de… au hasard : Sheila, les Compagnons de la Chanson, Tina Turner. Chaque deux-trois ans, la plus célèbre fausse blonde du showbiz US nous fait le coup du «Je ne le voulais pas vraiment, mais puisque vous insistez tant…»

La menace est ensuite mise à exécution avec plus ou moins de bonheur et de panache. Côté moins : le come-back ciné 1986 avec deux flops successifs, («Shanghai surprise» et «Who’s that girl?»). Côté plus : l’album «True blue» puis la méga-tournée mondiale qui suit en 1987, les vidéoclips ad hoc (depuis ses débuts, Madonna a effectué un sans faute dans ce domaine), l’album «Like a prayer», en 1989, précédé par une énième décoloration-qui-tue. En préparation : le film «Dick Tracy» dont elle partage la vedette avec Warren Beat-ty (sortie prévue en juin aux Etats-Unis et en septembre en France) ainsi que l’album comprenant des chansons inspirées du film et intitulé «I’m breathless : Music from and inspired by Dick Tracy». De ce parcours exemplaire où même les échecs les plus cuisants sont digérés puis prestement recyclés, on retient surtout une constante, immuable, le désir typiquement «madonnesque» de provoquer. De ses débuts jusqu’à aujourd’hui, celle-ci a eu le génie de susciter suffisamment de polémiques (rien de tel pour faire progresser une carrière, coco!) tout en sachant jusqu’où ne pas aller trop loin. En effet, l’opinion publique ne rechigne pas à se faire titiller de temps à autre, mais gare aux provocateurs (trices) de service qui osent dépasser certaines limites invisibles. Plutôt que de se faire dévorer toute crue au jeu de ses habiles provocations, la miss prend l’initiative, la garde et la manipule comme de la pâte à modeler. Mais à la différence d’idoles telles qu’Elvis, Marilyn ou les Beatles, Madonna exerce le plus strict des contrôles sur son image. La déterminée-et-parfois bad-girl qui gigote et chante sur scène, grand ou petit écran, la boudeuse créature offerte aux objectifs des plus grands photographes du moment, autant de concepts nés de l’imagination de l’intéressée qui, tout en se multipliant sur tous les fronts, ne laisse jamais la situation lui échapper. « Madonna a toujours su exactement où elle va que ce soit en tant qu’actrice, chanteuse ou productrice déclare Jeffrey Katzenberg, Pdg des studios Disney (qui ont produit « Dick Tracy »). Elle est en constante évolution et ne se repose jamais sur ses lauriers. Chaque deux ans, elle se présente avec un nouveau look, une nouvelle attitude, une nouvelle façon de bouger sur scène. Et ça marche à tous les coups». Ledit Katzenberg ne croit pas si bien dire puisque selon les dernières estimations de la revue Fortune, la star aurait gagné la rondelette somme de 90 millions de dollars entre 1985 et 1989. «Faire en sorte que l’art soit commercial et accessible, voilà un challenge qui me plaît, déclarait la reine du hit-parade au New York Times récemment. De ce point de vue, j’ai une vision saine et claire des choses, je sais parfaitement où je me situe».

Madonna

Après avoir littéralement créé son image de toutes pièces alors qu’elle n’était que la muse des nightclubbers new-yorkais au début des eighties, Madonna connaît bien la fragilité du vedettariat auquel elle a accédé avec «Like a virgin », son premier tube. Quoi de plus éphémère et de plus changeant que l’adulation des teenagers, prêts à vous lâcher à la moindre occasion? Le défi majeur pour toute chanteuse propulsée aussi rapidement consiste à s’imposer ensuite auprès d’une tranche d’âge plus adulte que la précédente, tout en conservant son statut de pop star «jeune» auprès des ados. Musicalement, la star gagne indiscutablement son pari lors de la sortie de son album « Like a prayer», début 1989. Les scies vaguement disco et écervelées cèdent volontiers la place à des chansons fortes, graves telles que « Oh father», dédiée à son père, ou «Till death do us part», chronique d’un amour qui s’effrite. Cet album crédibilise Madonna en tant que chanteuse, mais la star doit se battre sur un autre front pour gagner ses lettres de noblesse. Hantée depuis ses débuts par la théorie selon laquelle le triomphe de toute chanteuse qui se respecte passe obligatoirement par la case cinéma (n’est-ce .pas Cher, Streisand et Diana Ross?), Madonna est à deux doigts de remporter le gros lot lors de la sortie de «Recherche Susan, désespérément». Hélas, c’est sans compter «Shanghai surprise» et «Who’s that girl?», deux très anodines comédies ratées dans lesquelles la miss s’essouffle à reprendre le flambeau de Marilyn. Outrageusement péroxydée et minaudant comme une chatte de gouttière en chaleur, la vedette exaspère plus qu’elle ne convainc vraiment. La faute incombe probablement aux réalisateurs de ces deux films qui ne font pas le moindre effort pour la diriger et la laissent livrée à elle-même. Boudant ostensiblement ces productions, le public ne lui en tient pas rigueur.

MadonnaCar pendant ce temps, Madonna héroïne de sa propre vie cahotique le tient en haleine via les gros titres des journaux à sensation. Et gratuitement avec ça! «Madonna flirte avec l’immonde Sean Penn», «Madonna épouse l’infâme Sean Penn», « Madonna se fait battre par cet enfoiré de Sean Penn », «Madonna divorce», «Madonna choque l’Amérique et Pepsi-Sa vie : un feuilleton aussi captivant que « Dallas» et «Dynastie » réunis. Cola à cause de son clip», «Madonna drague Warren Beatty», «Madonna tourne avec Beatty». Autant de chapitres fertiles en rebondissements multiples et divers. Comment, avec ce feuilleton aussi… captivant que «Dallas», «Dynastie» et «Santa Barbara» réunis, voulez-vous faire rentrer les spectateurs dans des salles obscures affichant les gentils navetons de la divette? Début 1989, lorsque Oliver Stone annonce son intention d’adapter à l’écran «Evita», le célèbre opéra-rock inspiré de la vie d’Evita Peron, l’effervescence est à son comble, d’autant plus que Madonna est pressentie pour le rôle vedette. Réflexion faite, on imagine parfaitement la chanteuse incarner cette personnalité aussi charismatique qu’arriviste, ambitieuse, et, finalement, attachante. Pourtant les négociations entre le réalisateur et la star échouent lorsque celle-ci demande une modification du livret original.

Stone se tourne alors vers Meryl Streep avant d’abandonner provisoirement son «Evita ». Romance avec Warren Beatty oblige, un projet cinématographique chasse l’autre dans le planning de la jeune femme. Cette fois, elle se voit offrir le rôle de Breathless Mahonney, partenaire du mythique «Dick Tracy», héros de la bande dessinée du même nom, portée à l’écran par Beatty et produite par la Disney. Vedettes de ce film dont la sortie est prévue mi-juin, l’acteur-réalisateur et sa dulcinée sont attendus au tournant, mais pas pour les mêmes motifs ni par les mêmes personnes. Sortant d’un échec aussi retentissant que «Ishtar», Warren Beatty a un urgentissime besoin de redorer son blason terni. De plus, et à la différence de quinquagénaires célèbres (comme Dustin Hoffman ou Jack Nicholson), son nom ne dit presque rien aux teenagers qui font et défont le box-office américain. Réussir à s’imposer auprès d’eux, voilà le but à atteindre. S’il est réussi, le pari donnera un salutaire coup de fouet à sa carrière. Sinon, les portes du purgatoire lui sont grandes ouvertes. Quant à Madonna, les choses sont encore plus simples. Hypothèse 1 ça passe. Le film est un énorme succès, les studios révisent alors leur jugement (« Madonna n’est pas une star sur qui on monte un film») et les offres pleuvent. Hypothèse 2 : ça casse. «Dick Tracy» se plante lamentablement, les mêmes studios renvoient, avec leur franchise coutumière, la pauvrette («Yeah, elle porte la poisse») qui retourne à ses prestations live et ses galettes disco. Alors, en attendant son nouveau 30, sa nouvelle tournée mondiale (qui passe par la France au début de cet été) et son nouveau boy-friend, Madonna réussira-t-elle son énième examen de passage sur grand écran? Les paris sont ouverts…
N’en déplaise à certaines radios FM jacksonisantes, housantes, hip-hopantes et parfois soulantes, les «wap-doo-wap» monopolisent, trente ans après, les premières places des charts en tout genre : la fameuse reprise des Vagabonds éclate au Top 50, le remix de Claude François envahit les tympans les .plus réfractaires. Même Drucker et son «Champs-Elysées» façon «Salut les copains», en mars dernier, a détraqué l’Audimat. Le temps passe, le rock, lui, ne trépasse pas. Fini, les microsillons craquelés épaisseur triple. La totale des Beatles, Stones, Elvis (entre autres mythes inaltérables), est désormais disponible en CD… et en vidéocassettes. Dans la lignée «histoire intégrale du rock’n’roll», les compilations regorgent de vestiges dépoussiérés.

MadonnaVidéo Collection nous propose six volets de 25 à 60 minutes sur les meilleurs moments de «Ready steady go!», illustre émission de variétés en direct made in USA Supremes, Martha Reeves and the Vandellas, Temptations, Little Stevie Wonder, Otis Redding et autres Miracles du rhythm’n’blues ressuscitent en noir et blanc (et en mono, oldies obligent) le temps d’un hit. Un véritable petit joyau pour nostalgiques en manque de swing. Plus récente, la grande soirée «Motown 25» (éditée par Film Office) réunit ces mêmes vedettes (avec les rides en prime), qui déterrent joyeusement leurs vieux tubes pour cette honorable circonstance. Vous préférez les versions françaises? Fil à Film édite une série de cassettes d’une heure consacrée aux idoles des sixties. Flash-back 100 % scopitone sur les mimiques juvéniles de Sylvie et Johnny, Eddy Mitchell, Clodo, Françoise Hardy, Jacques Dutronc, Frank Alamo ou (plus dur) Frédéric François. Célèbres ancêtres des clips, boîtes à images des troquets de l’époque, ces fameux scopitones sont, pour la plupart, l’œuvre d’un jeune et talentueux metteur en scène nommé… Claude Lelouch. A voir! Signalons dans la foulée quelques rétrospectives de la même veine sorties chez Arcade ou Editions Montparnasse. Le stock yéyé-twist-rock épuisé, dérapage vers les années 70, immortalisées par une kyrielle de documents très cool : le summum, Virgin et ses «Dominoes» ou le «portrait d’une décennie puissante et électrique» (on sait à quoi on s’expose). Ce reportage sur la naissance du mouvement hippy aux States exhibe une ribambelle d’hallucinés édentés et parés de colliers de fleurs. On baigne dans le peace and love pendant une heure. Ambiance Vietnam, pattes d’eph, amphés, tatouages et Harley Davidson, le tout sur fond de pop music planante en stéréo. Rigolo au troisième degré, mais l’absence à l’écran des interprètes devient frustrante. On aperçoit quand-même Jimi Hendrix faire flamber sa Fender toute neuve. Edité en hifi stéréo, l’incontournable «Monterey pop festival» de 1967 (le petit frère de «Woodstock», sorti par ailleurs chez Warner) décape les sonos somnolantes. Janis Joplin, les Who, le Jefferson Airplane font littéralement sauter les amplis. 1 h 20 de délire, les beatniks recyclés s’en lécheront les babines. Plus calme est la vidéo que consacre Fil à Film aux groupes anglo-américains. Procol Harum, les Moody Blues, ou Titanic susurrent leurs gentilles ballades au milieu de vastes prairies verdoyantes. Ecolo et placide. Mais l’événement, le vrai, serait un petit coffret doré qui entasse 20 années de rock music ( 2 x 50 minutes chez CBS vidéo… en mono, hélas!), du King à Prince, en passant par les Pink Floyd, les Stones, les Beatles, Bowie, Devo, Santana et Ravi Shankar. Mais, horrible détail, chaque extrait musical d’époque est invariablement ponctué de témoignages prestigieux : increvable, Tina Turner relate avec amertume quelques anecdotes du showbiz, à ses côtés, Cyndi Lauper, affublée pour l’occasion d’un accoutrement Technicolor, ou encore Mick Jagger, qui évoque l’âge d’or de son groupe entre deux méga-transfusions de sang frais. La bande défile, bon nombre d’artistes annoncés sur la jaquette ne se manifestent pas.

MadonnaIls n’apparaîtront jamais. Elvis fait une brève irruption entre les Sex Pistols et Blondie (au diable l’ordre chronologique dans la partie consacrée aux chanteurs purement provocateurs. Arrive l’hommage aux grands guitaristes. David Gilmour (Pink Floyd) n’a pas été sélectionné, Mark Knopfler (Dire Straits) non plus. Ils ne devaient pas être assez bons. Une flopée de séquences encense, en revanche, Jimi Hendrix, qui était décidément un dangereux pyromane. Résultat : un amalgame parfois confus qui dissimule quand même quelques morceaux d’anthologie. Les amateurs de guitare trouveront plutôt leur bonheur chez Delta : «The arms concert» rassemble les grands guitaristes sur scène et en hifi stéréo. Certains éditeurs, peu convaincus par les «compils », favorisent le système des collections. Plutôt branché psychédélique. Warner consacre plusieurs volumes, de 50 à 100 minutes en VO sous-titrée, aux pop-stars telles que John Lennon («Imagine», un hommage dithyrambique et décevant de veuve Yoko), Jim Morrison ou Jimi Hendrix (non, vous n’y échapperez pas, il fait encore cramer sa gratte!). Un panorama étayé et bien structuré. Même processus chez Polygram Music Vidéo. Catalogue fourni et varié pour goûts éclectiques (les Shadows, Eric Clapton, Leo Sayer, les Who, David Bowie, etc.). Mention spéciale pour «The Carpenters Yesterday once more», symbole de la soupe 70 aux antipodes du rock’n’roll, ça repose. A visionner d’urgence, «The continuing adventures of the Rolling Stones» (CBS Vidéo) : l’histoire, en hifi stéréo, de cinq rockers bariolés et iconoclastes à travers 2 h 10 d’interviews, documents, tournées mondiales, commentée par les Stones themselves. Une véritable pièce d’archives à conserver pieusement. Idem pour «The compleat Beatles» (Film Office), où tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur quatre garçons dans le vent vous est dévoilé sur bande magnétique. Le recordman en matière de vidéocassettes est indéniablement le King : alliage de témoignages et d’extraits de concert, «That’s the way it is» retrace, en 110 minutes, sa carrière au détail près. La vie de Presley a suscité de nombreuses adaptations à l’aide de sosies plus ou moins probants. Antarès s’apprête à sortir « Elvis and me», tiré du roman de sa délicate épouse Priscilla. Les démêlés conjugales du couple s’étalent généreusement, du mariage au divorce.

MadonnaCroustillant (mais c’est une autre histoire … et un autre article). Inutile d’énumérer les innombrables performances scéniques de chacun sorties en vidéo. Les images s’enchaînent, le magnétisme fait le reste. Les seventies touchent à leur fin, mais la décadence persiste. L’arrivée tonitruante du rock pur et dur, avec Led Zeppelin, décuple le climat de rébellion amorcé par des hippies trop passifs. Véritables phénomènes sociaux, le hard rock et, plus tard, le style punk, engendrent une agressivité contagieuse. Vidéo Collection réjouira les inconditionnels de heavy metal. Au programme : «Les grands du hard», « Hard heavy», «Kerrang video kompilation». Les adeptes de crêtes multicolores se contenteront de « Punk in London» chez Scherzo. « Black leather jacket» (Polygram Music les vidéo) offre une approche plus originale de la musique en retraçant l’influence générations du look «cuir» sur les stars. Clash, Who, Hell’s les angels et groupes de hard arborent ici leurs Perfecto fraîchement cirés. Source inépuisable de nostalgie, les années 60 n’ont pas fini d’alimenter les vidéoclubs et les souvenirs. Une époque mythique qui fascine les jeunes générations. Un monument historique qui défie les modes. Solide comme un rock.

3615 code Père Noel

3615 code Père NoelLe réalisateur du « Passage » attaque de plein fouet un des symboles les plus éternels de notre société : le père Noël. René Manzor a construit un thriller au style visuel très étonnant. Chaque image, composée comme un tableau, procure une émotion, crée le dépaysement ou la distanciation avec une violence somme toute assez crue. La plus grande partie de « 36.15, code Père Noël» se passe dans un manoir, qui est le troisième personnage du film. Thomas, petit garçon de neuf ans, choyé par sa maman mais 50 sans papa, assez exaspérant tellement il est conditionné par l’informatique et les super-hé-ros, a un point faible : il croit au père Noël. Le 24 décembre à minuit, il l’attend pour le capturer. Mais par une suite de hasards, un dangereux psychopathe débarque par la cheminée, déguisé en père Noël. René Manzor à réalisé un thriller efficace et subtil qui dépeint sans complaisance un monde où l’enfant, hyper protégé et livré à lui-même, se voit proposer, en guise de héros, une Rambo-machine à tuer ! Patrick Floersheim, en père Noël psychopathe, et Louis Ducreux, en grand-père dépassé par les événements, sont étonnants. Ce film, beaucoup plus abouti et intelligent que la plupart des films américains du genre, n’a pas connu en salles le succès espéré. La vidéo devrait lui permettre de trouver enfin son public.

L’affaire Aldo Moro

L'affaire Aldo MoroDans le film d’Elio Petri « Todo modo » (1976), satire de la Démocratie chrétienne et de ses leaders, Gian Maria Volonte s’était composé un personnage d’une ressemblance saisissante avec Aldo Moro. La tête penchée, le maintien réservé, la diction onctueuse, un parfait dévôt comme le vrai Moro, ce qui a beaucoup réjoui les Italiens. Depuis, on n’a plus eu l’occasion de rire : Aldo Moro, enlevé deux ans plus tard par les Brigades rouges, a été assassiné, et Gian Maria Volonte, atteint d’un cancer, a arrêté sa carrière depuis 1983. Il est heureusement revenu au cinéma, carrément dans le rôle d’Aldo Moro, cette fois, dans une de ces reconstitutions de grands sujets contemporains que les Américains appellent « docu-drama s ». Le scénario est l’adaptation du best-seller de Robert Katz, « The Moro affair » (nominé pour le Prix Pulitzer). Il s’inspire de nombreux documents, y compris des lettres écrites par Aldo Moro durant sa captivité. De quoi cerner la personnalité de cet homme politique honnête, éliminé de l’Histoire alors qu’il s’apprêtait peut-être à apporter une évolution décisive à l’Italie. L’enlèvement, la détention, le chantage, le pseudo-procès, autant d’éléments qui font naître ici un suspense dramatique.

La vérité

la véritéCe film fut l’événement de l’année 1960. Aujourd’hui, alors qu’il est invisible depuis vingt ans ou presque, on le redécouvre dans toute sa force et sans une ride. On comprend que le film obtint le Grand prix 1960 du cinéma français et l’Oscar du meilleur film étranger à Hollywood. Une jeune femme est accusée du meurtre de son amant, qui est aussi le fiancé de sa sœur. Crime prémédité ou passionnel ? Tout un procès et plu-‘ sieurs flashbacks vont permettre de nous faire une intime conviction. Et il est dur de juger un « animal » à la fois amoral et innocent comme Bardot ! La comédienne trouve là un de ses rôles les plus émouvants et les plus intenses, comme si elle comprenait et partageait parfaitement la révolte de l’héroïne de « La vérité », cette incompréhension du monde à son égard, cette liberté d’être elle-même qui lui est refusée, ce glissement progressif vers la passion et l’emprise des sens. Dans cette histoire criminelle simple, Clouzot a su insuffler, sans doute grâce à Bardot, quelques chose d’essentiel.

Bardot s’est complètement investie et a vraiment fait un travail d’actrice de composition. Mais « La vérité », ce sont aussi les scènes du procès, avec ces réjouissants échanges entre l’avocat général, Paul Meurisse, et l’avocat de la défense, Charles Vanel. En les juxtaposant aux flashbacks, Clouzot y distille une mise en cause impitoyable de cet appareil judiciaire qui « sanctionne a priori » au lieu de «comprendre ». Assurément, « La vérité » mérite, aujourd’hui, son étiquette de… classique du cinéma français.