Le consul

Le consulLa nostalgie des consuls made in Great-Britain revient en force. Après celui d’« Au-dessus du volcan » de Malcom Lowry adapté par Huston, voilà, un cran au-dessous, «The honorary consul» de Graham Greene devenu «Le consul» à l’écran, adapté par John Mackenzie. Une ébouriffante interprétation de Michael Caine, superbe en vieux diplomate imbibé de whisky, une sautillante interprétation d’un Richard Gere à jamais gigolo — mais où est le mal ? — ajoutez à cela une Argentine tournée au Mexique, une musique de Paul Mc Cartney et le tour est joué « Le consul » est un beau film tissé à partir d’une trame complexe tendant à démontrer qu’on meurt rarement pour ses idées, mais bien plus par erreur ou pa7 amour… A travers le récit de l’enlèvement rocambolesque du consul qui ne vaut pas Ur clou sur la scène politique du groupe de desperados qui tente de monnayer sa libération et l’engagement d’un jeune médecin (Gere) au» motivations éclectiques, c’est une leçon sur l’engagement, sur l’amitié aussi. Ceci mené avec un humour et une distanciation tout à fait britanniques dans l’esprit. Terrorisme, manipulation, acte gratuit sur fond de régime totalitaire, «Le consul» aussi une série de gros plans sur une brochette de ratés plus ou moins sympathiques mais jamais épargnés. Ni par la plume de Graham Green,ni par la caméra de John Mackenzie.

F-CTN45029Philadelphia

1943. C’est la guerre. Les Américains tentent une expérience : rendre un destroyer invisible aux radars ennemis. Top secret. Et pour cause, le navire à réellement disparu pendant quelque temps avant de réapparaître dans un piteux état avec deux marins manquant à son bord. 1964 : ce sont les deux mêmes homes que l’on retrouve poursuivi par un hélicoptère au milieu d’un désert,champ d’expérimentation militaire commandé par un certain Dr Longstrat. Les voyages dans l’espace temps ont toujours passionné les hommes. Et le cinéma, avec plus ou moins de bonheur («La machine à remonter le temps», «Nimitz» «Les guerriers de l’Apocalypse»). «Philadelphia experiment» découle de la même imagination. Avec tout ce qu’il faut, bien sûr, pour le rendre à la fois attrayant et remarquable. Du rythme, de l’action, des effets spéciaux et un suspense très habilement mené. «Philadelphia experiment» est un spectacle total à tout point de vue. Le comité de sélection du 13eFestival du film fantastique d’Avoriaz ne s’y est pas trompé qui l’a retenu pour la course au titre.

La vie de famille

La vie de familleC’est le récit d’une invitation au voyage d’un papa (Sami (Frey), alias Emmanuel, avec sa fille de 10 ans. (Mara Goyet) alias Elise. Emmanuel culpabilise d’avoir laissé sa fille dans un foyer unijambiste — il est divorcé — et se sent prêt à tout pour faire de chaque week-end passé avec sa fille un événement unique, un conte de fées où l’on vit à 100 à l’heure, où l’on apprend perpétuellement quelque chose d’essentiel. Il se sent prêt à tout pour chasser l’ennui aux couleurs de la télévision des mercredis après-midi, des sornettes de la communale et des références quasi-systématiques à Pifou-Magazine. Alors sais prétexte de réaliser un petit film vidéo inspiré d’un scénario — cucul — signé Elise. Emmanuel va entraîner sa fille le plus loin possible afin de trouver le lieu idéal de leur confrontation. C’est non loin du Prado, à Madrid, qu’Emmanuel et Elise trouveront le lieu de leur dialogue. Dans une chambre d’hôtel. Un dialogue à cœur ouvert facilité par l’instrument caméra vidéo pris comme confident Our ce qu’il n’est pas possible d’énoncer dans un face à face. Qui est l’instrument de qui ? Impossible de le savoir tant les personnages se cachent derrière leurs révélations. «La vie de famille» est un film d’un intimisme profond. Et Doillon réussit à rendre le spectateur voyeur et souvent mal à l’aise de l’être. Avec des limites toutefois. Des limites imposées par le fait que le scénario de départ est inspiré d’une nouvelle de John Updike intitulée «la vie de famille en Amérique».