Attache-moi !

Attache-moiRicki son de l’institut psychiatrique. Il a vingt-trois ans, cinquante mille pesetas en poche et une idée fixe qui l’obsède : rencontrer Marina, une jeune actrice très demandée dans les films pornos ou d’épouvante. Celle-ci ne veut pas de lui ? Qu’a cela ne tienne.

Ricki s’introduit subrepticement chez elle et la séquestre sans vraiment lui demander son avis. Paniquée par la tournure que prennent les événements, Marina cherche à échapper aux griffes de son ‘ravisseur» avant de se plier, bon gré mal gré, à ses arguments. Moins grand public que «Femmes au bord de la crise de nerfs», le nouvel Almodovar se rapproche davantage de la veine caustique déjà explorée dans « Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter cela » et «La loi du désir». Le flamboyant réalisateur ibérique suit à la trace ses deux héros et fait rimer, à ce propos, protagonistes et antagonistes. En apparence, tout sépare Ricki et Marina. En réalité, ces deux paumés (lui vit en marge de la société, elle se shoote à ses heures perdues) étaient faits pour se connaître et se sauver mutuellement. Dans ce film comme dans les précédents , Almodovar démontre son génie du casting. Ses héros sont incarnés par Antonio Banderas (un habitué de la bande à Pedro) et, surtout, Victoria Abri!, nouvelle venue dans le clan, prête et habilitée à relever tous les défis que lui pose le metteur en scène, même les plus culottés. Fidèle à son habitude, ce dernier apporte un grand soin tant au fond qu’a la forme de son récit, d’où d’habiles rebondissements et une photo bien léchée. Encore un film qui ravira les aficionados (et tous ceux qui n’attendent qu’un signal pour le devenir).

Passez enfin au numérique

video hi8Depuis quelque temps, nous nous sommes introduits dans un monde où l’électronique et le numérique tiennent une place très importante. Certains appareils ont fait surface et d’autres ont complètement disparu. C’est le cas du vieux magnétoscope, un célèbre appareil en voie de disparition, qui a cédé sa place à des lecteurs DVD de salon ou bien à des postes informatiques plus révolutionnaires. Afin de pouvoir être à jour avec toute cette évolution, et aussi de ne pas perdre certains biens enregistrés dans nos vieilles cassettes à bande magnétique, il faut procéder à la numérisation de la cassette HI8.

cassette sous blisterAvec toute cette évolution, les cassettes vidéo ne sont plus comme ils étaient et sont même considérées comme des supports à problème. D’abord, la bande magnétique que renferme la cassette se détériore avec le temps, la poussière et risquent de faire perdre tout son contenu. N’importe quelle mauvaise manipulation de la cassette peut conduire à sa destruction. Trouver un magnétoscope, pour procéder à sa lecture, devient actuellement une vraie source de problème, car ils sont vraiment introuvables. Et malgré tout cela, ces cassettes vidéo renferment encore des vidéos de souvenir qui nous tiennent vraiment à cœur.
Il existe des solutions simples afin de pouvoir faire un transfert des cassettes vidéo en une version numérique. Il faut tout simplement se procurer le logiciel de conversion, de le connecter et de transférer la vidéo en entier dans un poste informatique. Une fois enregistrée, la vidéo fera l’objet d’une petite amélioration ainsi que quelques personnalisations. Après, il ne suffit que de faire la gravure sur un support encore plus fiable, dans le DVD, ou bien une clé USB ou dans un disque dur externe.

camera vidéoAprès la numérisation de la cassette vidéo, il sera facile pour nous de pouvoir garder et sécuriser nos vidéo dans un support numérique à zéro risque. Nos vieux films, nos vidéos souvenir seront possibles à être visionner sur notre poste de télévision en n’importe quel format, sur notre ordinateur portable, notre iPod ou dans n’importe quel lecteur numérique sans être obligé de brancher la magnétoscope.

Bref, transférer nos vidéos analogiques en version numérique et les stockées sur des supports encore plus fiables est vraiment conseillé afin de pouvoir gagner sur leur durée de vie, de sa qualité ainsi que de pouvoir le visionner en toute facilité. Ce sera aussi possible de partager ou bien de faire des copies de la vidéo sans aucune complication et aucune modification.

Un cirque à la maison

Place à de petites distractions pour la maison : le cirque. Pour les fêtes et les évènements spécifiques, ou seulement pour le plaisir de décorer d’une manière originale, optez pour les décorations au thème de cirque du site Popstickers. Imaginez-vous en train de décorer votre maison ou votre appartement avec des images de quelqu’un faisant des figures qu’on trouve surtout au cirque, et aussi des clowns qui nous font pleurer de rire.

cirque
Vous pouvez voir tout cela sur le site pop sticker. En fait, ce site est un magasin de e-commerce spécialisé dans la décoration d’intérieur, et tout particulièrement les stickers. Il a plusieurs produits qu’il met en vente, vous pouvez cliquer ici et les 400 autocollants et plus, classés dans 17 catégories différentes vous seront proposées. Parmi ces décorations se trouvent les autocollants portant le sujet de cirque.

Pourquoi est-ce que le site a choisi de créer des stickers sur le cirque ?
A chacun son goût et ses aspirations. Et comme le site est à l’écoute de tous dans un but de satisfaire chacun d’eux, il a décidé de créer des décorations à leur honneur. Et d’ailleurs, on comprend bien leur désir de se distraire. On connait du cirque le fait que ce soit un ensemble de spectacles où l’on trouve toute sorte de distractions : les clowns, les dressages d’animaux, les acrobaties, les tours de magie…

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Cela se passe généralement dans une scène circulaire faite de chapiteau aménagée à l’occasion, d’où l’on a retiré son nom de cirque. Mais parfois, c’est seulement l’ensemble des spectacles cités plus haut qui fait que ce soit un cirque, sans que cela se passe obligatoirement dans un chapiteau. Il se peut donc qu’on voie un cirque dans une salle de théâtre, une grande bâtisse, etc. Quoi qu’il en soit, le cirque existait déjà depuis bien longtemps : au milieu du XVIIIe siècle.

Les stickers cirque

Les décorations spéciales cirque que le site a décidé d’offrir à ses clients sont de deux sortes. On y trouve deux personnes faisant de l’acrobatie.
L’un, le sticker cirque, affiche une femme dans un effet d’ombre. Elle fait du flip arrière : c’est-à-dire les pieds au sol, le ventre courbé, et petit à petit mettre la paume des mains par terre. Son but est de se mettre en forme de demi-cercle, paume des pieds et des mains bien posés au sol.

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Cirque 2 cependant montre une fille en train de réaliser avec souplesse l’équilibre cambré. Cette fois-ci, ce sont seulement ses paumes de main qui touchent le sol et le reste de son corps est cambré, les pieds en l’air, faisant ainsi l’impression de voir une personne faire la figure d’un point d’interrogation avec son corps.

D’autres stickers : les clowns

Pour accompagner ces deux merveilleux autocollants, vous pourriez aussi ajouter les stickers clown angry 2 et Clown entier. Comme son nom l’indique, le clown angry 2 est l’image d’une tête de clown en colère et effrayant. Ou alors, le sticker clown entier qui lui fait l’air d’être méchant si on se réfère à son sourire aussi diabolique que mesquin. Ainsi, ils peuvent s’utiliser dans d’autres évènements également comme l’Halloween ou autre.

L’été des roses blanches

L'été des roses blanches Un film yougoslave, tourné en Yougoslavie, avec des acteurs américains ! Ce qui est piquant, c’est surtout d’entendre les autochtones, en 1945, de même que les officiers de la Wehrmacht, s’exprimer dans l’anglais le plus pur ! C’est le dernier été avant la fin de la guerre. L’idiot du village travaille comme « sauveteur» à la plage locale. Il n’a jamais sauvé personne, se contentant de raconter aux enfants des histoires de poissons monstrueux. Les événements se précipitent. Il doit héberger une fugitive et, pour la sauver, contracter avec elle un mariage blanc. Puis, pour la première fois, il sauve un homme. Serait-ce un partisan ? Andria est arrêté, interrogé… Le voilà malgré lui devenu le point de mire. Au point crucial où la comédie devient tragédie, Tom Conti évite tout cabotinage et s’avère pathétique. Dans le rôle de son «épouse», on retrouve Susan George, qui se fit si bien violer dans « Les chiens de paille». «L’été des roses blanches » ces roses qu’un capitaine allemand envoie aux femmes qu’il convoite a une certaine lenteur et un charme certain. Le rythme de la rivière autour de laquelle tout va se jouer.

Stars du ciné, stars du showbiz, ce sont parfois les mêmes

BowieLa fascination est réciproque. Rares sont les acteurs qui n’ont pas tenté de pousser la chansonnette. De Bowie à Dutronc, d’Elvis à Cher, beaucoup sont passés du cercle de vinyle au rectangle de toile. Dans l’autre sens, hormis Reggiani chez nous, les exemples sont plus rares. Mais en revanche, que de films consacrés aux mythes vivants de la musique ! Il y a d’abord le cinéma direct des reportages. Films de festivals, de « Monterey pop » à « Woodstock ».

Enregistrements de concerts mêlés de reportages, des Stones dans « Gimme shelter » à Presley dans « Elvis on tour », de Joe Cocker dans « Mad dogs and Englishmen » à U2 dans « U2, rattle and hum » (voir notre saga des cassettes dans ce même numéro). Et puis, ensembles plus élaborés, documents composites où se mélangent les interviews, les images d’époque, les photos, les témoignages, entre le « Imagine » consacré à John Lennon et le film-souvenir sur Chuck Berry, « Hail hail rock’n roll » de Taylor Hackford. On a même vu un pastiche désopilant de ce genre, le pseudo-document sur le groupe de hard imaginaire « Spinal tap » par Rob Reiner. A l’autre bout de la galaxie, les films de fiction inspirés par le monde de la rock music, avec des personnages, chanteurs ou groupes imaginaires, même s’ils font implicitement référence à des événements connus : la pop anglaise et les tribulations de Brian Jones dans « Stardust », l’aventure des Doors et de Jim Morrison dans « Eddie and the Cruisers ». Et n’oublions pas les films plus ou moins musicaux réalisés par des stars : le « 200 motels » de Frank Zappa, le « Renaldo and Clara » de Dylan, le « Give my regards to Broad street » de Paul McCartney. Mais ce sont là fantaisies ou caprices de créateurs soucieux de dépasser leurs limites habituelles, en vérifiant pour certains la dure loi du principe de Peter : chacun, au cinéma aussi, cherche à atteindre son niveau d’incompétence. A mi-chemin de ces deux formes d’expression, le cinéma a forgé un genre où la fiction se marie au réel : le documentaire romancé ou, comme disent les Américains, la « true story ». Par le truchement de ces fameuses « histoires vraies », Hollywood a transformé des artistes populaires en véritables mythes, et transfiguré des mythes qui existaient déjà. Le principe, de la true story n’a pas été conçu pour les chanteurs.

Jim MorrisonIl s’est appliqué d’abord à des cohortes d’hommes d’Etat, de savants, de militaires ou de pionniers divers. Qui n’a pas la sienne, aux Etats-Unis, ne saurait figurer au Panthéon national. Mais il n’y avait aucune raison pour que la musique ne bénéficie pas de cette tradition florissante. Avant le rock, on s’est penché sur le music-hall et le jazz… Prototype bien huilé, « La romance inachevée » (The Glenn Miller story) d’Anthony Mann, où James Stewart se met dans la peau du fameux chef d’orchestre tromboniste qui entraîna allègrement les troupes américaines jusqu’à la victoire de 1945. Optimisme et patriotisme sont les deux mamelles de cette story-là, sans oublier l’exaltation de la volonté d’entreprendre couronnée par la réussite. Dans les années 70, les temps ont changé, le cinéma se libère : désormais, on peut consacrer un film à une chanteuse noire, et sans éluder les aspects les plus « négatifs » : sexe, drogue, etc. Ce qui ne manque pas dans la vie de Billie Holiday, jouée par Diana Ross, chanteuse elle-même, dans « Lady sings the blues » (Sidney Furie, 1972). Bien plus tard, la trame sera analogue dans « Bird », la true story de Charlie Parker réalisée de la façon la plus classique par Clint Eastwood, fan du jazzman.

Le bonhomme avait un sale caractère, battait sa femme, se soûlait, se shootait, etc. Le tout en images glacées, fignolées, raffinées. En France, cette tradition-là n’a jamais triomphé ; c’est un peu comme le fantastique, ça ne s’explique pas, c’est comme ça. En 1973, le film de Guy Casaril, « Piaf », fait un bide. Pourtant, il avait déniché une jeune comédienne frémissante aux longs cils, que tout le monde considérait alors comme un espoir : Brigitte Ariel. « Piaf » raconte la naissance; l’enfance, la jeunesse, les premiers succès d’Edith. Le film est sobre, pas trop mélo, en pure perte. Les nostalgiques de la goualante restent chez eux. Cela n’empêche pas Claude Lelouch,. quelques années plus tard, de tenter à nouveau l’aventure. Lelouch reprend la vie de « la môme » là où Casaril l’avait laissée. Selon sa recette personnelle, il mise sur l’histoire d’amour entre stars : « Edith et Marcel » est consacré à la passion qui unit la chanteuse à son boxeur, Marcel Cerdan. Hélas ! Aussitôt, le sort s’acharne. Patrick Dewaere se suicide juste avant le tournage, il est remplacé par Cerdan junior, qui donne la réplique à Evelyne Bouix. « Edith et Marcel » sera un des plus sévères échecs de Lelouch. Comme si, décidément, on refusait de voir l’idole, ô sacrilège, incarnée par une « autre ». Ce risque n’existait pas avec « Trois places pour le 26 », de Jacques Demy, puisque Montand y joue le rôle de Montand. Or la malédiction continue. Malgré la rayonnante présence de Mathilda May, nul ne s’intéresse à cette « vraie-fausse » biographie d’Yves le Marseillais, évocation scénique de ses débuts, entrelardée d’une invraisemblable histoire d’amour oublié, de naissance ignorée, d’inceste supposé. La spécialité est, décidément, aussi américaine que le Coca-glaçons et le cheeseburger. Le temps du rock le confirme. Après tant de films sur ses concerts, ses tournées, son mythe, la true story de Presley a été tournée par John Carpenter lui-même, avec son acteur-fétiche, Kurt Russell, dans le rôle de l’épais King : « Elvis, the movie » (Le roman d’Elvis, 1979). Rien ne manque, ici, à la légende dorée. Garçonnet exemplaire, Elvis se recueille sur la tombe de son frère. Adolescent, il enregistre un disque pour sa maman. Puis ce sera la rencontre du « colonel » Parker, le service militaire en Allemagne, le mariage avec Priscilla, les distributions de Cadillac aux copains. Un chapelet de chromos pour un modèle de biographie édifiante ! Dans la version intégrale (3 heures !), Carpenter démystifiait davantage son modèle, sans éluder, en filigrane, le secret de Polichinelle de son homosexualité. Dans le même genre, il y eut une très honorable « Buddy Holly story » (de Steve Rash, 1978), succession de scènes fa-miliales et de refrains entraînants du gentil rocker à lunettes. Et les Beatles ? Les Beatles aussi. Eux, ils ont tout connu : le vrai-faux reportage (« A hard day’s night », de Richard Lester), la comédise parodique (« Help ! », idem), le cartoon surréaliste (« Yellow submarine », de George Dunning) et même la true story, limitée aux débuts du groupe (« Birth of the Beatles », de Richard Mar-quand, inédit en France, on l’a vu seulement au Festival de Deauville). Ce n’est un secret pour personne que « The Rose » (de Mark Rydell, 1979) est un portrait romancé de la superstar du blues-rock, Janis Joplin, déjà héroïne de nombreux documentaires (dont le superbe « Janis », en 1975). L’intérêt est ici que la chanteuse, comme dans « Lady sings the blues », est incarnée par une autre chanteuse : Bette Midler. La fiction passe par une transposition : le nom de Joplin n’est jamais mentionné, et son surnom de « Pearl » transformé en « Rose ». Mais le parallèle de la vitalité, de la folie, de l’exubérance, fonctionne parfaitement entre Bette Midler et son modèle.

Sid and NancyL’hagiographie ne convient pas aux rock-stars. Ce que le spectateur désire, c’est pénétrer dans l’intimité de la vedette, surprendre ses secrets, tout savoir sur ses manies, y compris sa vie sentimentale et sexuelle. La true story édifiante, c’est fini. Ainsi, quand Alex Cox raconte, en 1985, dans « Sid and Nancy » l’histoire des Sex Pistols, et surtout celle de Sid Vicious (celui-ci est incarné par Gary Oldman, son amie Nancy par Chloe Webb, et on y retrouve aussi Johnny Rotten et Malcolm McLaren), ce n’est évidemment pas du patronage. Il trace un tableau réaliste et percutant du mouvement punk, réaction violente et nihiliste contre toutes les valeurs établies qui secoua la vieille Angleterre à la fin des seventies. C’est la true storax sociologique, comme « La bamba » (Luis Valdez, 1987), dont le but est moins de ressusciter Ritchie Valens, mort dans le même crash que Buddy Holly, que de faire plaisir à la communauté des chica-nos en mal d’identité culturelle dans un pays dominé par les Wasp. Quant à Jim McBride, il gagne sur les deux tableaux avec « Great halls of fire », qui retrace, en 1989, l’épopée manquée de Jerry Lee Lewis. D’abord parce que les concerts délirants du Killer, avec pianos enflammés et teenagers hurlantes, créent une sacrée ambiance, et que Dennis Quaid, teint en blond, accent sudiste énorme, s’en donne à cœur joie pour réincarner l’idole déchue. Déchue, car la majorité bien-pensante eut jadis raison du rival de Presley. Et c’est la seconde dimension du film : l’analyse de société qui explique pourquoi Jerry Lee Lewis, au faîte de la gloire, a été rejeté au profit du conformiste Elvis Presley (je vais encore me faire des amis). Comme quoi la true story peut être à la fois jouissive et lucide.

A l’image du rock, non ?

Maire Gamins

«Ennuyeux, douloureux, incroyable, à jeter, plat travail d’amateur»! Ce 27 décembre 1967, la presse britannique est unanime. Paul, George, Ringo et John viennent d’essuyer leur premier échec.

Magical mystery tour

«Magical mystery tour», diffusé en première mondiale pour le réveillon sur la BBC, a fait ce qu’il y a tout lieu d’appeler un flop. Tourné pour le grand écran, le film, entièrement conçu et réalisé par les Beatles, laisse le public de glace. Paul, qui le jour de Noël avait annoncé ses fiançailles avec Jane Asher, n’est pas décontenancé pour autant : «L’erreur était de chercher une intrigue qui n’existait pas. C’était comme une peinture abstraite, avec des éléments de spontanéité. Il fallait s’asseoir et regarder sans essayer un seul instant de piger quoi que ce soit», déclare-t-il alors. De l’art de transformer un demi-échec en demi-succès. Certes, «Magical mystery tour» revêt, par nombre de ses aspects, un côté amateur indiscutable! Mais qu’importe, même si le film est loin d’être une poutre maîtresse dans la carrière des quatre de Liverpool, il n’en reste pas moins que «Magical mystery tour» est un morceau d’anthologie dans l’ensemble de leur œuvre. Bien entendu, les choses avaient été beaucoup plus simples lorsque, quelques années auparavant, étaient successivement sortis « A hard day’s night» (Quatre garçons dans le vent, 1963, Warner) et «Help!» (Au secours!, 1965, Vidéo Collection). Le premier avait connu un incroyable succès. Le réalisateur Richard Lester n’en est alors qu’à ses balbutiements cinématographiques. «A hard day’s night» est son quatrième film. Lorsque, deux ans plus tard, on propose à Lester de réaliser « Help !», les dés sont pipés avant même que le, tournage commence. Brian Epstein, le manager des Beatles, pose des conditions draconiennes : que les Beatles restent soudés, qu’on ne les voit plus répéter ni jouer en public, que leurs loisirs n’aient trait ni à la boisson ni au sexe féminin et qu’enfin le film soit agréable et gai. «J’ai donc imaginé une histoire dans laquelle les Beatles seraient passifs», devait déclarer Lester. Qu’on en juge. «Help!» constitue 90 minutes de course-pour-suite où aucun de nos scarabées ne bafoue les règles de bonne conduite énoncées précédemment.

Il n’en reste pas moins que le film est vivant, drôle, plein de trouvailles et de jamesbonderies dont la Grande Bretagne raffole à l’époque. Pourtant « Help!» ne connaît qu’un demi-succès. Le crépuscule de la carrière cinématographique des Beatles semble sonner deux ans plus tard avec «Magical mystery tour» et les conséquences que l’on sait. Pour autant, le groupe doit-il faire son deuil du septième art? Le 29 décembre 1967, trois jours seulement après la débâcle du mystérieux tour magique, le Daily Mail titre : «After that flop, the cartoon Beatles», et annonce que cinq personnes travaillent d’arrache-pied sur le scénario de «Yellow submarine». Pour McCartney, Harrison, Starr et Lennon, le «Magical mystery tour» est déjà loin derrière.

Des news à propos de Madonna !

MadonnaCette fois, ça y est, c’est sûr : Madonna revient. Ou, comme le chante Elton John dans un de ses plus célèbres tubes des seventies : «The bitch is back» la garce est de retour. Oui, je sais, les divers départs et come-backs de la Ciccone (patronyme de la star) sont aussi nombreux que ceux de… au hasard : Sheila, les Compagnons de la Chanson, Tina Turner. Chaque deux-trois ans, la plus célèbre fausse blonde du showbiz US nous fait le coup du «Je ne le voulais pas vraiment, mais puisque vous insistez tant…»

La menace est ensuite mise à exécution avec plus ou moins de bonheur et de panache. Côté moins : le come-back ciné 1986 avec deux flops successifs, («Shanghai surprise» et «Who’s that girl?»). Côté plus : l’album «True blue» puis la méga-tournée mondiale qui suit en 1987, les vidéoclips ad hoc (depuis ses débuts, Madonna a effectué un sans faute dans ce domaine), l’album «Like a prayer», en 1989, précédé par une énième décoloration-qui-tue. En préparation : le film «Dick Tracy» dont elle partage la vedette avec Warren Beat-ty (sortie prévue en juin aux Etats-Unis et en septembre en France) ainsi que l’album comprenant des chansons inspirées du film et intitulé «I’m breathless : Music from and inspired by Dick Tracy». De ce parcours exemplaire où même les échecs les plus cuisants sont digérés puis prestement recyclés, on retient surtout une constante, immuable, le désir typiquement «madonnesque» de provoquer. De ses débuts jusqu’à aujourd’hui, celle-ci a eu le génie de susciter suffisamment de polémiques (rien de tel pour faire progresser une carrière, coco!) tout en sachant jusqu’où ne pas aller trop loin. En effet, l’opinion publique ne rechigne pas à se faire titiller de temps à autre, mais gare aux provocateurs (trices) de service qui osent dépasser certaines limites invisibles. Plutôt que de se faire dévorer toute crue au jeu de ses habiles provocations, la miss prend l’initiative, la garde et la manipule comme de la pâte à modeler. Mais à la différence d’idoles telles qu’Elvis, Marilyn ou les Beatles, Madonna exerce le plus strict des contrôles sur son image. La déterminée-et-parfois bad-girl qui gigote et chante sur scène, grand ou petit écran, la boudeuse créature offerte aux objectifs des plus grands photographes du moment, autant de concepts nés de l’imagination de l’intéressée qui, tout en se multipliant sur tous les fronts, ne laisse jamais la situation lui échapper. « Madonna a toujours su exactement où elle va que ce soit en tant qu’actrice, chanteuse ou productrice déclare Jeffrey Katzenberg, Pdg des studios Disney (qui ont produit « Dick Tracy »). Elle est en constante évolution et ne se repose jamais sur ses lauriers. Chaque deux ans, elle se présente avec un nouveau look, une nouvelle attitude, une nouvelle façon de bouger sur scène. Et ça marche à tous les coups». Ledit Katzenberg ne croit pas si bien dire puisque selon les dernières estimations de la revue Fortune, la star aurait gagné la rondelette somme de 90 millions de dollars entre 1985 et 1989. «Faire en sorte que l’art soit commercial et accessible, voilà un challenge qui me plaît, déclarait la reine du hit-parade au New York Times récemment. De ce point de vue, j’ai une vision saine et claire des choses, je sais parfaitement où je me situe».

Madonna

Après avoir littéralement créé son image de toutes pièces alors qu’elle n’était que la muse des nightclubbers new-yorkais au début des eighties, Madonna connaît bien la fragilité du vedettariat auquel elle a accédé avec «Like a virgin », son premier tube. Quoi de plus éphémère et de plus changeant que l’adulation des teenagers, prêts à vous lâcher à la moindre occasion? Le défi majeur pour toute chanteuse propulsée aussi rapidement consiste à s’imposer ensuite auprès d’une tranche d’âge plus adulte que la précédente, tout en conservant son statut de pop star «jeune» auprès des ados. Musicalement, la star gagne indiscutablement son pari lors de la sortie de son album « Like a prayer», début 1989. Les scies vaguement disco et écervelées cèdent volontiers la place à des chansons fortes, graves telles que « Oh father», dédiée à son père, ou «Till death do us part», chronique d’un amour qui s’effrite. Cet album crédibilise Madonna en tant que chanteuse, mais la star doit se battre sur un autre front pour gagner ses lettres de noblesse. Hantée depuis ses débuts par la théorie selon laquelle le triomphe de toute chanteuse qui se respecte passe obligatoirement par la case cinéma (n’est-ce .pas Cher, Streisand et Diana Ross?), Madonna est à deux doigts de remporter le gros lot lors de la sortie de «Recherche Susan, désespérément». Hélas, c’est sans compter «Shanghai surprise» et «Who’s that girl?», deux très anodines comédies ratées dans lesquelles la miss s’essouffle à reprendre le flambeau de Marilyn. Outrageusement péroxydée et minaudant comme une chatte de gouttière en chaleur, la vedette exaspère plus qu’elle ne convainc vraiment. La faute incombe probablement aux réalisateurs de ces deux films qui ne font pas le moindre effort pour la diriger et la laissent livrée à elle-même. Boudant ostensiblement ces productions, le public ne lui en tient pas rigueur.

MadonnaCar pendant ce temps, Madonna héroïne de sa propre vie cahotique le tient en haleine via les gros titres des journaux à sensation. Et gratuitement avec ça! «Madonna flirte avec l’immonde Sean Penn», «Madonna épouse l’infâme Sean Penn», « Madonna se fait battre par cet enfoiré de Sean Penn », «Madonna divorce», «Madonna choque l’Amérique et Pepsi-Sa vie : un feuilleton aussi captivant que « Dallas» et «Dynastie » réunis. Cola à cause de son clip», «Madonna drague Warren Beatty», «Madonna tourne avec Beatty». Autant de chapitres fertiles en rebondissements multiples et divers. Comment, avec ce feuilleton aussi… captivant que «Dallas», «Dynastie» et «Santa Barbara» réunis, voulez-vous faire rentrer les spectateurs dans des salles obscures affichant les gentils navetons de la divette? Début 1989, lorsque Oliver Stone annonce son intention d’adapter à l’écran «Evita», le célèbre opéra-rock inspiré de la vie d’Evita Peron, l’effervescence est à son comble, d’autant plus que Madonna est pressentie pour le rôle vedette. Réflexion faite, on imagine parfaitement la chanteuse incarner cette personnalité aussi charismatique qu’arriviste, ambitieuse, et, finalement, attachante. Pourtant les négociations entre le réalisateur et la star échouent lorsque celle-ci demande une modification du livret original.

Stone se tourne alors vers Meryl Streep avant d’abandonner provisoirement son «Evita ». Romance avec Warren Beatty oblige, un projet cinématographique chasse l’autre dans le planning de la jeune femme. Cette fois, elle se voit offrir le rôle de Breathless Mahonney, partenaire du mythique «Dick Tracy», héros de la bande dessinée du même nom, portée à l’écran par Beatty et produite par la Disney. Vedettes de ce film dont la sortie est prévue mi-juin, l’acteur-réalisateur et sa dulcinée sont attendus au tournant, mais pas pour les mêmes motifs ni par les mêmes personnes. Sortant d’un échec aussi retentissant que «Ishtar», Warren Beatty a un urgentissime besoin de redorer son blason terni. De plus, et à la différence de quinquagénaires célèbres (comme Dustin Hoffman ou Jack Nicholson), son nom ne dit presque rien aux teenagers qui font et défont le box-office américain. Réussir à s’imposer auprès d’eux, voilà le but à atteindre. S’il est réussi, le pari donnera un salutaire coup de fouet à sa carrière. Sinon, les portes du purgatoire lui sont grandes ouvertes. Quant à Madonna, les choses sont encore plus simples. Hypothèse 1 ça passe. Le film est un énorme succès, les studios révisent alors leur jugement (« Madonna n’est pas une star sur qui on monte un film») et les offres pleuvent. Hypothèse 2 : ça casse. «Dick Tracy» se plante lamentablement, les mêmes studios renvoient, avec leur franchise coutumière, la pauvrette («Yeah, elle porte la poisse») qui retourne à ses prestations live et ses galettes disco. Alors, en attendant son nouveau 30, sa nouvelle tournée mondiale (qui passe par la France au début de cet été) et son nouveau boy-friend, Madonna réussira-t-elle son énième examen de passage sur grand écran? Les paris sont ouverts…
N’en déplaise à certaines radios FM jacksonisantes, housantes, hip-hopantes et parfois soulantes, les «wap-doo-wap» monopolisent, trente ans après, les premières places des charts en tout genre : la fameuse reprise des Vagabonds éclate au Top 50, le remix de Claude François envahit les tympans les .plus réfractaires. Même Drucker et son «Champs-Elysées» façon «Salut les copains», en mars dernier, a détraqué l’Audimat. Le temps passe, le rock, lui, ne trépasse pas. Fini, les microsillons craquelés épaisseur triple. La totale des Beatles, Stones, Elvis (entre autres mythes inaltérables), est désormais disponible en CD… et en vidéocassettes. Dans la lignée «histoire intégrale du rock’n'roll», les compilations regorgent de vestiges dépoussiérés.

MadonnaVidéo Collection nous propose six volets de 25 à 60 minutes sur les meilleurs moments de «Ready steady go!», illustre émission de variétés en direct made in USA Supremes, Martha Reeves and the Vandellas, Temptations, Little Stevie Wonder, Otis Redding et autres Miracles du rhythm’n'blues ressuscitent en noir et blanc (et en mono, oldies obligent) le temps d’un hit. Un véritable petit joyau pour nostalgiques en manque de swing. Plus récente, la grande soirée «Motown 25» (éditée par Film Office) réunit ces mêmes vedettes (avec les rides en prime), qui déterrent joyeusement leurs vieux tubes pour cette honorable circonstance. Vous préférez les versions françaises? Fil à Film édite une série de cassettes d’une heure consacrée aux idoles des sixties. Flash-back 100 % scopitone sur les mimiques juvéniles de Sylvie et Johnny, Eddy Mitchell, Clodo, Françoise Hardy, Jacques Dutronc, Frank Alamo ou (plus dur) Frédéric François. Célèbres ancêtres des clips, boîtes à images des troquets de l’époque, ces fameux scopitones sont, pour la plupart, l’œuvre d’un jeune et talentueux metteur en scène nommé… Claude Lelouch. A voir! Signalons dans la foulée quelques rétrospectives de la même veine sorties chez Arcade ou Editions Montparnasse. Le stock yéyé-twist-rock épuisé, dérapage vers les années 70, immortalisées par une kyrielle de documents très cool : le summum, Virgin et ses «Dominoes» ou le «portrait d’une décennie puissante et électrique» (on sait à quoi on s’expose). Ce reportage sur la naissance du mouvement hippy aux States exhibe une ribambelle d’hallucinés édentés et parés de colliers de fleurs. On baigne dans le peace and love pendant une heure. Ambiance Vietnam, pattes d’eph, amphés, tatouages et Harley Davidson, le tout sur fond de pop music planante en stéréo. Rigolo au troisième degré, mais l’absence à l’écran des interprètes devient frustrante. On aperçoit quand-même Jimi Hendrix faire flamber sa Fender toute neuve. Edité en hifi stéréo, l’incontournable «Monterey pop festival» de 1967 (le petit frère de «Woodstock», sorti par ailleurs chez Warner) décape les sonos somnolantes. Janis Joplin, les Who, le Jefferson Airplane font littéralement sauter les amplis. 1 h 20 de délire, les beatniks recyclés s’en lécheront les babines. Plus calme est la vidéo que consacre Fil à Film aux groupes anglo-américains. Procol Harum, les Moody Blues, ou Titanic susurrent leurs gentilles ballades au milieu de vastes prairies verdoyantes. Ecolo et placide. Mais l’événement, le vrai, serait un petit coffret doré qui entasse 20 années de rock music ( 2 x 50 minutes chez CBS vidéo… en mono, hélas!), du King à Prince, en passant par les Pink Floyd, les Stones, les Beatles, Bowie, Devo, Santana et Ravi Shankar. Mais, horrible détail, chaque extrait musical d’époque est invariablement ponctué de témoignages prestigieux : increvable, Tina Turner relate avec amertume quelques anecdotes du showbiz, à ses côtés, Cyndi Lauper, affublée pour l’occasion d’un accoutrement Technicolor, ou encore Mick Jagger, qui évoque l’âge d’or de son groupe entre deux méga-transfusions de sang frais. La bande défile, bon nombre d’artistes annoncés sur la jaquette ne se manifestent pas.

MadonnaIls n’apparaîtront jamais. Elvis fait une brève irruption entre les Sex Pistols et Blondie (au diable l’ordre chronologique dans la partie consacrée aux chanteurs purement provocateurs. Arrive l’hommage aux grands guitaristes. David Gilmour (Pink Floyd) n’a pas été sélectionné, Mark Knopfler (Dire Straits) non plus. Ils ne devaient pas être assez bons. Une flopée de séquences encense, en revanche, Jimi Hendrix, qui était décidément un dangereux pyromane. Résultat : un amalgame parfois confus qui dissimule quand même quelques morceaux d’anthologie. Les amateurs de guitare trouveront plutôt leur bonheur chez Delta : «The arms concert» rassemble les grands guitaristes sur scène et en hifi stéréo. Certains éditeurs, peu convaincus par les «compils », favorisent le système des collections. Plutôt branché psychédélique. Warner consacre plusieurs volumes, de 50 à 100 minutes en VO sous-titrée, aux pop-stars telles que John Lennon («Imagine», un hommage dithyrambique et décevant de veuve Yoko), Jim Morrison ou Jimi Hendrix (non, vous n’y échapperez pas, il fait encore cramer sa gratte!). Un panorama étayé et bien structuré. Même processus chez Polygram Music Vidéo. Catalogue fourni et varié pour goûts éclectiques (les Shadows, Eric Clapton, Leo Sayer, les Who, David Bowie, etc.). Mention spéciale pour «The Carpenters Yesterday once more», symbole de la soupe 70 aux antipodes du rock’n'roll, ça repose. A visionner d’urgence, «The continuing adventures of the Rolling Stones» (CBS Vidéo) : l’histoire, en hifi stéréo, de cinq rockers bariolés et iconoclastes à travers 2 h 10 d’interviews, documents, tournées mondiales, commentée par les Stones themselves. Une véritable pièce d’archives à conserver pieusement. Idem pour «The compleat Beatles» (Film Office), où tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur quatre garçons dans le vent vous est dévoilé sur bande magnétique. Le recordman en matière de vidéocassettes est indéniablement le King : alliage de témoignages et d’extraits de concert, «That’s the way it is» retrace, en 110 minutes, sa carrière au détail près. La vie de Presley a suscité de nombreuses adaptations à l’aide de sosies plus ou moins probants. Antarès s’apprête à sortir « Elvis and me», tiré du roman de sa délicate épouse Priscilla. Les démêlés conjugales du couple s’étalent généreusement, du mariage au divorce.

MadonnaCroustillant (mais c’est une autre histoire … et un autre article). Inutile d’énumérer les innombrables performances scéniques de chacun sorties en vidéo. Les images s’enchaînent, le magnétisme fait le reste. Les seventies touchent à leur fin, mais la décadence persiste. L’arrivée tonitruante du rock pur et dur, avec Led Zeppelin, décuple le climat de rébellion amorcé par des hippies trop passifs. Véritables phénomènes sociaux, le hard rock et, plus tard, le style punk, engendrent une agressivité contagieuse. Vidéo Collection réjouira les inconditionnels de heavy metal. Au programme : «Les grands du hard», « Hard heavy», «Kerrang video kompilation». Les adeptes de crêtes multicolores se contenteront de « Punk in London» chez Scherzo. « Black leather jacket» (Polygram Music les vidéo) offre une approche plus originale de la musique en retraçant l’influence générations du look «cuir» sur les stars. Clash, Who, Hell’s les angels et groupes de hard arborent ici leurs Perfecto fraîchement cirés. Source inépuisable de nostalgie, les années 60 n’ont pas fini d’alimenter les vidéoclubs et les souvenirs. Une époque mythique qui fascine les jeunes générations. Un monument historique qui défie les modes. Solide comme un rock.

Interview de Dutronc

DutroncLes adolescents redécouvrent les tubes de Dutronc. Quand allez-vous sortir une bonne vieille compilation qui va faire exploser le Top 50?
La réponse va être brève, jamais! Vogue a fait une espèce de best of 89, remixé, sans intérêt. Pour moi, il faut laisser les enregistrements d’origine et ne pas mettre le chanteur en avant et l’orchestre à 3 000 kilomètres derrière pour faire branché. Bref, non!
Le dernier album, «CQFD », n’a pas vraiment été un triomphe. La promotion à tous crins n’a-t-elle pas tué l’effet de surprise?
C’est vrai que j’ai fait toutes les émissions possibles et imaginables. J’avais l’impression que plus je faisais de télévision, moins je vendais de disques. J’aurais dû ne rien faire, comme je le voulais au départ. Je ne regrette rien. J’ai réalisé l’album comme je le souhaitais. Le reste…
«Sacrée soirée», ce n’est pas une émission que vous devez regarder chaque semaine, non?
DutroncJe n’ai pas le temps. J’y participe d’ailleurs trop souvent pour avoir le loisir de la regarder. Sinon, «Sacrée soirée» m’intéresse pour la séquence de la date de naissance. Il faut bien que je sache si j’ai gagné ou pas.
Que pensez-vous du business qui est fait autour des années 60?
C’est vrai que certains en font un complexe et d’autres en font un commerce infernal. C’est drôle ces mecs qui ne veulent pas vieillir. Bientôt, on va nous glonfler avec les années 70. D’ailleurs, c’est quoi les années 70? Poteries, hippies, les Doors et les pattes d’eph. Ça risque d’être moins rigolo et surtout plus négatif. Avec tout ce que les mecs de ces an-nées-là se sont mis dans le cornet, il ne doit pas en rester des masses.
Quand vous voyez des vieux scopitones, ça vous fait plutôt rire ou pleurer?
C’est pas vraiment le joie. C’était la chanson au premier degré. Les décors étaient simples : la tour Eiffel pour Paris et un buisson pour la campagne. Il y en avait quand même quelques-uns qui ressemblaient à des clips.
Pourquoi n’avez vous pas fait de clips pour la sortie de votre dernier album?
Il faut poser la question aux gens de CBS. C’était sûrement moins cher de faire des émissions de télévision. J’ai failli en faire un avec Wenders, un avec Zulawski et un avec Antoine de Caunes, mais c’était trop cher. Pourtant, il y a de très bons clips comme celui de Mondinot pour les Rita Mitsouko.
Acteur-chanteur, chanteur-acteur, tout le monde aujourd’hui sort de son domaine de base. Comment expliquez-vous ce phénomène?
Remarquez qu’il y des gens qui ne sont ni acteurs ni chanteurs et qui font tout de même des disques et des films. Le problème, c’est qu’on propose à tous les acteurs de faire un disque et à tous les chanteurs de faire un film. Peu d’artistes ont la lucidité de refuser. Il faut dire que cela donne parfois d’excellents résultats. Prenez l’exemple de Vanessa Paradis. C’est une fan de mes chansons en plus…
Les cinq ans d’interruption dans votre carrière cinématographique vous ont permis de comprendre qu’il était difficile de monter un film. Que reste-t-il de ce projet?
DutroncPas grand chose. Aujourd’hui, les mecs n’hésitent pas à jouer les fourbes, du style : «Tu m’en aurais parlé à l’époque, je t’aurais aidé». Il n’empêche que j’ai perdu deux ans à monter un film qui ne verra jamais le jour. Point à la ligne.
Reprendre le collier avec Zulawski, ce n’est pas des plus reposants…
Mais ô combien intéressant. Si on fait vraiment ce métier-là, c’est pour tenter des expériences. C’est vrai qu’après un long arrêt, on a du mal à s’y remettre, mais il faut aussi trouver une bonne histoire. Aujourd’hui, tout le monde se croit scénariste. Le moindre mec de la RATP devient écrivain le soir. Attention, on est tous comme ça. J’ai appris cela récemment… Bref, j’avais besoin de travailler et le film est ce qu’il est. En tout cas, il n’est pas ce qu’il n’aurait pas dû être.
Quels sont vos rapports avec le metteur en scène?
Visionnez-vous les rushes? J’interviens très peu et je n’assiste pas à la séance de rushes. J’ai comme ça une vue plus saine du film. Le metteur en scène voit vingt-sept fois la même scène et ne sait plus où il en est. Comme disaient les concierges : « La plaisanterie a des limites.» Pourquoi je dis ça?
Ne rêvez-vous pas de travailler avec Bertrand Blier?
Ouais…Le problème de Bertrand Blier, c’est que ses scénarios sont supérieurs à ses films. C’est peut-être un parti pris. Mais c’est vrai qu’il a cette méchanceté qui manque à de nombreux réalisateurs en France et que l’on retrouve en partie dans le «Chambre à part» de Jacky Cukier.
Quand vous étiez gamin, étiez-vous fasciné par le cinéma ?
Je rêvais d’aller au cinéma, mais pas d’en faire. Le rêve s’est vite estompé parce que j’habitais à côté et que j’y allais très souvent en passant par la porte de sortie, bien sûr. A l’époque, les gens qui faisaient du cinéma étaient extraordinaires, inaccessibles. Aujourd’hui, tout le Monde y met des billes. Ça rapporte autant que la bijouterie ou le prêt-à-porter.
Quand Jean-Marie Périer vous a proposé «Antoine et Sébastien », votre premier film, vous avez accepté par bravade ou avec l’idée de faire une carrière?
DutroncC’était comme s’il m’avait proposé un gala, j’en avais rien à foutre d’une carrière au cinoche. L’alcool aidant, la naissance de mon fils et l’amitié avec Jean-Marie m’ont fait accepter.
Après, vous avez enchaîné film sur film…
C’est un peu par force. Je me suis dit que si j’arrêtais, je n’en ferais plus jamais.
Lelouch, Sautet…
Lelouch sautait qui? Non, c’est vrai, plus personne ne fait des rôles comme je fais. Etre un amoureux forcené, ça détruit. Il faut essayer de traverser les films en se préservant un peu. Et puis, les comédiens ne se comprennent pas toujours. Certains font vraiment le film, certains font un autre film et les derniers se préparent pour le prochain. C’était quoi la question ?
Les réalisateurs avec qui vous avez travaillé…
Il y en a eu plusieurs.
Godard…
Il est suisse ou français? Non, c’est bien de tourner avec lui. Par pour la carte de visite, je m’en tape. Sur le tournage, certains jours j’étais là et pas lui, et d’autres jours c’était le contraire. Il y a même eu certaines scènes où il n’y avait pas la caméra. Cela dit, j’aime bien «Sauve qui peut la vie».
Mocky…
C’est une sacrée expérience. Avec Mocky, il y a deux aventures, celle du tournage et celle du film. Souvent, le tournage est mieux que le film. Mocky est génial. Il dit «moteur!» dans sa voiture ou dans sa salle de bains car les techniciens sont un peu lents…
Zulawski…
Je l’aime beaucoup. C’est lui qui indique les placements de caméra et l’objectif à utiliser. Il sait filmer. On lui reproche de déraper dans ses films, mais tant qu’il ne se le reprochera pas lui-même, il continuera. Dans chaque film, il y a au moins un quart d’heure de leçon de cinéma.
Changeons de sujet. Roland-Garros et le Mondial de football se pointent. Est-ce à votre programme?
Non. Ça suffit ces conneries. Les mecs ont assez vendu de raquettes et de chaussettes. Tout le monde a sa tenue, il faut passer à autre chose. Le football, je le regarde seulement pour voir si les joueurs ont vraiment des slips sous leurs shorts. A ce propos, je me suis bien marré l’autre soir avec le match Marseille-Cannes. A Cannes, il y a un joueur qui s’appelle Sassus. C’est drôle, non? (Eclat de rires). Le problème en France, c’est que quand un joueur marque un but, ça devient un exploit. C’est quand même leur métier, non? D’ailleurs, vous connaissez le résultat du dernier match Leconte-Noah? Ils ont perdu tous les deux.
Etes-vous un vidéophile averti ?
Oui, mais je ne regarde que des versions originales, en américain comme en français. Il ne faut pas que ce soit réservé au cinéma de minuit ou aux pseudo-intellectuels. Ce sont les mêmes gens qui reprochent aux chanteurs de chanter en play-back qui veulent absolument voir les films en version française. C’est nul. J’enregistre beaucoup. Mon téléviseur me sert plus d’écran de cinéma que de récepteur de chaînes. J’ai une collection de navets assez superbe. Je m’amuse de temps à autre à monter, avec un U-Matic, les séquences les plus ringardes. Je suis plutôt bien équipé et je ne sais même plus combien j’ai de magnétoscopes. Pirate, moi? Je regarde aussi de temps à autre les infos à 6 heures sur La 5 ou inversement, je ne sais plus.
Gorbatchev qui se fait huer sur la place Rouge, ça vous a fait rire?
En tournée, on ne fait pas que des succès. Il a fait un bide une fois, mais le prochain gala sera sûrement meilleur. Vous savez, le public était mal assis, n’était pas très chaud. Quand il va reprendre une salle comme Bercy, avec une bonne sono et une bonne lumière, ça ira mieux. Jean-Michel Jarre derrière lui, et d’est gagné.
Vous écoutez la musique de vos petits camarades?
L’endroit où j’écoute le mieux la musique, c’est dans ma voiture, dans mon van plus précisément. Il y a une superbe acoustique. Au hit-parade de Dutronc, il y a «Sweet sixteen» de Billy ldol, «Wonderful world» de Louis Armstrong et tout le temps Dire Straits. Il n’y a pas coup u p de frenchies. Etrange…
Entre deux voyages en Corse, vous avez le temps d’aller au cinéma ?
Non. Je sais que si je replonge dans ce trip, je vais y aller quatre fois par jour et je ne foutrai plus rien. Cassettes et CDV, c’est bien aussi vous savez. J’ai vu le «Grand bleu» en version clip, c’est super. J’ai vu aussi «Qui veut la peau de Roger Rabbit?», c’est un excellent film.
Quelle est votre recette pour enrayer la crise du cinéma ?
Il n’y a qu’un seul moyen. Il faut interdire aux gens d’aller au cinéma et les obliger à regarder la télévision pendant un an, ou seulement les dramatiques, qui portent souvent bien leur nom. Après cela, tout le monde retournera dans les salles en courant.
Vous préparez le tournage du «Van Gogh » de Maurice Pialat. Où en êtes-vous exactement?
Le tournage démarre en juin avec deux mois de retard. En attendant, je dessine, je croque, je fais des plâtres pour avoir les gestes de base. Je lis des bouquins sur la vie de Van Gogh, mais tout est faux, soit c’est enjolivé soit c’est dramatisé. Je ne peux vous donner qu’un élément de base car je n’ai pas lu le scénario : Van Gogh ne savait pas qu’il était Van Gogh. C’est un film très important pour moi. Je vais encore vieillir de quelques années…

Baby blood

Baby blood Alain Robak n’a pas de complexes. Surtout pas celui du cinéaste français paralysé par le fantastique. Alors, il frappe fort. Une brune de vingt-cinq ans, Yanka, maîtresse du directeur d’un cirque, est nuitamment investie par une créature diabolique, sans doute apportée par un léopard récemment arrivé d’Afrique. Ce « bébé » lui parle (nous l’entendons, spectateurs privilégiés, grâce à une voix off croquignolette) et, comme la plante carnivore de «La petite boutique des horreurs », lui réclame du sang, encore du sang, toujours du sang. Yanka n’a pas le choix il faut qu’elle tue, sinon le petit monstre lui fera mal, très mal. Ce genre de scénario rappelle les films de Frank Henenlotter (« Frère de sang », «61-mer les remue-méninges »), où un personnage innocent abrite un parasite criminel. Mais le coup de génie de Robak, c’est qu’il s’agit ici d’une jeune femme pour qui le monstre qu’elle porte est bientôt assimilé à un sanglant bébé. En outre, sa Yanka est jouée par la sensuelle et plantureuse Emmanuelle Escourrou, dont la beauté sauvage convient admirablement au personnage, et qui se dépense d’ailleurs sans compter. Incontestablement, sa performance (courageuse à certains moments) n’est pas pour rien dans la réussite d’un film qui est le premier gore du cinéma français.

Dessin animé et adrénaline

ObélixObélix, gaffeur comme à son habitude, a laissé échapper un menhir qui a assommé Panoramix, le druide. Celui-ci a perdu la mémoire et est désormais incapable de se rappeler la formule de la potion magique. C’est la panique chez les Gaulois, comme si le ciel sous la forme d’un menhir leur était tombé sur la tête ! Lorsque débarque dans le village un drôle de personnage un devin Adapté des albums de Goscinny et Uderzo, voici le nouvel » Astérix », le film. Le producteur délégué de la Gaumont, Yannick Piel, a créé un studio d’animation en France, ne voulant plus entendre parler de ces animations sous-traitées à l’étranger à moindre coût mais avec beaucoup moins de subtilité dans le mouvement. Il a fait également appel à des réalisateurs de talent, leur donnant les moyens et le temps de travailler. « Astérix et la surprise de César » en 1986, « Astérix chez les Bretons » en 1987 et « Astérix et le chaudron magique » en 1988, les dessins animés d’« Astérix » valent enfin le coup d’œil, de la part des petits comme des grands.

Adrénaline

Film à sketches ? Anthologie de courts métrages ? Qu’importe l’étiquette du flacon, pourvu qu’on ait la décharge… d’adrénaline ! Voici donc une œuvre collective, mieux : un concept. Une illustration parfaite, éclatée et délirante, de la paranoïa. Cadre unique : la société d’aujourd’hui. Vous prenez le métro, la rame s’affole. Vous gardez la chambre, elle se rapetisse et vous écrase. Vous répondez à une petite annonce, la maison est truffée de pièges mortels. Vous regardez la télé, vous êtes sur l’écran en affreux terroriste. Vous sortez en auto, l’engin se dirige tout seul vers un concasseur. Et ainsi de suite. Sept réalisateurs (dont une) pour cette série de cauchemars inquiétants ou hilarants, originaux et percutants. Par-dessus le marché, au lieu d’être présentés en vrac, ces petits récits d’humour noir et rouge sont reliés par un « sketch de liaison » génial : une histoire d’aveugles extralucides !