Staying alive

C’est censé être la suite de «La fièvre du samedi soir». Tony Manero en a assez de rouler des hanches et des clavicules dans les boîtes disco de Brooklyn et s’attaque à Broadway où il veut brûler les planches. Faute d’un long apprentissage dans des cours d’art dramatique cotés, Manero se présente aux auditions avec, pour seul bagage, son extraordinaire et «animale» façon de danser et de bouger son corps. Et il est engagé ! Avide de réussite, il grimpe très vite et devient la vedette du show. Après s’être brûlé un peu les ailes à la flamme d’une allumeuse aussi fatale que snob, Manero découvre aussi l’amour vrai de celle qui l’attend dans l’ombre et est toujours là quand il en a besoin…Staying alive «Staying alive» est une «succes story» comme le public américain en raffole. Avec ses ballets fort classiques (très Diaghilev, Nijinski ? ballets russes…). «Staying alive» séduit surtout par le traitement que Travolta a fait subir à un Stallone dont la cote de popularité baissait de plus en plus. La recette de Stallone est simple…Elle pourrait s’appeler un «Travolta à la sauce Rocky». Prenez un jeune gringalet (déjà vieillissant) qui remue bien et qui rend encore hystérique quelques adolescentes.Musclez-le en lui faisant subir plusieurs mois de gonflette et de musculation. Puis épilez lui les poils du torse, des bras, des jambes… enfin de toutes les parties du corps qui seront montrées à l’écran. Continuez en lui enduisant le corps d’huile. Habillez-le de pantalons très moulants et de débardeurs affriolants. Pour le show final, enfilez-lui une mini-tenue déchirée avec art et propice à mettre en valeur sa musculation. Ensuite filmez très esthétique. Avec une musique très mode. Avouons-le : le résultat est assez fascinant. Stallone a vraiment le sens du mythe hollywoodien et Travolta assume bien sa fonction de star.

Le fantôme de Milburn

Le fantôme de MilburnQuel générique ! Serait-ce une réunion d’anciens combattants ou une visite dans un hospice de vieillards ? De Fred Astaire à Patricia Neal, de Melvyn Douglas à Douglas Fairbanks Jr, de célèbres acteurs des années 30 se retrouvent sous le signe du fantastique. Le fantastique n’est-il pas le seul genre qui nous permette de les retrouver ainsi, au crépuscule de leur carrière ? Dans la petite ville de Milburn, quatre notables ont fondé un club, le «Cercle du chaudron», pour se raconter des histoires terrifiantes, mettant en jeu des forces surnaturelles. Nous comprendrons bientôt que ces quatre hommes sont liés par une vieille histoire, une culpabilité commune. Dans leur jeunesse, ils étaient tous les quatre amoureux de la belle héritière Eva Galli, qui est morte par leur faute. Chacun des quatre vieillards est tourmenté par des cauchemars et des apparitions. Il s’avère bientôt qu’un fantôme les persécute, qui a pris les traits d’une jeune femme, Alma, réincarnation d’Eva Galli. Ce ne sera pas facile de venir à bout de la malédiction… Mais auparavant, ils vont payer à tour de rôle leur criminelle désinvolture d’autrefois. Un excellent film fantastique de facture classique, avec des scènes réellement impressionnantes lorsque intervient Alma, le fantôme de Milburn.

La traviataLa traviata

«La Traviata» c’est la dame sans camélias. Même intrigue : Violetta se meurt, abandonnée de tous et dans le plus profond dénuement. Elle se souvient de son passé somptueux d’intrigante, de son histoire d’amour avec Alfredo, un fils de famille. Histoire à laquelle elle a du renoncer par amour pour lui, pour préserver son avenir et sa réputation. Happy end : Alfredo arrivera à temps pour recueillir le dernier soupir de la dame et l’assurer de son amour. «La Traviata» n’est pas un opéra filmé, c’est un film opéra. Il n’est donc pas fidèle point par point au livret. C’est en fait un prétexte pour Zeffirelli pour jouer des décors et de l’esthétisme clinquant à outrance. L’esthétisme de Zeffirelli est particulier : il est pompier, lourdaud, insistant et donne mal à la tête. Cela dit, s’il agace énormément, il n’en est pas moins intéressant. Parce qu’il est le seul à donner ainsi dans la beauté bas de gamme, qui frise le baroque. On peut se laisser prendre par le rythme de ces films galères, opéra. Teresa Stratas est remarquable dans l’interprétation de Violetta, Placido Domingo l’est beaucoup moins en jeune premier, mais il a son public. Un public qui fera peut-être à cette occasion connaissance avec l’opéra. En bref «La Traviata» est un film platement joli tiré d’un opéra médiocre, mais rendons hommage à Zeffirelli : il a eu la magnifique inspiration de ne pas réaliser une énième interprétation de «Carmen» devenu opéra maudit, rabâché, torturé et définitivement inaudible en 1984 tant ses adaptations cinématographiques l’ont banalisé.