Stages au pays de l’Adour

Le Creav des pays de l’Adour organise du 4 février au 22 mai une série de stages d’initiation à la

vidéo 1/2 pouce. Au sommaire, la maîtrise du matériel, le langage de l’image et du son, la réalisation, le montage, etc. Pour tous renseignements, contactez le Creav des pays de l’Adour, 3, avenue G. Phoebus, 64000 Pau (Tél : (59) 32.01.80).

Festival du son et de l’image

Le Festival international son et image vidéo 85 se tiendra, dans le cadre de la semaine française de la communication audiovisuelle, du 10 au 17 mars au Cnit-La Défense, à Paris. Les trois premières journées seront réservées exclusivement aux professionnels. Pour mettre en valeur la haute-fidélité, un espace de 10.000 m2 rassemblera les firmes spécialisées et les différents fabricants. Toutes les marques de matériels vidéo y seront très largement représentées avec de nombreux produits nouveaux.

AtariRestructuration chez Atari

Dans le cadre de la restructuration de la société sur le plan mondial et pour faire face à ses ambitions importantes pour 1985, Atari France a annoncé son intention de réorganiser ses structures. Atari va notamment concentrer ses activités de distribution en travaillant exclusivement avec des distributeurs grossistes et un certain nombre de grands comptes. Par ailleurs, Guy Minant, qui quitte la présidence d’Atari France, annonce la création d’une nouvelle société. Galaxie. Il en est le président alors qu’Antoine Gallozzi ancien directeur commercial d’Atari, en est le directeur général. Galaxie reprend quatorze personnes d’Atari, sélectionne et distrixie les meilleurs produis informatiques et électroniques sur le marché.

Lionel Chouchan :«Le vidéo»

Lionel ChouchanVous venez de publier un livre (1) en forme de lettre ouverte. Est-ce que cette œuvre pamphlétaire, qui a obtenu le prix Féroce 85, est destinée à régler des comptes ou simplement à remettre les pendules à l’heure ?

Il n’est pas destiné à régler des comptes. Comme je ratisse large, si j’ose dire, si j’avais des comptes à régler ce serait avec l’ensemble de la nation, ce qui n’est pas mon problème. C’est simplement un bouquin d’humeur et d’humour sur un thème qui me paraît intéressant. Je pense que cette espèce d’apathie déliquescente dans laquelle nous pataugeons est une nouvelle forme du Mal français. J’ai voulu faire une sorte de peinture d’un certain nombre de comportements qui me paraissent typiquement tricolores. Ce qui m’amuse, c’est que les gens qui le lisent rient beaucoup et ne se reconnaissent pas dans mes propos. En revanche, ils reconnaissent parfaitement leurs voisins de palier. On est en train de devenir un peuple de légumes. A force de tout attendre de papa État et de maman Sécurité sociale, nous ne sommes plus capables de traverser la rue tout seuls.

Êtes-vous plutôt un manager qui écrit ou plutôt un écrivain qui manage ?

Je suis un manager et un écrivain. Je ne suis surtout pas un manager qui écrit. L’écriture est un besoin, ce n’est pas ma danseuse. Je n’ai pas du tout la même démarche que Séguéla, par exemple, qui fait des livres inscrits dans la promotion de son entreprise et de lui-même.

En France, on aime bien classer les gens et l’on ne conçoit pas qu’un écrivain puisse avoir d’autres activités, non ?

De toute façon, des écrivains qui ne vivent que de leur plume, il y en a très peu en France. Généralement, ils doivent être journalistes, enseignants barbus avec des pellicules ou accessoirement fonctionnaires. Ce n’est pas mon cas et ça dérange beaucoup de personnes.

A la télé, il faut 3 % d’idées et 97 % d’errance dans les couloirs. ÉÉ

Est-ce cette passion du livre qui vous a poussé à organiser les journées mondiales de l’écrivain à Nice ?

Non, c’est un concours de circonstances. Mais c’est aussi une manifestation qui m’a particulièrement intéressé parce que j’ai pensée qu’il y avait là un concept formidable à exploiter. Il s’agissait d’organiser pour la littérature une manifestation qui soit l’égale d’un festival pour le cinéma. C’est-à-dire une fête et un événement qui concernent les écrivains et pas le commerce du livre. Ça a très bien marché, mais la ville de Nice a choisi, pour des raisons économiques, de ne pas renouveler l’expérience.

Pourquoi signez-vous vos livres Lionel Chouchon alors que pour toutes vos autres activités vous êtes Lionel Chouchan ?

Quand j’ai commencé à écrire, j’ai décidé de changer de nom. Et puis, j’ai réalisé que se faire un nom dans une vie c’était déjà difficile, alors s’en faire deux ce n’était pas à la mesure d’une tâche humaine. J’ai eu donc cette idée de génie qui a consisté à changer de voyelles. Maintenant, c’est la confusion la plus totale. Quand j’écris, c’est Chouchon et quand je signe des chèques c’est Chouchan.

Vous êtes celui par qui les festivals arrivent. Avoriaz, Deauville, Cognac sont autant d’événements qui portent la griffe de Promo 2 000, votre agence. Qu’est-ce qui vous a poussé dans de telles entreprises ?

Ça s’est fait totalement par hasard, comme beaucoup de choses dans la vie. Pour Avoriaz, j’ai rencontré en 72 les responsables de la station qui cherchaient une idée de manifestation de prestige. Après avoir vu l’aspect «fantastique» de la station, j’ai travaillé sur de nombreux projets dont ce Festival du cinéma fantastique. Je me suis donc lancé dans l’aventure sans connaître le cinéma fantastique ni la façon d’organiser un festival. C’est pour cela que l’on a réussi et que l’on a inventé beaucoup de choses. De toute éternité, les jurys de festival ont été constitués d’un producteur, d’un réalisateur, d’un monteur, d’un acheteur et d’un raton-laveur. Nous avons été les premiers à mélanger les genres. Autre exemple, nous avons inventé les badges bijoux à la place des traditionnels laissez-passer. Pour finir, nous avons créé une formule qui, maintenant, se fait partout : du festival boîte de conserve, comme je l’appelle. On invite les gens, on les transporte, on les nourrit, on les loge, on leur projette des films, on les distrait et en fin de compte on leur dit merci. Au début, tout le monde trouvait ça génial et l’on recevait des mots de remerciements, des fleurs et des chocolats après chaque festival. Aujourd’hui, on se fait des ennemis quand on n’invite pas certaines personnes ou qu’elles n’ont pas de bonnes chambres. Avant, à Deauville, c’est André Halimi qui avait eu l’idée d’un Festival du cinéma américain. Il pensait faire payer les Américains eux-mêmes. C’était là une utopie comme seul Halimi peut en avoir. J’ai donc décidé de trouver une ville susceptible d’accueillir cette manifestation. Comme je connaissais le maire de Deauville, je lui ai proposé et l’affaire s’est faite. Enfin, il y a le Festival de Cognac. Cette ville cherchait un moyen de promotion. Elle avait déjà la chance de s’appeler Cognac. Quand le nom de la ville est le nom du produit à promouvoir, c’est plus facile. Comme toute la littérature policière est imbibée de whisky, c’était une sorte de clin d’œil que d’organiser un festival du film policier à Cognac. Ce qui était amusant aussi, c’est que c’était le dernier endroit où faire un festival. On a réussi à transformer les inconvénients en avantages.

Avez-vous d’autres projets de festivals ?Lionel Chouchan 2

J’en ai fait le tour. Ça m’a amusé de les créer et ça m’amuse toujours de les poursuivre dans la mesure où il faut innover chaque année, mais ça ne m’intéresse plus d’en organiser de nouveaux. Si j’avais voulu, j’aurais pu en créer au moins vingt-cinq. J’estime qu’il y en a beaucoup trop et qu’ils se tuent les uns les autres. En plus, tous les créneaux sont pris.

Allez-vous parfois dans les festivals des autres ?

Très peu. Je vais à Cannes quelques jours chaque année. Ça ne m’amuse pas beaucoup.

Vous célébrez cette année le 13e anniversaire du Festival d’Avoriaz, anniversaire très symbolique. Le festival et la station sont aujourd’hui mondialement réputés. Est-ce que votre histoire d’amour est toujours aussi forte ?

Comme dans toutes les histoires d’amour, il y a des hauts et des bas. Mais Avoriaz comme Promo 2 000 sommes très attachés à ce festival. Pour revenir sur ce 13e anniversaire, je dois dire que nous organisons cette année une espèce d’Avoriaz off, en collaboration avec cinq ou six grandes villes de la région.

Vous dirigez une agence qui, en dehors de l’organisation de festivals, gère plusieurs budgets. Pensez-vous que la France est plutôt en avance ou au contraire plutôt en retard dans les nouvelles formes de communication ?

Avant de vous répondre précisément, je vous dirai même que les festivals ne représentent que 20 % de nos activités. Nous travaillons pour des groupes comme Johnson, Apple, Dunhill, pour le ministère des Transports, le Commerce extérieur, le PMU, etc. Personne ne sait que nous avons été derrière Mc Intosh, Bison futé, le Paccard, la bourse du premier emploi avec Pigier ou la fondation Philip Morris, et maintenant Apple, sur le cinéma. Promo 2 000 n’est pas une agence de publicité dans ce sens que nous n’utilisons pas une boîte à outil limitée. En France, cela dit, nous sommes plutôt en retard en matière de communication, relations publiques et promotion. Mais nous travaillons beaucoup et je pense que c’est une activité en pleine expansion. Nous sommes même plus créatifs que les Anglo-Saxons.

Vous avez organisé récemment les Minerves du film publicitaire. Pensez-vous que dans ce domaine aussi, les Français sont plus créatifs que les Anglo-Saxons ?

A mon avis, les films publicitaires français sont vingt fois supérieurs aux autres. Les Américains font encore des films comme on en faisait il y a vingt-cinq ans.

Comment voyez-vous le développement du câble, du satellite, des TV privées, du panorama audiovisuel en général ?

Comme dit l’autre, c’est l’avenir. Je crois que l’on est dans une période de gestation, de mutation et que dans dix ans on verra le résultat.

Pensez-vous quand même que le monopôle d’État sur la diffusion va disparaître avant longtemps ?

J’en suis moins sûr. Comme je le dis dans mon bouquin, la France est le pays qui a le plus de génie pour prendre tout ce qu’il y a de pire dans tous les systèmes existant sur la planète. On commence à s’ouvrir aux nouveaux médias, mais on maintient un contrôle. Il n’y a qu’à regarder notre petite chaîne privée, Canal Plus, qui est quand même basée dans un ministère et alimentée par les deniers de l’Etat. On veut nous faire croire que c’est une chaîne privée.