Le vol du sphinx

Le vol du sphinxOn se souvient de ces films des années 30, où Jean Gabin s’en allait en Afrique pour oublier un désespoir d’amour, s’engageait dans la Légion étrangère et se retrouvait dans un bled perdu, brusquement confronté à une aventure sans issue. Ce film de Laurent Ferrier est une transposition actuelle de ces récits désuets. Au lieu de noyer son chagrin dans l’alcool, Tom (Souchon) s’est retiré au sud du Maroc. A bord d’un zinc pourri, baptisé «le Sphinx», il transporte des marchandises pour les indigènes. On sent que cet homme a refait sa vie loin de notre société. Les touristes sont rares. Or, voilà que débarquent quatre personnes, dont un gros trafiquant d’armes (Perrot) et une jeune femme, Laura (Miou-Miou) qui ressemble beaucoup à celle qui, autrefois, a brisé le cœur de Tom… La fatalité va encore frapper. Une machination diabolique se prépare, un complot dont les ficelles lui échappent. Laurent Ferrier se délecte à filmer le désert, mais laisse un peu les éléments de son intrigue se disperser avec le sable sous le vent. Alain Souchon, dans un contre-emploi délibéré, étonne un peu mais force la sympathie. S’il est difficile de croire à Miou-Miou en femme fatale, on s’intéresse aux comparses : Jean Benguigui, Robin Renucci, et surtout François Perrot, irrésistible en marchand d’armes bougon.

La légion des damnés

La légion des damnesRien à voir avec le chef-d’œuvre du même nom de King Vidor datant de 1936. Cette «Légion des damnés» est un film de guerre réalisé par Umberto Lenzi. Pendant la Seconde Guerre mondiale en Afrique du Nord, un militaire (Jack Palance) veut se venger d’un colonel allemand responsable de la mort de ses hommes. Pour cela, il va recruter une brochette de crapules (repris de justice, spécialistes des explosifs, du combat sous toutes ses formes). Le colonel allemand étant plus rusé qu’un renard du désert (historique allusion), il est évidemment au courant du projet de vengeance. Le dénouement de l’histoire se fera dans le sang, l’hémoglobine, le ketchup, la sauce tomate, et j’en passe. «La légion des damnés» est un film de guerre qui n’a rien d’historique à ne pas confondre avec les films historiques qui n’ont rien des films de guerre. Action sans moteur mais action tout de même.

Grogs et vin chaud à gogo

Avec tout ce qu’il avait de bonheurs et d’oublis, bien sûr. Parallèlement à cette manifestation se déroulait une compétition vidéo dans la salle de l’hôtel des Ruches. Le jury, présidé par Claude Chabrol et composé de Valérie Mairesse, Pierre Malet, Jean-Claude Romer et votre serviteur, a décerné le prix Vidéo-Thomson au film «Le masque du démon» de Marin Bava (GCR). Et puis il y avait les soirées, autres points de rencontres des festivaliers, celle de TF1 sous le parrainage de son président Hervé Bourges et son renfort de journalistes et de réalisateurs. Ou encore, celle des côtes-du-rhône où furent intronisés chevaliers, Danièle Thompson (scénariste), Valérie Mairesse, Véronique Genest, Claude Chabrol et Claude Zidi. La cérémonie très officielle ajoutait un peu plus au mystère ambiant dont s’était parée la station pour le festival, qui cette année était largement décentralisé. Du restaurant des lntrets avec son patron Guy Dupuis au bar du Snow avec Michèle (ravissante) en passant par le Creepy (oh le beau nom) ou le bar des Dromonts, le vin chaud et le grog allaient bon train. Non pas tant à cause du froid, mais plus pour affronter les enfants assassins de «Horror kid», l’exécuteur de «Terminator», les monstres cauchemardesques de, «Nightmare on Elmstreet» ou de «Dreamscape». Ah, il y avait aussi le petit Chaperon rouge du film « Company of the wolves », mais lui on n’avait pas envie de l’affronter. J’en connais plus d’un qui aurait bien voulu hurler avec lui, le soir avec ou sans pleine lune. Ce sera sans doute pour l’année prochaine. La jeune louve, Sarah Patterson, n’avait que 13 ans quand elle a tourné le film. Et comme chacun sait, à 13 ans on est très en vie.