Khartoum

KhartoumEn 1883 au Soudan, un chef religieux musulman, le Madhi, lutte pour libérer son pays du joug anglo-égyptien. Avec une armée de cent mille soldats fanatiques, il marche sur Khartoum. Sur son passage, rien ne lui résiste. Mais, dans la ville, un homme jouit d’une grande popularité : Charles Gordon, général représentant le gouvernement de sa très Gracieuse Majesté britannique, surnommé Gordon Pacha. Il y trouvera la mort et entrera dans l’Histoire… «Khartoum» est d’abord une énorme super production avec des milliers de figurants, des paysages sublimes (le film a été tourné sur les rives du Nil) et des scènes de guerre à couper le souffle. On y a mis le paquet et ça impressionne. Mais, loin de faire une apologie odieuse du colonialisme anglais, le film de Basil Dearden se contente d’être un hommage respectueux, mais non dénué d’humour à… l’Empire britannique. Au cœur du film, il y a bien sûr le face à face entre les deux ennemis : le Mandi d’un côté et Gordon Pacha de l’autre. Homme de devoir l’un et l’autre, ils sont déterminés à aller jusqu’au bout dans leur mission, mais… ils se portent réciproquement une authentique estime. Leur rencontre sous la tente, avec civilité et sens du devoir, n’est pas triste. Ces deux personnages historiques, dans les limites de leur image historique, permettent à deux étonnants comédiens de cabotiner à souhait. La médaille d’or revient à Laurence Olivier qui, le visage passé au fond de teint marron sombre, s’en donne à cœur joie dans le soupir et le regard profond comme un long sanglot. Heston, lui, fait plutôt dans la dignité et la raideur militaire. Tout dans l’uniforme impeccable et la mâchoire serrée. Ce mélange de clichés kitsch et de mouvements de foule fait de «Khartoum» un sympathique et copieux grand spectacle.

Les jeunes années d’une reine

Les jeunes années d'une reine95 minutes de la vie d’une reine ou comment passer au hachoir et à la moulinette les trois films fleuves qu’Ernst Marishka a consacrés à la vie de l’impératrice Elizabeth d’Autriche. Mais ce n’est pas tellement de l’impératrice qu’il s’agit, mais plutôt de «la Romy», qui, si elle n’avait pas joué «la Sissi» quasiment depuis le berceau n’aurait pas fait la carrière que l’on sait. «Les jeunes années d’une reine» est un pot-pourri de Sissi, de la même face à son destin et toujours la même enfin sacrée et consacrée impératrice. C’est d’un parfait mauvais goût, mais c’est délicieux, sucré, ravissant, charmant et démodé. C’est d’une laideur totale, mais c’est divin. C’est truffé de sottises, mais tout à fait digeste. Sans compter que ce genre de films est entré dans la légende et que malgré la collection d’inexactitudes inhérentes aux superproductions – idéales pour jouer en famille au jeu des 7 erreurs – derrière les balbutiements de Romy/Sissi apparaît déjà le profil d’une réelle actrice. Les amoureux du protocole en seront pour leurs frais. Quant à ceux qui connaissent sur le bout des doigts leur histoire d’Elizabeth, ils ne retrouveront pas dans la greluche charmante et so-sotte leur impératrice d’Autriche. Voir plutôt du côté de Visconti et de son «Crépuscule des dieux»pour trouver une Romy/Elizabeth un peu. plus crédible.

Ultime combatUltime combat

Ça commence comme « Apocalypse now » et ça se continue très vite comme «Rambo». D’ailleurs ce film (dont le titre américain est «Last blood» alors que celui du film de Ted Kotcheff et Stallone était «First blood») ne s’en cache pas. Anthony Dawson raconte l’histoire du soldat… Rando ! Un brave petit yankee obéit aux ordres d’un fou mégalomane, le capitaine Harlow. Lors de l’attaque d’un village vietnamien, Harlow, pour qui les soldats ne sont que de la chair à canons, abandonne sans sourciller le pauvre Rando qui est en train de ramasser les blessés. C’est le début d’une haine à mort entre les deux hommes. Mais Rando, béret vert surentrainé, sait comment survivre dans un pays hostile. Traqué par ses propres compagnons d’armes (pour avoir amoché la figure du capitaine Harlow) et traqué par le Viêt-Cong, Rando s’enfonce seul dans la jungle pour atteindre la frontière du Laos et la liberté. Encore un violent combat pour la survie… Ce n’est pas nouveau : les Italiens plagient toujours les films à succès. Mais certains (et c’est le cas de Dawson) apportent souvent quelque chose en plus. «Ultime combat²» ne manque pas, à certains moments, de démesure et de lyrisme… Il faut voir Rando évitant les pièges Viêt-Cong ou s’échappant du puits plein de rats où il est prisonnier. Il faut aussi voir le coup de théâtre final (non, je ne dirai rien I) sur fond de rizière et de coucher de soleil ! Anthony Dawson, dans les années 60, s’appelait aussi Antonio Margheriti et signa quelques beaux petits films d’épouvante (avec Barbara Steele, entre autres) et quelques films de science-fiction «James bondiens» assez délirants pour l’époque. Aujourd’hui, pour survivre et s’imposer dans un cinéma italien en crise qui cherche, avant tout, à atteindre un marché international, il fait des «copies-pas-tout-à-fait-conformes». Mais lorsqu’ on réalise depuis vingt-quatre ans, on finit par connaître son métier… et même savoir surprendre avec une intrigue apparemment sans surprise.