Y a-t-il enfin un pilote dans l’avion ?

Y a-t-il enfin un pilote dans l'avionOn se souvient du vol désopilant du Boeing de «Y a-t-il un pilote dans l’avion ?». Les auteurs de cette délirante symphonie de gags ne pouvaient en rester là. Cette fois, c’est une navette spatiale qui doit décoller vers la lune. Nous y retrouvons le commandant de bord obsédé par les petits garçons, l’évadé de l’hôpital psychiatrique, l’hôtesse chargée de surveiller l’ordinateur, et puis la cargaison des passagers : un prêtre défroqué, un quarteron de touristes en goguette, une équipe de hockey sur glace, une nymphomane cherchant sa pâture, un désespéré suicidaire. Bien entendu, l’ordinateur du bord va devenir fou, comme dans «2001», et tenter d’emmener tout ce jolie monde se faire griller par le soleil. Heureusement, un jeune homme intrépide saura en venir à bout ! Quant à nous, nous sommes épuisés… de rire. Sans être aussi folle que celle de l’avion, cette traversée vaut le détour.

Une vierge sur canapéUne vierge sur canapé

L’intérêt principal (à certains moments du film, on aurait envie de dire «unique» !) de ce film, ce sont les acteurs. Natalie Wood, alors âgée de 26 ans, a déjà ses plus grands succès derrière elle : «La fureur de vivre» ou «West Side story». Mais ses films les plus intéressants sont à venir : «Daisy Claver» ou «Propriété privée». Elle est belle et en pleine possession de son métier d’actrice. Elle donne beaucoup de charme à son personnage de psychologue «vierge» et auteur d’un pamphlet à succès contre les hommes. Comme souvent dans le registre comique (lorsque les acteurs ne sont pas suffisamment dirigés), Natalie Wood en fait un peu trop dans l’hystérie, mais ses partenaires sont là pour la temporiser. Tony Curtis avait lui 39 ans lorsqu’il tourna ces «Sex and single girl» au titre français assez douteux : «Une vierge sur canapé»… Le couple Curtis-Wood marche bien et Blake Edwards s’en resservira tout de suite après, en les engageant pour «La grande course autour du monde». Dans la comédie de Richard Quine, Tony Curtis est un journaliste à scandale qui se fait passer pour un patient afin d’approcher la psychologue Natalie Wood qui se refuse à toute interview. Mais les pièges de l’amour sont imprévisibles… « Une vierge sur canapé » est le type même du bon sujet de théâtre de boulevard qui ne fait pas ‘forcément une bonne comédie américaine. Plus qu’aux maîtres du genre comme Frank Capra ou Leo Mc Carey, le film de Quine rappelle les charmes et l’humour plus moderne des films du duo Cary Grant-Doris Day. L’autre intérêt du film, c’est le couple d’amis plus âgé interprété par un Henry Fonda représentant en lingerie féminine et une Lauren Bacall épouse dévorée par la jalousie. Ils n’ont pas grand chose à faire, mais ils sont là et forment, eux aussi, un couple bien séduisant… avec un soupçon de nostalgie en plus

Barbe d’or et les pirates

Ils sont venus, ils sont tous là au rendez-vous de ce «Barbe d’or». Tous ou presque, c’est-à-dire quelques représentants des grands courants comiques anglo-saxons contemporains. Trois Monty Python : John Cleese, Ericldle et, surtout, Graham Chapman qui a cosigné le scénario et interprète le rôle principal de «Barbe d’or et les pirates». Deux du clan Mel Brooks Madeline Kahn et Marty Feldman dont ce fut le dernier film. Richard «Cheek» Marin et Tommy «Chong» que l’on avait pu découvrir en France dans un délirant «Faut trouver le joint». Sans oublier quelques gueststars sérieuses venues se défouler et prouver que, elles aussi, ont le sens de l’humour et de l’autodérision : James Mason en capitaine retors, Suzannah York et Martin Hewitt qui parvient enfin à échapper à son aura de jeune premier romantique que lui avait collée Franco Zeffirelli dans «Un amour infini». Ah, j’oubliais le beau David Bowie qui apparaît entre deux portes, juste le temps de jouer «Les dents de la mer». Les acteurs sont un des grands plaisirs de ce film inracontable, mais à l’intrigue très cohérente. Barbe d’or sort de prison et part à la recherche du trésor qu’il a enterré, il y a quelques années… Mais il a besoin de la carte qu’il a confiée à sa fidèle compagne… Mais, par prudence, sa fidèle compagne l’a tatouée sur le crâne de leur fils… Mais ce fils a beaucoup grandi et ne veut pas entendre parler de toutes ces histoires.Barbe d'or et les pirates Là-dessus, se greffent un tas de personnages plus fous les uns que les autres : savant distrait, lord alcoolique, maléfique El Nebuloso, capitaine au service de la reine, autre capitaine ancien second de Barbe d’or prêt à tout pour récupérer le trésor pour son compte, etc. Côté gags, c’est le feu d’artifice. Le bon et le moins bon s’enchaînent à 200 à l’heure avec, en commun, un vigoureux irrespect pour les institutions. Ce rire au grand air, tonifiant comme l’aventure et ravageur comme la parodie, vaut le détour.