Baby blood

Baby blood Alain Robak n’a pas de complexes. Surtout pas celui du cinéaste français paralysé par le fantastique. Alors, il frappe fort. Une brune de vingt-cinq ans, Yanka, maîtresse du directeur d’un cirque, est nuitamment investie par une créature diabolique, sans doute apportée par un léopard récemment arrivé d’Afrique. Ce « bébé » lui parle (nous l’entendons, spectateurs privilégiés, grâce à une voix off croquignolette) et, comme la plante carnivore de «La petite boutique des horreurs », lui réclame du sang, encore du sang, toujours du sang. Yanka n’a pas le choix il faut qu’elle tue, sinon le petit monstre lui fera mal, très mal. Ce genre de scénario rappelle les films de Frank Henenlotter (« Frère de sang », «61-mer les remue-méninges »), où un personnage innocent abrite un parasite criminel. Mais le coup de génie de Robak, c’est qu’il s’agit ici d’une jeune femme pour qui le monstre qu’elle porte est bientôt assimilé à un sanglant bébé. En outre, sa Yanka est jouée par la sensuelle et plantureuse Emmanuelle Escourrou, dont la beauté sauvage convient admirablement au personnage, et qui se dépense d’ailleurs sans compter. Incontestablement, sa performance (courageuse à certains moments) n’est pas pour rien dans la réussite d’un film qui est le premier gore du cinéma français.

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