Attache-moi !

Attache-moiRicki son de l’institut psychiatrique. Il a vingt-trois ans, cinquante mille pesetas en poche et une idée fixe qui l’obsède : rencontrer Marina, une jeune actrice très demandée dans les films pornos ou d’épouvante. Celle-ci ne veut pas de lui ? Qu’a cela ne tienne.

Ricki s’introduit subrepticement chez elle et la séquestre sans vraiment lui demander son avis. Paniquée par la tournure que prennent les événements, Marina cherche à échapper aux griffes de son ‘ravisseur» avant de se plier, bon gré mal gré, à ses arguments. Moins grand public que «Femmes au bord de la crise de nerfs», le nouvel Almodovar se rapproche davantage de la veine caustique déjà explorée dans « Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter cela » et «La loi du désir». Le flamboyant réalisateur ibérique suit à la trace ses deux héros et fait rimer, à ce propos, protagonistes et antagonistes. En apparence, tout sépare Ricki et Marina. En réalité, ces deux paumés (lui vit en marge de la société, elle se shoote à ses heures perdues) étaient faits pour se connaître et se sauver mutuellement. Dans ce film comme dans les précédents , Almodovar démontre son génie du casting. Ses héros sont incarnés par Antonio Banderas (un habitué de la bande à Pedro) et, surtout, Victoria Abri!, nouvelle venue dans le clan, prête et habilitée à relever tous les défis que lui pose le metteur en scène, même les plus culottés. Fidèle à son habitude, ce dernier apporte un grand soin tant au fond qu’a la forme de son récit, d’où d’habiles rebondissements et une photo bien léchée. Encore un film qui ravira les aficionados (et tous ceux qui n’attendent qu’un signal pour le devenir).

Laisser un commentaire