Hysterical

Dans la grande tradition anglo-saxonne de la parodie de films d’épouvante, après des classiques comme «Le bal des vampires» ou «Dr Jerry et Mister Love», ce «Hysterical» serait plutôt un petit frère de «Y a-t-il un pilote dans l’avion ?» tant les références et les clins d’œil aux grands classiques et aux best-sellers cinématographiques du genre («Les dents de la mer», «La nuit des morts vivants» , etc.) sont nombreuses. Aux commandes de cette gigantesque et sanglante tarte à la crème, il y a les Hudson Brothers… Une famille comme le show-business en engendre régulièrement, trois surdoués de l’Entertainment qui chantent, dansent, jouent la comédie et écrivent leurs propres gags. «Hysterical» est une grande avalanche. Une petite ville est mise à mal par le spectre de l’épouse nymphomane du gardien de phare local. Deux spécialistes en phénomènes surnaturels arrivent sur place. Ce qui n’arrange pas les choses.Hysterical A partir de cette intrigue-prétexte, les gags vont fuser, usant et abusant des effets spéciaux, des explosions et des lieux communs de la parodie. On s’amuse. On est dans un jeu de piste. Il est bon de reconnaître au passage, dans le rôle du maire de la petite ville, Murray Hamilton qui était déjà le maire d’Amity, la station balnéaire des «Dents de la mer». Dans le rôle du capitaine-fantôme-requin, on ne peut pas se tromper il s’agit bien de Richard Kiel le «Jaws» (traduction littérale «mâchoires»… mais c’est aussi le titre original des «Dents de la mer»). On retrouve aussi BudCort («Harold et Maude») en médecin légiste. Et des gueules de séries B et de westerns comme Clint Walker, KeenanWynn ou Troy Donahue. Sans son encyclopédie cinéphilique, on s’amuse pas mal à cet «Hysterical» sans se sentir frustré. Mais, avec le décodeur de tout ce jeu de clins d’œil, on aurait presque un sentiment de supériorité…

Le cri du cormoran le soir au-dessus des jonques

Le cri du cormoran le soir au-dessus des jonquesLe petit monde cocasse de Michel Audiard, France plus que moyenne, guignol acerbe et grinçant, est au rendez-vous de ce pseudo-policier parodique où le meilleur… c’est le titre ! Héros, ou plutôt antihéros, le minable Alfred (Michel Serrault) est un chômeur qui joue aux courses au lieu de chercher du travail, sans rien dire à sa femme, la belle Irène (Françoise Giret), marchande de lingerie féminine affriolante du côté de Pigalle. Alfred, bien sûr, perd lamentablement. Mais il rêve secrètement de prouver à Irène qu’il est moins nul qu’il n’en a l’air. En faisant de l’auto-stop, il se fait enlever par des truands que commande un certain Monsieur K (Bernard Blier). Ceux-ci lui proposent de jouer le rôle d’un cadavre qui permettra au gang de passer en fraude des diamants à Istanbul. Refusant de marcher dans la combine, Alfred s’échappe et se fait rattraper par un autre bandit, Kruger (Paul Meurisse), également intéressé par les fameux diamants. Pris entre le marteau et l’enclume, Alfred n’y comprend plus rien, pour notre plus grand plaisir. Dialoguiste N°1 du cinéma français, Michel Audiard signait ici son quatrième film comme réalisateur. On y retrouve ses truands pour rire, son humour virant sur le noir, ses plaisanteries macabres et surtout son faux argot farfelu. Un divertissement bien de chez nous, joué par de vieux renards.

Avec les compliments de l'auteurAvec les compliments de l’auteur

Oui, c’est bien Arthur Hiller, l’auteur de «Love story», qui a mis en scène cette comédie comme ce pamphlet satirique qui sort également ce mois-ci en cassette, «L’hôpital». Un metteur en scène éclectique ! Le héros est ici un jeune auteur dramatique (Al Pacino), père de cinq enfant hétéroclites à la suite de quatre mariages successifs, et dont l’épouse la plus récente vient de le quitter. Nous assistons aux efforts qu’il déploie pour faire jouer sa dernière pièce, puis à l’idylle qui se noue entre lui et la principale comédienne (Dyan Cannon), qui vient s’installer chez lui. Notre auteur a tout le mal du monde à concilier sa vie professionnelle et ses problèmes sentimentaux : la jeune femme finira par s’en aller. L’interprétation d’Al Pacino, entouré de ces cinq enfants, est évidemment l’attraction numéro 1 de ce film divertissant qui a le grand mérite de traiter avec humour et légèreté un sujet qui pourrait faire la matière de thèses sociologiques rébarbatives : la famille, le divorce, le problème des enfants et les difficultés des relations au sein de ces petits mondes éclatés que sont les microcosmes familiaux, surtout dans un pays comme les États-Unis…