Richard Gere American playboy

Richard GereLèvres renfrognées, regard noir comme le jais, menton volontaire, cheveux peu sages, bras puissants, torse musclé et étalé jusqu’à l’ostentation… Richard Gere est devenu, en quelques films, «la star la plus désirable d’Hollywood». Ce titre, c’est Playgirl (le journal des dames américaines qui aiment bien les messieurs déshabillés) qui le lui a attribué. Mais, lorsqu’on lui dit qu’il est un «sex objet», Richard Gere rugit violemment. La journaliste de The ladies’ home journal ne s’en est pas encore remise. Lorsqu’elle posa la question fatidique, elle vit ce jeune mec de 34 ans bondir devant elle, baisser son pantalon et exposer en gros plan l’endroit précis d’un slip bleu et lui dire : « Voilà ce que j’appelle un «sex objet!» Pourtant Richard Gere, à l’écran, soigne son image de mâle très sexuel. Personne n’a oublié son look très classe de professionnel de la prostitution. à la sensualité narcissique, dans «American gigolo» de Paul Schrader, sa torride scène d’amour avec Debra Winger dans «Officier et gentleman» de Taylor Hackford ou encore ses étreintes sous la douche avec Valérie Kaprisky dans «A bout de souffle, made in USA» de Jim Mc Bride. Des interviews avec le beau Richard, il y en a peu. Et quand elles ont lieu, ou bien il ne dit rien.., ou bien ça se passe mal. Le Monsieur a son caractère et semble fuir les journalistes autant que Garbo en son temps. Cependant, sublime paradoxe, peu d’acteurs aussi secrets ont suscité autant d’articles dans les magazines. Bien que sa vie privée reste la plus obscure des énigmes, la presse américaine arrive toujours à le surprendre en galante compagnie. Car Richard Gere soigne son image de marque publique et s’affiche avec des dames aussi désirables et célèbres que Lauren Hutton, Barbara Carrera, Tuesday Weld ou Diana Ross. Richard Gere joue avec la presse en essayant d’en minimiser les inconvénients. On n’oubliera pas sa participation involontaire au film de Raymond Depardon, «Reporters». Alors en tournée promotionnelleà paris pour «American gigolo» et désirant visiterincognito la capitale, il était traqué par une meute de photographes. Et, en 1979, il était juste un peu connu ! Depuis, les incidents ont été nombreux : des bousculades musclées de paparazzi à cette comparaison des relations des journalistes avec l’acteur à celles des puces sur le dos d’un chien… Richard Gare explique lui-même sa méfiance hostile à l’égard des interviewers : «Il y a quelques années, un con nard insistait pour savoir qui étaient mes parents et d’où ils venaient. Je lui ai demandé de leur foutre la paix et de ne pas parler d’eux parce que leur vie deviendrait un enfer. Ce crétin a persisté et a fini par trouver. Il a. pour ainsi dire, publié leur numéro de téléphone dans son putain d’article». Le chemin de Richard Gere pour arriver à la tête d’affiche a été assez long. Plus de dix années de musique, de théâtre et de cinéma. Richard Gere est né un beau jour de 1950, à Philadelphie, mais il a passé son enfance à Syracuse, dans l’Etat de New York : «Dans ma famille, confie-t-il, il n’y avait pas de comédiens. Mon père vendait des assurances. Mais nous étions tous musiciens. Le soir, après les cours, je rentrais jouer un morceau de jazz avec mes quatre frères et sœurs. Ma famille était formidable. Je faisais du sport, je faisais de la musique, j’allais au lycée. Ma vie était normale… normalement banlieusarde, vous savez». Et, avec juste ce qu’il faut d’humour, il ajoute. «Mais j’étais un enfant prodige». La chose est presque vraie. Car le jeune Richard jouait de plusieurs instruments : trompette, piano, guitare, banjo et même cithare. Il a aussi écrit des histoires et des chansons pour des pièces qu’il a lui-même jouées et chantées au lycée. En 1970, après sa licence de philo à l’université du Massachusetts et un joli début de carrière théâtrale, il s’installe dans une communauté dans le Vermont et forme un orchestre rock. «On s’appelait The Strangers ou quelque chose comme ça, se souvient Richard Gere. On vivait dans une ferme. Mais il est encore plus difficile de s’entendre avec desmusiciens qu’avec des acteurs». La musique a été un sacré atout pour le rôle de Dixie Dwyer, le joueur de cornet à pistons irlandais, que Richard Gere vient d’interpréter dans le nouveau Coppola, «Cotton Club». Gere n’a pas été «postsynchronisé»pour ses numéros de cornet et de piano. Il s’est juste un peu entraîné avant. C’est sous l’égide de la musique que Richard Gere arrive en force dans le petit monde new-yorkais du show-business. «Mon premier spectacle, monté sur une scène off-Broadway, s’intitulait «Soon». Ce fut un four ! Après j’ai joué quelques pièces non musicales dont «Killer’shead» de Sam Shepard où j’étais seul sur scène attaché à ce qui était supposé être une chaise électrique. Et puis il y a eu «Grease» en 1973, et le personnage de Danny Zuko que j’ai joué à Broadway, en tournée et à Londres. En fait, c’est mon rôle dans «A la recherche de Mr. Goodbar» qui a tout déclenché en 1977». A propos de son plus récent film, «King David» de Bruce Beresford, qu’il vient juste d’achever de tourner, Richard Gere dit : «Je sais que jouer le rôle du roi David de 23 à 70 ans est un défi… mais chacun de mes rôles est un défi». Gere aime les paris impossibles, les rôles qui le bouffent et l’engagent jusque dans des états complexes. Sans jamais être passé par la fameuse école de l’Actor’s studio et sans revendiquer le moindre parrainage, Richard Gere a quelque chose d’un nouveau Brando. Aussi intense, aussi porté à la surenchère, aussi perfectionniste dans le détail… Quand, en 1979, il revient au théâtre pour jouer Max, homosexuel en camp de concentration, dans «Bent» de Martin Sherman, il revendique le statut d’acteur complètement engagé dans son jeu : «Oui, je suis homosexuel quand je suis sur cette scène. Si le rôle le demandait, je sucerais Horst, l’autre personnage». Le même désir de se dépasser se retrouve dans chacun de ses rôles, Depuis l’étalon survolté et assassin de «A la recherche de Mr. Goodbar» de Richard Brooks, où il éclatait littéralement aux côtés de Diane Keaton, il s’est offert de solides performances. Le taciturne métallo de Chicago devenu ouvrier agricole saisonnier dans «Les moissons du ciel» de Terrence Malick. Le jeune et sensible ouvrier italien qui déteste la violence et rêve de s’occuper d’enfants dans « Les chaînes de sang » de Robert Mulligan. Matt, le jeune cuistot américain qui tombe amoureux d’une jeune Anglaise dans « Yanks » de John Schlesinger. Zack Mayo, le gosse qui a grandi dans les rues des Philippines et a décidé de s’engager dans la Navy pour devenir pilote de jets, dans « Officier et gentleman » de Taylor Hackford. Ou encore Jesse Lucas, le mauvais garçon de «A bout de souffle, made in USA», instinctif et sensuel qui vit jusque dans la mort sa passion et sa violence. Dans chacun de ses rôles, Richard Gere s’investit complètement et est prêt à aller jusqu’au bout pour toucher à la perfection. Et, au-delà du charisme évident de l’homme, le public est sensible à cet engagement total de l’acteur. Sur ce point, le Jesse Lucas de «A bout de souffle, made in USA», Gere y croyait tellement qu’il s’est engagé à fond dans le film et a aidé à monter le film, en prenant part aux décisions de casting, d’écriture du scénario et de production. «Il n’est pas fréquent d’avoir le privilège d’incarner un personnage aussi fort, aussi déprimé, avoue-t-il. Une des raisons qui m’ont fait accepter ce rôle, c’est qu’il s’agissait de se joindre à un projet mûrement réfléchi, qui avait produit un scénario très travaillé. C’est un film où nous nous sommes tous impliqués». Ceux qui ont travaillé avec Richard Gere sont tous d’accord : il est tellement concerné par son «art» qu’il n’a d’énergie pour rien d’autre lors d’un tournage. Il peut défendre ce à quoi il croit jusqu’à l’agressivité la plus ouverte. Il est totalement professionnel, jamais en retard sur un plateau, toujours complètement prêt à tourner, sachant son texte par cœur et même cherchant à aider ses partenaires. De cette implication quasi-mystique, ses metteurs en scène témoignent. Taylor Hackford, réalisateur d’«Officier et gentleman» se souvient : «J’ai engagé Richard seulement deux semaines avant le début du tournage et il ne connaissait rien au karaté. Le combat est une des dernières scènes que j’ai tournées. Richard ne m’a pas dit : tu n’as qu’à t’arranger pour que je sois crédible. Il a travaillé tous les jours pendant deux mois, en se levant plus tôt le matin et en continuant après le tournage, quelle que soit la fatigue de la journée. Il a étudié avec un professeur de karaté et de taï kick boxing. Deux mois, c’est rien pour apprendre tout ça. Mais il a compris que le personnage de Zack, qui a appris à se défendre dans les rues des Philippines, devait être très fort dans ce domaine. Richard a fait un travail superbe. C’est quelqu’un de dévoué, qui s’engage totalement dans ce qu’il fait. Et c’est très agréable de travailler avec un acteur aussi déterminé, qui prenne autant de responsabilités personnelles pour paraître bon à l’écran ». Et Jim McBride, qui le dirigea dans «A bout de souffle, made in USA» ajoute : «Il est imaginatif. Plus qu’un acteur, c’est un collaborateur actif». Et Paul Schrader de conclure : «Le Richard que je connais est ouvert et décent. Pas du tout froid et hargneux. J’ai entendu des histoires où il maltraitait des gens et était arrogant. Elles sont peut être vraies. Mais ce n’est pas le Richard que je connais». Beaucoup plus qu’un jeune premier, Richard Gere est un acteur… «Organique», vital jusqu’à l’indécence. Aussi n’a t-il pas peur d’affirmer son immodeste enthousiasme : le rayonnement. J’ai connu des gens qui avait autant de talent que moi, mais qui n’avaient pas ce rayonnement. J’ai toujours su que c’est le rayonnement, l’engagement et la concentration qui font que les choses arrivent. Quand les choses «merdent», il faut simplement persister. La plupart des gens abandonnent en se disant qu’ils ne sont pas faits pour ça. Tu dois résister à toutes ces «merdes» et simplement foncer, foncer, toujours foncer… Pour moi, l’aboutissement n’est pas d’être une star de cinéma. Je veux explorer d’autres domaines, connaître d’autres expériences. Ce qui me satisfait, c’est de me dépasser. Or je ne peux penser que c’est moi seul qui «fais» un film… Néanmoins, j’aime le cinéma». Cette même intransigeance d’acteur et cette même intensité de jeu devraient se retrouver dans les trois films que Richard Gere a tournés en 1984 et que nous avons vus ou verrons en 1985. «Cotton Club» de Francis Coppola où Gere, musicien irlandais éprouve un amour fou pour une chanteuse, interprétée par Diane Lane, dans une Amérique des années 20 en proie au gangstérisme et à la musique de jazz. Puis «Le consul» de John Mackenzie d’après le roman de Graham Greene où il est un jeune médecin idéaliste pris en otage par des terroristes argentins avec un consul américain interprété par Michael Caine. Enfin «King David» de l’Australien Bruce Beresford, une grande saga biblique que nous ne verrons pas avant juin 85. Dans le cinéma américain d’aujourd’hui, Richard Gere est plus qu’un acteur unique… C’est une véritable bête de spectacle. C’est la raison pour laquelle il ne faut pas manquer ces trois rendez-vous… quelle que soit la valeur des films !

Francis Perrin

Francis PerrinQuand allez-vous embrasser Thierry Le Luron sur la bouche ?

J’espère que Pour Giraudeau il n’y a pas eu de suite. Si j’embrasse Le Luron, ça ne sera pas en public.

Si vous étiez Américain, vous auriez voté pour Reagan ou pour Mondale ?

Si j’étais Américain,j’espère que j’aurais tait une carrière de show-man formidable. J’aurais voté pour Reagan sauf si j’avais habité le Minnesota. En fait, la politique ne m’intéresse pas beaucoup.

Imaginons que vous soyez du prochain vol de la navette spatiale. Avec qui partez-vous ?

Je ferai d’abord une série de tests avec Raque! Welch, Ornella Muti, Jane Fonda, Faye Dunaway et… ma femme. Bien réfléchi, comme ma femme ressemble à ces quatre actrices, je crois que c’est elle que j’emmènerais.

D’après vous, le cinéma «c’est dur pour tout le monde» ?

Ce n’est pas un métier très facile. Moi, j’arrive à faire ce que je veux, pourvu que ça dure.

Avec les femmes, vous êtes plutôt un joli cœur ou une tête à claques ?

J’ai été une tête à claques puis un joli cœur. Maintenant, je suis beaucoup plus calme.

Vous êtes vous déjà trompé d’histoire d’amour ?

Absolument. J’ai un bon souvenir avec le film, mais pas avec mon histoire personnelle.

Vous a-t-on déjà traité de roi des cons ?

Oui. C’est un titre que j’assume complètement parce qu’il vaut mieux être roi de quelque chose que de rien du tout. Je suis tout sauf un con, alors quand on me traite de con ça me tait plutôt plaisir. Parce que je n’y crois pas du tout…

Vous êtes un dingue de vidéo. Pouvez-vous nous décrire votre installation ?

Il y a des gens qui se droguent à l’héroïne ou à la cocaïne. Moi, je me drogue à coups d’Orson Welles, de Kubrick, de Mankiewicz, de Zeffirelli, etc. C’est moins dangereux. J’ai un JVC tri standard, ce qui me permet de voir beaucoup de films importés d’Angleterre ou des États-Unis. Je regarde au moins un film par jour. Comme j’ai près de 600 cassettes, j’assure bien.

Vous avez également du matériel U-Matie ?

J’ai magnétoscope qui date d’une dizaine d’années. La qualité d’image est fabuleuse.

Trouvez-vous le temps de vous rendre dans les salles obscures ?

De toute façon, il faut d’abord voir un film en salle et le revoir ensuite en vidéo pour le plaisir. Dernièrement, j’ai vu «Marche à l’ombre», «Greystoke» et «Indiana Jones». Je navigue dans tous les genres.

Êtes-vous abonné à Canal Plus ?

Non, je trouve ça lamentable. C’est trop cher. Ils passent des films que l’on trouve dans les vidéoclubs.

Sur qui fantasmez-vous, Cyrielle Claire ou Fanny Cottençon ?

Francis Perrin 2Il y a aussi Véronique Genest que j’ai dirigée dans «Ça n’arrive qu’à moi». Le metteur en scène a bien fantasmé sur ses trois interprètes. Mais je vais être franc. Je fantasme plus sur Faye Dunaway ou Ava Gardner.

Pratiquez-vous un sport ?

Je joue au tennis comme un malade. C’est encore une drogue. En fait, je suis tellement drogué que je n’ai même pas le temps de prendre un petit joint.

Passons à votre dernier film. Vous êtes encore une fois réalisateur et interprète. Pouvez-vous nous en dire deux mots ?

«Ça n’arrive qu’à moi», c’est le titre du film qui est sorti le 23 janvier. C’est l’histoire d’un journaliste qui n’a pas de chance dans la vie et qui rencontre la fille de son patron de presse. C’est Véronique Genest qui joue la fille, et Bernard Blier le patron de presse. Le journaliste s’aperçoit que la belle lui porte chance et il ne veut plus s’en séparer. Malheureusement, elle ne veut pas de lui. Ils sont alors entraînés dans des aventures rocambolesques. C’est terrible.

Un film à gros budget, alors ?

C’est une comédie d’aventures. Et l’aventure nécessite de gros moyens. Disons qu’avec ce film, je vais plus loin que les comédies plus traditionnelles que j’ai faites auparavant. Pour la première fois, je suis coproducteur.

Lors de la prochaine cérémonie des Césars, un trophée sera remis au meilleur film français de la décennie. Quel serait votre vote ?

J’ai deux films qui seront en compétition, j’ai donc deux fois plus de chance de gagner. Blague à part, j’ai adoré «Le dernier métro» de Truffaut.

A quand un César pour Francis Perrin ?

Si on m’en donne, je serai content. Si je n’en ai pas, je n’en ferai pas une maladie. Et puis, les gens qui votent n’ont pas vu la moitié des films, alors…

Côté restaurant, vous aimez quoi ?

J’aime bien les bons restaurants. Chez moi, je mange bien. Ma femme fait très bien la cuisine. Bocuse n’a qu’à bien se tenir.

M. Perrin réalisateur, Francis Perrin est-ce un bon acteur ?

Je trouve que je me suis beaucoup amélioré à mon contact. Je ne fais plus de «gugusseries» inutiles.

Trois prix au Conservatoire, la Comédie française, le théâtre ne vous manque pas trop ?

Si, mais je vais faire un one man show l’année prochaine à l’Olympia, et dans deux ans, je reviens au théâtre. Depuis deux ans, je n’ai fait que du cinéma, mais je suis allé voir énormément de spectacles. Je vais vous avouer quelque chose. Dans l’avenir je vais diriger les autres et ne plus jouer dans mes propres films. Parallèlement, je poursuivrai ma carrière d’acteur avec d’autres metteurs en scène.

Avec qui prenez-vous une aspirine pour deux ?

Je bois beaucoup d’eau, ça va. De temps en temps, un petit peu de champagne ça ne fait pas de mal.

Est-ce que vous vous êtes déjà battu avec Bernard Lavilliers ?

Non, je n’aimerais pas, c’est un malabar. Je suis de plus en plus calme.

La cote de François Mitterrand n’a jamais été aussi basse. Quelles réflexions ça vous suggère ?

Je m’en fous complètement.

Quand allez-vous poser nu dans Newlook ?

De dos ou de face, je suis intéressant. Alors, j’attends qu’on me le propose. C’est une question d’argent.

Vous préférez «Cocorico-coboy» ou le «Théâtre de Bouvard» ?

Avant, je regardais le «Théâtre de Bouvard». Aujourd’hui, je trouve que ça fait réchauffer. Collaro, c’est un créateur. Je trouve, de toute façon, qu’il est difficile de faire rire tous les jours un quart d’heure. Je leur tire, à tous les deux, mon chapeau.

Quel est l’acteur qui vous fait le plus rire, Michel Blanc ou Jean-Paul Belmondo ?

Belmondo est un très bon acteur, mais il est seul. Michel est un bon acteur et il est également auteur. Il peut écrire des choses pour lui-même. Ceux qui me font le plus rire, ce sont les Marx Brothers et Louis de Funès.

Êtes-vous jaloux d’Anthony Delon ?

Non, ça marche bien pour moi côté nanas.

Êtes-vous plutôt rive droite ou rive gauche ?

J’ai plutôt un public en province. J’habite rive droite.

Pour conclure, quels sont vos projets cinématographiques ?

Je dois tourner, cette année, avec Gérard Mordillat «Vive la sociale») en tant qu’acteur. Ça s’appellera «Billy the kik». Dans ce métier, j’ai de la chance. Je fais, en principe, ce que je veux au cinéma et ce que je veux au théâtre. C’est super, non ?

Compact disque

Paul McCartney «Give my regards to Broadstreet» (EMI)

Bonjour les souvenirs ! Bande originale du film, «Givemy regards to Broadstreet» offre les plus grands succès de Paul McCartney aussi génial en Beatles que solitaire, depuis «Yesterday» à «Silly love songs»… Pour reprendre de tels monstres sacrés à l’heure du compact, Paul n’a pas lésiné sur les moyens et s’est entouré des meilleurs musiciens dont Ringo Star, Dave Edmuns, Eric Stewart, etc. Un CD hors pair, histoire de renouer avec une certaine magie.

Jean-Michel Jarre «Zoolook» (Dreyfus/CBS)

Après quatre disques, Jean-Michel Jarre continue son exploration dans le monde du son électronique. Avec «Zoolook», il ramène une floraison de nouvelles mélodies et l’emploi de voix de synthèse. Véritable magicien, Jarre entraîne au cœur de paysages inconnus, où de secrets bruitages se rythment à l’écho de voix de nulle part. Voyage garanti ! Une fois de plus, c’est la musique du futur qui surgit avec de belles surprises.

ZZ Top «Best of» (WEA)

Attention devant, voici les bouseux du rock, toutes guitares dehors. Méchants riffes et mélodies rentre dedans. Ces purs produits du Texas ont pris, les années passant, une assurance et un savoir-faire incontestables et incontestés. Il n’y a rien de tel et de mieux que ce « best of » pour vous faire aimer les méchantes ruades de ces cow-boys barbus.

Michel Jonasz «Tristesse» (WEA)

D’aucuns le considèrent comme le seul et le vrai chanteur français. Ce n’est pas là l’avis exclusif d’une poignée de fans. Michel Jonasz a réellement les qualités des plus grands. Une voix chargée de mille trésors et des compositions qui n’ont pas fini de nous habiter. A écouter de toute urgence.

Ella Fitzgerald «The Cole Porter songbook» (Verve/Polygram)

Mme Fitzgerald, c’est la grande dame du jazz. Une voix incomparable qui joue sur tous les registres de l’émotion, ample et majestueuse, remarquable et généreuse. La voici dans deux compilations, regroupant 32 des meilleures compositions du grand Cole Porter comme : «All of you», «Night and day», «Do I love you», etc. A écouter du bout du cœur.

Mozart «Exultate jubilate» (L’oiseau lyre)

Dirigé par Christopher Hogwood. Influencé par ses opéras, Mozart a donné à ses œuvres sacrées un lyrisme débridé. Son «Exultate jubilate» comblera les amateurs de grandes envolées musicales. Grâce au travail sur instruments d’époque, Christopher Hogwood donne à son interprétation une authenticité admirable, que la voix d’Emma Kirkby sert remarquablement. Autres œuvres disponibles : «Mozart Requiem» par Hogwood (L’oiseau lyre). «Symphonies n° 40 et n° 25» par James Coulon (Erato). «Symphonie concertante et concerto pour violon n° 1» par Harnoncourt (Deutsch Grammophon).

Vivaldi «Concertos pour mandolines» (Erato)

Dirigé par Claudio Scimone. Utilisant toutes les finesses de l’harmonie, Vivaldi, avec ses concertos, a réussi des chefs-d’œuvre de construction. La mandoline par ses teintes joyeuses contribue à les rendre admirables. Spécialiste de la musique baroque, Claudio Scimone fait un travail d’orfèvre qui ne lasse pas une seconde. A écouter absolument. Autres œuvres disponibles : «Dvorak. Symphonie n° 9 du nouveau monde» par – James Coulon (Erato). «Haendel. L’allégro, Il pense rosoedll moderato» par John Eliot Gardiner (Erato).

Cinq questions CBS.FOX vidéo

CBS.FOXComment s’effectue le choix des films proposés chaque mois par CBS-Fox Vidéo ?

Pour le choix des films, nous avons un package de 700 productions dont nous détenons les droits d’exploitation vidéo. Quand nous établissons la liste des films à sortir, nous essayons de tenir compte des objectifs commerciaux, de la qualité des programmes et nous tenons aussi à pousser un cinéma difficile en vidéo. Je tiens à dire que nous avons l’entière liberté de sortir en France les films que nous souhaitons dans la mesure où nous atteignons nos objectifs vis à vis de la direction européenne ou américaine.

Alliance, est-ce vraiment un bon distributeur ?

Les résultats sont là. J’ai beaucoup étudié les différents chiffres de vente et je peux dire qu’Alliance occupe, en terme de chiffres d’affaires, la deuxième place sur le marché. Elle a pris sa vitesse de croisière. Je suis allé voir «sur le terrain» pour essayer de comprendre les problèmes des vidéoclubs et mesurer l’image d’Alliance. Nous avons une image de sérieux en ce qui concerne la politique de prix et la qualité des produits.

Vous venez de lancer une série de musicaux. Quel est pour vous l’avenir de ce marché ?

Le marché n’existe pas et le produit n’est pas rentable. Mais dans ce métier rien n’est immuable, ça peut évoluer très vite. D’autre part, je n’ai pas le droit, avec les programmes de qualité que possède CBS, de ne pas être présent sur ce marché. Je crois que si les cassettes de programmes musicaux étaient vendues chez les disquaires, le marché pourrait se développer.

Vous préparez une importante opération de promotion sur le film «L’empire contre-attaque». Pouvez-vous nous donner quelques détails sur cette campagne ?

Dans ce métier, nous vendons une promesse de location qui est souvent attachée à la notoriété du film. Mais nous avons un contrat moral avec les vidéoclubs qui nous pousse à faire tout notre possible pour que les cassettes soient louées par la clientèle. Pour «L’empire contre-attaque», nous allons mettre à la disposition des vidéoclubs un matériel de PLV (promotion à la vente) impressionnant et nous allons prendre des pages de publicité dans les quotidiens en plus des revues spécialisées.

Prévoyez-vous d’autres opérations de ce type ?

Nous prévoyons une grosse opération en mars, mais il est prématuré d’en parler pour le moment. Pour le reste, nous allons promouvoir, comme d’habitude, les films importants et sûrement relancer ce que l’on appelle le fond de catalogue. Je prévois enfin une opération sur les films de Marilyn Monroe, que la Fox possède presque en totalité.

Torpédo,le son àtoute vitesse

TorpédoTorpédo, ce n’est pas seulement le nom d’une voiture, mais également celui d’un studio de conception et de réalisation de messages radio et de bandes son pour les films publicitaires. Cette année. Thibaut Chatel, François Berthelot et leur équipe vous ont fait écouter à la radio les spots des Arcs, d’Email Diamant, d’Heinecken, de Peugeot 205, etc. Ils ont réalisé aussi pour des films publicitaires, les bandes son de Nesquik, Renault 9, Mystère de Rochas et bien d’autres. Aujourd’hui, la promotion de Torpédo se fait par l’intermédiaire d’un film en vidéocassettes où l’image et… le son (of course !) sont habilement mêlés. Le résultat est très drôle, surprenant et fort bien réalisé. Agences de publicité et annonceurs en tous genres, contactez d’urgence Torpédo, 8, rue Marbeuf, 75008 Paris ‘(Tél : 720.64.00). Vous ne serez sûrement pas déçus…

Nouveau laboratoire

Un nouveau laboratoire, Speed Transfert, vient d’ouvrir ses portes à Dammard dans l’Aisne, à une heure de Paris. Chez Speed Transfert, on vient prendre votre master à domicile ainsi que vos étiquettes et jaquettes pour vous livrer entre deux et cinq jours plus tard des cassettes cellophanées, prêtes à être vendues. Speed Transfert travaille aussi pour les particuliers (mariage, réception, etc.). Pour tous renseignements, contactez Speed Transfert, place de l’Eglise, 02470 Dammard (Tél : (23) 71.13.22) ou 50, rue St Ferdinand, 75017 Paris (Tél : 574.74.26).

Ça déménage

La société Bernard Becker Production, organisatrice du Salon international de la musique, du Salon international de l’équipement des discothèques et lieux de spectacle, du Salon de la vidéo, et régie de publicité de Guitare/Claviers magazine, s’est installée récemment au 161, boulevard Lefebvre, 75015 Paris (Tél : 533.74.50). De son côté, Thorn Emi Screen Entertainment, qui devrait sortir plus de 35 nouveaux best-sellers en 85, a emménagé au 122, rue de Rivoli (7ème étage), 75001 Paris (Tél : 296.15.66). L’entrée pour les fournisseurs est située au 1, rue des Déchargeurs.

Stages au pays de l’Adour

Le Creav des pays de l’Adour organise du 4 février au 22 mai une série de stages d’initiation à la

vidéo 1/2 pouce. Au sommaire, la maîtrise du matériel, le langage de l’image et du son, la réalisation, le montage, etc. Pour tous renseignements, contactez le Creav des pays de l’Adour, 3, avenue G. Phoebus, 64000 Pau (Tél : (59) 32.01.80).

Festival du son et de l’image

Le Festival international son et image vidéo 85 se tiendra, dans le cadre de la semaine française de la communication audiovisuelle, du 10 au 17 mars au Cnit-La Défense, à Paris. Les trois premières journées seront réservées exclusivement aux professionnels. Pour mettre en valeur la haute-fidélité, un espace de 10.000 m2 rassemblera les firmes spécialisées et les différents fabricants. Toutes les marques de matériels vidéo y seront très largement représentées avec de nombreux produits nouveaux.

AtariRestructuration chez Atari

Dans le cadre de la restructuration de la société sur le plan mondial et pour faire face à ses ambitions importantes pour 1985, Atari France a annoncé son intention de réorganiser ses structures. Atari va notamment concentrer ses activités de distribution en travaillant exclusivement avec des distributeurs grossistes et un certain nombre de grands comptes. Par ailleurs, Guy Minant, qui quitte la présidence d’Atari France, annonce la création d’une nouvelle société. Galaxie. Il en est le président alors qu’Antoine Gallozzi ancien directeur commercial d’Atari, en est le directeur général. Galaxie reprend quatorze personnes d’Atari, sélectionne et distrixie les meilleurs produis informatiques et électroniques sur le marché.

Lionel Chouchan :«Le vidéo»

Lionel ChouchanVous venez de publier un livre (1) en forme de lettre ouverte. Est-ce que cette œuvre pamphlétaire, qui a obtenu le prix Féroce 85, est destinée à régler des comptes ou simplement à remettre les pendules à l’heure ?

Il n’est pas destiné à régler des comptes. Comme je ratisse large, si j’ose dire, si j’avais des comptes à régler ce serait avec l’ensemble de la nation, ce qui n’est pas mon problème. C’est simplement un bouquin d’humeur et d’humour sur un thème qui me paraît intéressant. Je pense que cette espèce d’apathie déliquescente dans laquelle nous pataugeons est une nouvelle forme du Mal français. J’ai voulu faire une sorte de peinture d’un certain nombre de comportements qui me paraissent typiquement tricolores. Ce qui m’amuse, c’est que les gens qui le lisent rient beaucoup et ne se reconnaissent pas dans mes propos. En revanche, ils reconnaissent parfaitement leurs voisins de palier. On est en train de devenir un peuple de légumes. A force de tout attendre de papa État et de maman Sécurité sociale, nous ne sommes plus capables de traverser la rue tout seuls.

Êtes-vous plutôt un manager qui écrit ou plutôt un écrivain qui manage ?

Je suis un manager et un écrivain. Je ne suis surtout pas un manager qui écrit. L’écriture est un besoin, ce n’est pas ma danseuse. Je n’ai pas du tout la même démarche que Séguéla, par exemple, qui fait des livres inscrits dans la promotion de son entreprise et de lui-même.

En France, on aime bien classer les gens et l’on ne conçoit pas qu’un écrivain puisse avoir d’autres activités, non ?

De toute façon, des écrivains qui ne vivent que de leur plume, il y en a très peu en France. Généralement, ils doivent être journalistes, enseignants barbus avec des pellicules ou accessoirement fonctionnaires. Ce n’est pas mon cas et ça dérange beaucoup de personnes.

A la télé, il faut 3 % d’idées et 97 % d’errance dans les couloirs. ÉÉ

Est-ce cette passion du livre qui vous a poussé à organiser les journées mondiales de l’écrivain à Nice ?

Non, c’est un concours de circonstances. Mais c’est aussi une manifestation qui m’a particulièrement intéressé parce que j’ai pensée qu’il y avait là un concept formidable à exploiter. Il s’agissait d’organiser pour la littérature une manifestation qui soit l’égale d’un festival pour le cinéma. C’est-à-dire une fête et un événement qui concernent les écrivains et pas le commerce du livre. Ça a très bien marché, mais la ville de Nice a choisi, pour des raisons économiques, de ne pas renouveler l’expérience.

Pourquoi signez-vous vos livres Lionel Chouchon alors que pour toutes vos autres activités vous êtes Lionel Chouchan ?

Quand j’ai commencé à écrire, j’ai décidé de changer de nom. Et puis, j’ai réalisé que se faire un nom dans une vie c’était déjà difficile, alors s’en faire deux ce n’était pas à la mesure d’une tâche humaine. J’ai eu donc cette idée de génie qui a consisté à changer de voyelles. Maintenant, c’est la confusion la plus totale. Quand j’écris, c’est Chouchon et quand je signe des chèques c’est Chouchan.

Vous êtes celui par qui les festivals arrivent. Avoriaz, Deauville, Cognac sont autant d’événements qui portent la griffe de Promo 2 000, votre agence. Qu’est-ce qui vous a poussé dans de telles entreprises ?

Ça s’est fait totalement par hasard, comme beaucoup de choses dans la vie. Pour Avoriaz, j’ai rencontré en 72 les responsables de la station qui cherchaient une idée de manifestation de prestige. Après avoir vu l’aspect «fantastique» de la station, j’ai travaillé sur de nombreux projets dont ce Festival du cinéma fantastique. Je me suis donc lancé dans l’aventure sans connaître le cinéma fantastique ni la façon d’organiser un festival. C’est pour cela que l’on a réussi et que l’on a inventé beaucoup de choses. De toute éternité, les jurys de festival ont été constitués d’un producteur, d’un réalisateur, d’un monteur, d’un acheteur et d’un raton-laveur. Nous avons été les premiers à mélanger les genres. Autre exemple, nous avons inventé les badges bijoux à la place des traditionnels laissez-passer. Pour finir, nous avons créé une formule qui, maintenant, se fait partout : du festival boîte de conserve, comme je l’appelle. On invite les gens, on les transporte, on les nourrit, on les loge, on leur projette des films, on les distrait et en fin de compte on leur dit merci. Au début, tout le monde trouvait ça génial et l’on recevait des mots de remerciements, des fleurs et des chocolats après chaque festival. Aujourd’hui, on se fait des ennemis quand on n’invite pas certaines personnes ou qu’elles n’ont pas de bonnes chambres. Avant, à Deauville, c’est André Halimi qui avait eu l’idée d’un Festival du cinéma américain. Il pensait faire payer les Américains eux-mêmes. C’était là une utopie comme seul Halimi peut en avoir. J’ai donc décidé de trouver une ville susceptible d’accueillir cette manifestation. Comme je connaissais le maire de Deauville, je lui ai proposé et l’affaire s’est faite. Enfin, il y a le Festival de Cognac. Cette ville cherchait un moyen de promotion. Elle avait déjà la chance de s’appeler Cognac. Quand le nom de la ville est le nom du produit à promouvoir, c’est plus facile. Comme toute la littérature policière est imbibée de whisky, c’était une sorte de clin d’œil que d’organiser un festival du film policier à Cognac. Ce qui était amusant aussi, c’est que c’était le dernier endroit où faire un festival. On a réussi à transformer les inconvénients en avantages.

Avez-vous d’autres projets de festivals ?Lionel Chouchan 2

J’en ai fait le tour. Ça m’a amusé de les créer et ça m’amuse toujours de les poursuivre dans la mesure où il faut innover chaque année, mais ça ne m’intéresse plus d’en organiser de nouveaux. Si j’avais voulu, j’aurais pu en créer au moins vingt-cinq. J’estime qu’il y en a beaucoup trop et qu’ils se tuent les uns les autres. En plus, tous les créneaux sont pris.

Allez-vous parfois dans les festivals des autres ?

Très peu. Je vais à Cannes quelques jours chaque année. Ça ne m’amuse pas beaucoup.

Vous célébrez cette année le 13e anniversaire du Festival d’Avoriaz, anniversaire très symbolique. Le festival et la station sont aujourd’hui mondialement réputés. Est-ce que votre histoire d’amour est toujours aussi forte ?

Comme dans toutes les histoires d’amour, il y a des hauts et des bas. Mais Avoriaz comme Promo 2 000 sommes très attachés à ce festival. Pour revenir sur ce 13e anniversaire, je dois dire que nous organisons cette année une espèce d’Avoriaz off, en collaboration avec cinq ou six grandes villes de la région.

Vous dirigez une agence qui, en dehors de l’organisation de festivals, gère plusieurs budgets. Pensez-vous que la France est plutôt en avance ou au contraire plutôt en retard dans les nouvelles formes de communication ?

Avant de vous répondre précisément, je vous dirai même que les festivals ne représentent que 20 % de nos activités. Nous travaillons pour des groupes comme Johnson, Apple, Dunhill, pour le ministère des Transports, le Commerce extérieur, le PMU, etc. Personne ne sait que nous avons été derrière Mc Intosh, Bison futé, le Paccard, la bourse du premier emploi avec Pigier ou la fondation Philip Morris, et maintenant Apple, sur le cinéma. Promo 2 000 n’est pas une agence de publicité dans ce sens que nous n’utilisons pas une boîte à outil limitée. En France, cela dit, nous sommes plutôt en retard en matière de communication, relations publiques et promotion. Mais nous travaillons beaucoup et je pense que c’est une activité en pleine expansion. Nous sommes même plus créatifs que les Anglo-Saxons.

Vous avez organisé récemment les Minerves du film publicitaire. Pensez-vous que dans ce domaine aussi, les Français sont plus créatifs que les Anglo-Saxons ?

A mon avis, les films publicitaires français sont vingt fois supérieurs aux autres. Les Américains font encore des films comme on en faisait il y a vingt-cinq ans.

Comment voyez-vous le développement du câble, du satellite, des TV privées, du panorama audiovisuel en général ?

Comme dit l’autre, c’est l’avenir. Je crois que l’on est dans une période de gestation, de mutation et que dans dix ans on verra le résultat.

Pensez-vous quand même que le monopôle d’État sur la diffusion va disparaître avant longtemps ?

J’en suis moins sûr. Comme je le dis dans mon bouquin, la France est le pays qui a le plus de génie pour prendre tout ce qu’il y a de pire dans tous les systèmes existant sur la planète. On commence à s’ouvrir aux nouveaux médias, mais on maintient un contrôle. Il n’y a qu’à regarder notre petite chaîne privée, Canal Plus, qui est quand même basée dans un ministère et alimentée par les deniers de l’Etat. On veut nous faire croire que c’est une chaîne privée.

Le consul

Le consulLa nostalgie des consuls made in Great-Britain revient en force. Après celui d’« Au-dessus du volcan » de Malcom Lowry adapté par Huston, voilà, un cran au-dessous, «The honorary consul» de Graham Greene devenu «Le consul» à l’écran, adapté par John Mackenzie. Une ébouriffante interprétation de Michael Caine, superbe en vieux diplomate imbibé de whisky, une sautillante interprétation d’un Richard Gere à jamais gigolo — mais où est le mal ? — ajoutez à cela une Argentine tournée au Mexique, une musique de Paul Mc Cartney et le tour est joué « Le consul » est un beau film tissé à partir d’une trame complexe tendant à démontrer qu’on meurt rarement pour ses idées, mais bien plus par erreur ou pa7 amour… A travers le récit de l’enlèvement rocambolesque du consul qui ne vaut pas Ur clou sur la scène politique du groupe de desperados qui tente de monnayer sa libération et l’engagement d’un jeune médecin (Gere) au» motivations éclectiques, c’est une leçon sur l’engagement, sur l’amitié aussi. Ceci mené avec un humour et une distanciation tout à fait britanniques dans l’esprit. Terrorisme, manipulation, acte gratuit sur fond de régime totalitaire, «Le consul» aussi une série de gros plans sur une brochette de ratés plus ou moins sympathiques mais jamais épargnés. Ni par la plume de Graham Green,ni par la caméra de John Mackenzie.

F-CTN45029Philadelphia

1943. C’est la guerre. Les Américains tentent une expérience : rendre un destroyer invisible aux radars ennemis. Top secret. Et pour cause, le navire à réellement disparu pendant quelque temps avant de réapparaître dans un piteux état avec deux marins manquant à son bord. 1964 : ce sont les deux mêmes homes que l’on retrouve poursuivi par un hélicoptère au milieu d’un désert,champ d’expérimentation militaire commandé par un certain Dr Longstrat. Les voyages dans l’espace temps ont toujours passionné les hommes. Et le cinéma, avec plus ou moins de bonheur («La machine à remonter le temps», «Nimitz» «Les guerriers de l’Apocalypse»). «Philadelphia experiment» découle de la même imagination. Avec tout ce qu’il faut, bien sûr, pour le rendre à la fois attrayant et remarquable. Du rythme, de l’action, des effets spéciaux et un suspense très habilement mené. «Philadelphia experiment» est un spectacle total à tout point de vue. Le comité de sélection du 13eFestival du film fantastique d’Avoriaz ne s’y est pas trompé qui l’a retenu pour la course au titre.

La vie de famille

La vie de familleC’est le récit d’une invitation au voyage d’un papa (Sami (Frey), alias Emmanuel, avec sa fille de 10 ans. (Mara Goyet) alias Elise. Emmanuel culpabilise d’avoir laissé sa fille dans un foyer unijambiste — il est divorcé — et se sent prêt à tout pour faire de chaque week-end passé avec sa fille un événement unique, un conte de fées où l’on vit à 100 à l’heure, où l’on apprend perpétuellement quelque chose d’essentiel. Il se sent prêt à tout pour chasser l’ennui aux couleurs de la télévision des mercredis après-midi, des sornettes de la communale et des références quasi-systématiques à Pifou-Magazine. Alors sais prétexte de réaliser un petit film vidéo inspiré d’un scénario — cucul — signé Elise. Emmanuel va entraîner sa fille le plus loin possible afin de trouver le lieu idéal de leur confrontation. C’est non loin du Prado, à Madrid, qu’Emmanuel et Elise trouveront le lieu de leur dialogue. Dans une chambre d’hôtel. Un dialogue à cœur ouvert facilité par l’instrument caméra vidéo pris comme confident Our ce qu’il n’est pas possible d’énoncer dans un face à face. Qui est l’instrument de qui ? Impossible de le savoir tant les personnages se cachent derrière leurs révélations. «La vie de famille» est un film d’un intimisme profond. Et Doillon réussit à rendre le spectateur voyeur et souvent mal à l’aise de l’être. Avec des limites toutefois. Des limites imposées par le fait que le scénario de départ est inspiré d’une nouvelle de John Updike intitulée «la vie de famille en Amérique».

Maryna, des images en chansons

J'ai besoin de toi MarynaElle nous arrive avec un premier 45 tours, une jolie voix et deux titres prometteurs dont l’un, «J’ai besoin de toi», ne tardera – certainement pas à gravir les marches du sacro-saint Top 50. Mais Maryna, du haut de ses vingt ans, ne s’affole pas et garde la tête froide. Elle qui rêvait, depuis l’âge de dix ans, de devenir chanteuse, a déjà gagné son pari : qu’un producteur soit séduit par sa voix et par son charme et croit suffisamment en son avenir pour lui permettre d’enregistrer son premier disque. A présent, Maryna croise les doigts, même si elle sait que les radios et les auditeurs ont réservé un excellent accueil à «J’ai besoin de toi», même si les télés l’ont programmée. Elle se contente d’affirmer, en souriant, «Laissons le destin prendre les choses en mains». A parier que cette petite brune aux yeux bleus-verts, qui aurait pu naître à Rome, avec son piquant à l’italienne, n’a pas fini de nous surprendre. Son seul petit regret, ‘c’est d’être née trop tard. «J’aurais bien aimé avoir vingt ans à l’époque des sixties, avoue-t-elle Cela devait être formidable. Pour me consoler, j’écoute les disques français et anglo-saxons que mes parents, qui ont eu la chance de vivre ces années-là, m’ont donnés. Et je craque». A Vidéo 7, on a beaucoup aimé ce p’tit bout de femme. Et maintenant, nous attendons son clip.

Diable rouge

Diable rougeYouri, un jeune orphelin ukrainien, surnommé Bouche du Diable en raison de son bec de lièvre, reçoit, dans la très secrète école du KGB, une formation très poussée qui fera de lui un espion de premier ordre, plus tard appelé à opérer aux USA pour le triomphe de la révolution socialiste. Voilà le départ de ce grand récit d’espionnage en bande dessinée qui se déroule dans les années 50. Magnifique, beau, léché, caricatural, passionnant, historique, triste, philosophique, imaginatif, coloré, étudié, psychologique, tout ça c’est «Bouche du Diable», la deuxième collaboration de Boucq et Charyn qui avaient déjà superbement signé «La femme du magicien», Alfred du meilleur album en 1986 à Angoulême. D’après le scénario, on ne peut s’empêcher d’imaginer une adaptation au cinéma. Mais comment retrouver la «couleur», au sens large du terme, de ces illustrations ? «La bouche du Diable», Casterman, 99 francs.