3615 code Père Noel

3615 code Père NoelLe réalisateur du « Passage » attaque de plein fouet un des symboles les plus éternels de notre société : le père Noël. René Manzor a construit un thriller au style visuel très étonnant. Chaque image, composée comme un tableau, procure une émotion, crée le dépaysement ou la distanciation avec une violence somme toute assez crue. La plus grande partie de « 36.15, code Père Noël» se passe dans un manoir, qui est le troisième personnage du film. Thomas, petit garçon de neuf ans, choyé par sa maman mais 50 sans papa, assez exaspérant tellement il est conditionné par l’informatique et les super-hé-ros, a un point faible : il croit au père Noël. Le 24 décembre à minuit, il l’attend pour le capturer. Mais par une suite de hasards, un dangereux psychopathe débarque par la cheminée, déguisé en père Noël. René Manzor à réalisé un thriller efficace et subtil qui dépeint sans complaisance un monde où l’enfant, hyper protégé et livré à lui-même, se voit proposer, en guise de héros, une Rambo-machine à tuer ! Patrick Floersheim, en père Noël psychopathe, et Louis Ducreux, en grand-père dépassé par les événements, sont étonnants. Ce film, beaucoup plus abouti et intelligent que la plupart des films américains du genre, n’a pas connu en salles le succès espéré. La vidéo devrait lui permettre de trouver enfin son public.

L’affaire Aldo Moro

L'affaire Aldo MoroDans le film d’Elio Petri « Todo modo » (1976), satire de la Démocratie chrétienne et de ses leaders, Gian Maria Volonte s’était composé un personnage d’une ressemblance saisissante avec Aldo Moro. La tête penchée, le maintien réservé, la diction onctueuse, un parfait dévôt comme le vrai Moro, ce qui a beaucoup réjoui les Italiens. Depuis, on n’a plus eu l’occasion de rire : Aldo Moro, enlevé deux ans plus tard par les Brigades rouges, a été assassiné, et Gian Maria Volonte, atteint d’un cancer, a arrêté sa carrière depuis 1983. Il est heureusement revenu au cinéma, carrément dans le rôle d’Aldo Moro, cette fois, dans une de ces reconstitutions de grands sujets contemporains que les Américains appellent « docu-drama s ». Le scénario est l’adaptation du best-seller de Robert Katz, « The Moro affair » (nominé pour le Prix Pulitzer). Il s’inspire de nombreux documents, y compris des lettres écrites par Aldo Moro durant sa captivité. De quoi cerner la personnalité de cet homme politique honnête, éliminé de l’Histoire alors qu’il s’apprêtait peut-être à apporter une évolution décisive à l’Italie. L’enlèvement, la détention, le chantage, le pseudo-procès, autant d’éléments qui font naître ici un suspense dramatique.

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