Maryna, des images en chansons

J'ai besoin de toi MarynaElle nous arrive avec un premier 45 tours, une jolie voix et deux titres prometteurs dont l’un, «J’ai besoin de toi», ne tardera – certainement pas à gravir les marches du sacro-saint Top 50. Mais Maryna, du haut de ses vingt ans, ne s’affole pas et garde la tête froide. Elle qui rêvait, depuis l’âge de dix ans, de devenir chanteuse, a déjà gagné son pari : qu’un producteur soit séduit par sa voix et par son charme et croit suffisamment en son avenir pour lui permettre d’enregistrer son premier disque. A présent, Maryna croise les doigts, même si elle sait que les radios et les auditeurs ont réservé un excellent accueil à «J’ai besoin de toi», même si les télés l’ont programmée. Elle se contente d’affirmer, en souriant, «Laissons le destin prendre les choses en mains». A parier que cette petite brune aux yeux bleus-verts, qui aurait pu naître à Rome, avec son piquant à l’italienne, n’a pas fini de nous surprendre. Son seul petit regret, ‘c’est d’être née trop tard. «J’aurais bien aimé avoir vingt ans à l’époque des sixties, avoue-t-elle Cela devait être formidable. Pour me consoler, j’écoute les disques français et anglo-saxons que mes parents, qui ont eu la chance de vivre ces années-là, m’ont donnés. Et je craque». A Vidéo 7, on a beaucoup aimé ce p’tit bout de femme. Et maintenant, nous attendons son clip.

Diable rouge

Diable rougeYouri, un jeune orphelin ukrainien, surnommé Bouche du Diable en raison de son bec de lièvre, reçoit, dans la très secrète école du KGB, une formation très poussée qui fera de lui un espion de premier ordre, plus tard appelé à opérer aux USA pour le triomphe de la révolution socialiste. Voilà le départ de ce grand récit d’espionnage en bande dessinée qui se déroule dans les années 50. Magnifique, beau, léché, caricatural, passionnant, historique, triste, philosophique, imaginatif, coloré, étudié, psychologique, tout ça c’est «Bouche du Diable», la deuxième collaboration de Boucq et Charyn qui avaient déjà superbement signé «La femme du magicien», Alfred du meilleur album en 1986 à Angoulême. D’après le scénario, on ne peut s’empêcher d’imaginer une adaptation au cinéma. Mais comment retrouver la «couleur», au sens large du terme, de ces illustrations ? «La bouche du Diable», Casterman, 99 francs.

Canal+ le décodeur

canal+Canal + a décidé de remplacer son actuel décodeur par un système de meilleure qualité, plus fiable à tous points de vue. En effet, André Rousselet, le Pdg de la fameuse chaîne à péage, n’arrête pas d’innover. Tout d’abord, dans le domaine de l’implication industrielle, Canal + a engagé depuis 1988 plusieurs actions en vue d’améliorer les conditions économiques de la réception et de la distribution des signaux audiovisuels. En avril 1989, Canal + s’est associé à la Sagem pour constituer Eurodec. Cette société a pour objet la conception, le développement, la fabrication et la commercialisation de terminaux pour services à accès contrôlé. Ainsi a été créé ce nouveau décodeur baptisé Syster. Pourvu d’une clé, qui supprime l’entrée des numéros de codes, et avec son nouveau design, le Syster a tout pour plaire aux abonnés. De plus, il recevra des émissions diffusées sur les satellites TDF1-TDF2, tout comme le terminal Decsat (système 02 Mac paquet). L’échange est gratuit pour l’abonné, et l’abonnement est de 160 francs au 1er avril 1990; le dépôt de garantie, lui, est de 500 francs. Super, Canal + !

King revient!

«Tard dans la nuit et celles d’avant, toc! toc! toc! à la porte, les tommyknockers…» La découverte d’un vaisseau de l’espace, venu s’échouer des millions d’années plus tôt, dans un petit village du Maine (USA) entraîne ses habitants, au gré de son exhumation, dans une bien étrange évolution. Pour tous, elle fera naître des éclairs de génies, puis petit: à petit les emmènera vers une mutation bien plus terrifiante. Les maladies régressent, les vieillards retrouvent la vigueur de leurs trente ans, la télépathie survient dans leur quotidien. Mais aucun d’eux ne pourra quitter l’environnement du vaisseau sans en souffrir. Une apothéose de coups et de douleurs… Dernier livre de Stephen King, le maître du frisson et de l’horreur, «Les tommyknockers» entre dans la lignée des .grands écrits qui font l’histoire du fantastique. Pour le plaisir d’avoir peur. «Les tommyknockers», Editions Albin Michel, 140 francs. Si, tard dans la nuit, l’on frappe à votre porte, n’ouvrez surtout pas, les tommyknockers sont là…

Fip/Partner

Dernière minute : Fip/Partner propose, dès la mi-mai, trois films fantastiques, dans tous les sens du terme, à la location. Il s’agit de «3615, code Père Noël», «Baby blood» et «Adrénaline», trois oeuvres présentées au Festival d’Avoriaz 1990. Nous reviendrons plus longuement sur les productions de ce nouvel éditeur dans nos prochains numéros.

Vidéo Mailing

C’est en pleine ère de communication, en 1986, que le jeune ingénieur agronome Nicolas Goldzahla a la riche idée de créer sa propre Sarl : Vidéo Mailing. Cette société réalise des messages sur des vidéocassettes, qui sont acheminées ensuite par la poste comme n’importe quel courrier. Les tarifs de duplication sont de 40 francs (prix indicatif). L’entreprise Reynolds European Inc. fut le premier coup de maître de Vidéo Mailing. Elle remporta le Grand prix vidéo d’entreprise au Festival de Biarritz, avec «Les films se font du cinéma», et rapporta un bénéfice de 7 millions de francs. L’on comprend aisément la confiance accordée par Yves Saint Laurent pour sa gamme de maquillage printemps-été 89, en passant par Cerruti, la Caisse d’Epargne, CSEE…
Avis aux entrepreneurs vidéophiles.

Fil à Film, itinéraire d’un enfant gâté

Le 27 mars dernier, une cassette de diamant a été remise, au Théâtre Marigny, à Fil à Film pour «Itinéraire d’un enfant gâté», en présence’ de Jean-Paul Belmondo et de son réalisateur Claude Lelouch. En effet, ce film a dépassé la barre des 100 000 cassettes vendues, pour un chiffre d’affaires supérieur à 10 millions HT. Par ailleurs, signalons qu’une récente statistique de la CSEA confirme l’excellente position de Fil à Film dans le domaine de la vente de vidéocassettes enregistrées, avec une part de marché de 18,64 % pour l’ensemble de l’année 1989, devant Warner Home Vidéo (16,84 %). Voilà un résultat particulièrement encourageant pour cet indépendant, à l’honneur dans ce numéro (lire l’article de Jean-Philippe Mochon sur les Palmes d’or).

Scores CDV

Tous les mois, comme annoncé dans notre précédent numéro, nous vous donnerons les meilleurs scores de vente de compact discs vidéo de la boutique VO Only (25, boulevard de la Somme, 75017 Paris. Tél. : 42.67.76.27), la seule à proposer un très grand nombre de films de fiction américains, exclusivement en version originale sous-titrée.

E.T1. «Indiana Jones and the last cruisade», de Steven Spielberg, avec Harrison Ford, Sean Connery (Para-mount).
2. « E.T. », de Steven Spiel-berg (MCA).
3.« Dange ro u s liaisons», de Stephen Frears, avec Glenn Close (Warner).
4. « Miracle mile», de Steve de Jarnatt, avec Anthony Edwards (Hemdale).
5. « Fiel ds of dreams», de Phil Alden Robinson, avec Kevin Costner.

Et aussi :
• «Stars war» (Twenty Century Fox).
• «Turner and Hooch» (Touchstone).
• « Pink Cadillac» (Warner).
• « Batman» (Warner).
• « Leather weapon » (Warner).

Roman porno

Sous un titre discutable (pas de scènes X ici !), voici une sélection de ces films à coloration érotique, connus à partir des années 60 sous le sobriquet d’« éroductions». De « Marché sexuel des filles» à «La maison des perversités », que de titres alléchants ! Hors quelques photos mémorables dans Midi minuit fantastique, nous ne connaissions rien de ces flamboyants polars ou mélos dont voici enfin cinq spécimens en Cinémascope monumental et musique tonitruante. Le thème général pourrait être : prostitution et faits divers dans le Japon de l’après-guerre. Par exemple, «La véritable histoire d’Abe Sada » (1974) est une autre version, et plutôt meilleure, du crime d’amour qui a inspiré «L’empire des sens» à Oshima. «Rue de la joie» (1974) se situe dans un bordel où, pour le nouvel an, l’une des filles se propose de battre le record du nombre de clients. Quant au mythique «Barrière de chair» (1964), histoire d’un groupe de prostituées en squatt qui vivent selon des règles sévères, c’est le fin du fin de l’Eros nippon : on n’y voit pas l’ombre d’un poil, mais on y fouette jusqu’au sang, avec une jouissance sadique.

Attache-moi !

Attache-moiRicki son de l’institut psychiatrique. Il a vingt-trois ans, cinquante mille pesetas en poche et une idée fixe qui l’obsède : rencontrer Marina, une jeune actrice très demandée dans les films pornos ou d’épouvante. Celle-ci ne veut pas de lui ? Qu’a cela ne tienne.

Ricki s’introduit subrepticement chez elle et la séquestre sans vraiment lui demander son avis. Paniquée par la tournure que prennent les événements, Marina cherche à échapper aux griffes de son ‘ravisseur» avant de se plier, bon gré mal gré, à ses arguments. Moins grand public que «Femmes au bord de la crise de nerfs», le nouvel Almodovar se rapproche davantage de la veine caustique déjà explorée dans « Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter cela » et «La loi du désir». Le flamboyant réalisateur ibérique suit à la trace ses deux héros et fait rimer, à ce propos, protagonistes et antagonistes. En apparence, tout sépare Ricki et Marina. En réalité, ces deux paumés (lui vit en marge de la société, elle se shoote à ses heures perdues) étaient faits pour se connaître et se sauver mutuellement. Dans ce film comme dans les précédents , Almodovar démontre son génie du casting. Ses héros sont incarnés par Antonio Banderas (un habitué de la bande à Pedro) et, surtout, Victoria Abri!, nouvelle venue dans le clan, prête et habilitée à relever tous les défis que lui pose le metteur en scène, même les plus culottés. Fidèle à son habitude, ce dernier apporte un grand soin tant au fond qu’a la forme de son récit, d’où d’habiles rebondissements et une photo bien léchée. Encore un film qui ravira les aficionados (et tous ceux qui n’attendent qu’un signal pour le devenir).

Passez enfin au numérique

video hi8Depuis quelque temps, nous nous sommes introduits dans un monde où l’électronique et le numérique tiennent une place très importante. Certains appareils ont fait surface et d’autres ont complètement disparu. C’est le cas du vieux magnétoscope, un célèbre appareil en voie de disparition, qui a cédé sa place à des lecteurs DVD de salon ou bien à des postes informatiques plus révolutionnaires. Afin de pouvoir être à jour avec toute cette évolution, et aussi de ne pas perdre certains biens enregistrés dans nos vieilles cassettes à bande magnétique, il faut procéder à la numérisation de la cassette HI8.

cassette sous blisterAvec toute cette évolution, les cassettes vidéo ne sont plus comme ils étaient et sont même considérées comme des supports à problème. D’abord, la bande magnétique que renferme la cassette se détériore avec le temps, la poussière et risquent de faire perdre tout son contenu. N’importe quelle mauvaise manipulation de la cassette peut conduire à sa destruction. Trouver un magnétoscope, pour procéder à sa lecture, devient actuellement une vraie source de problème, car ils sont vraiment introuvables. Et malgré tout cela, ces cassettes vidéo renferment encore des vidéos de souvenir qui nous tiennent vraiment à cœur.
Il existe des solutions simples afin de pouvoir faire un transfert des cassettes vidéo en une version numérique. Il faut tout simplement se procurer le logiciel de conversion, de le connecter et de transférer la vidéo en entier dans un poste informatique. Une fois enregistrée, la vidéo fera l’objet d’une petite amélioration ainsi que quelques personnalisations. Après, il ne suffit que de faire la gravure sur un support encore plus fiable, dans le DVD, ou bien une clé USB ou dans un disque dur externe.

camera vidéoAprès la numérisation de la cassette vidéo, il sera facile pour nous de pouvoir garder et sécuriser nos vidéo dans un support numérique à zéro risque. Nos vieux films, nos vidéos souvenir seront possibles à être visionner sur notre poste de télévision en n’importe quel format, sur notre ordinateur portable, notre iPod ou dans n’importe quel lecteur numérique sans être obligé de brancher la magnétoscope.

Bref, transférer nos vidéos analogiques en version numérique et les stockées sur des supports encore plus fiables est vraiment conseillé afin de pouvoir gagner sur leur durée de vie, de sa qualité ainsi que de pouvoir le visionner en toute facilité. Ce sera aussi possible de partager ou bien de faire des copies de la vidéo sans aucune complication et aucune modification.

Un cirque à la maison

Place à de petites distractions pour la maison : le cirque. Pour les fêtes et les évènements spécifiques, ou seulement pour le plaisir de décorer d’une manière originale, optez pour les décorations au thème de cirque du site Popstickers. Imaginez-vous en train de décorer votre maison ou votre appartement avec des images de quelqu’un faisant des figures qu’on trouve surtout au cirque, et aussi des clowns qui nous font pleurer de rire.

cirque
Vous pouvez voir tout cela sur le site pop sticker. En fait, ce site est un magasin de e-commerce spécialisé dans la décoration d’intérieur, et tout particulièrement les stickers. Il a plusieurs produits qu’il met en vente, vous pouvez cliquer ici et les 400 autocollants et plus, classés dans 17 catégories différentes vous seront proposées. Parmi ces décorations se trouvent les autocollants portant le sujet de cirque.

Pourquoi est-ce que le site a choisi de créer des stickers sur le cirque ?
A chacun son goût et ses aspirations. Et comme le site est à l’écoute de tous dans un but de satisfaire chacun d’eux, il a décidé de créer des décorations à leur honneur. Et d’ailleurs, on comprend bien leur désir de se distraire. On connait du cirque le fait que ce soit un ensemble de spectacles où l’on trouve toute sorte de distractions : les clowns, les dressages d’animaux, les acrobaties, les tours de magie…

cirque3

Cela se passe généralement dans une scène circulaire faite de chapiteau aménagée à l’occasion, d’où l’on a retiré son nom de cirque. Mais parfois, c’est seulement l’ensemble des spectacles cités plus haut qui fait que ce soit un cirque, sans que cela se passe obligatoirement dans un chapiteau. Il se peut donc qu’on voie un cirque dans une salle de théâtre, une grande bâtisse, etc. Quoi qu’il en soit, le cirque existait déjà depuis bien longtemps : au milieu du XVIIIe siècle.

Les stickers cirque

Les décorations spéciales cirque que le site a décidé d’offrir à ses clients sont de deux sortes. On y trouve deux personnes faisant de l’acrobatie.
L’un, le sticker cirque, affiche une femme dans un effet d’ombre. Elle fait du flip arrière : c’est-à-dire les pieds au sol, le ventre courbé, et petit à petit mettre la paume des mains par terre. Son but est de se mettre en forme de demi-cercle, paume des pieds et des mains bien posés au sol.

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Cirque 2 cependant montre une fille en train de réaliser avec souplesse l’équilibre cambré. Cette fois-ci, ce sont seulement ses paumes de main qui touchent le sol et le reste de son corps est cambré, les pieds en l’air, faisant ainsi l’impression de voir une personne faire la figure d’un point d’interrogation avec son corps.

D’autres stickers : les clowns

Pour accompagner ces deux merveilleux autocollants, vous pourriez aussi ajouter les stickers clown angry 2 et Clown entier. Comme son nom l’indique, le clown angry 2 est l’image d’une tête de clown en colère et effrayant. Ou alors, le sticker clown entier qui lui fait l’air d’être méchant si on se réfère à son sourire aussi diabolique que mesquin. Ainsi, ils peuvent s’utiliser dans d’autres évènements également comme l’Halloween ou autre.

L’été des roses blanches

L'été des roses blanches Un film yougoslave, tourné en Yougoslavie, avec des acteurs américains ! Ce qui est piquant, c’est surtout d’entendre les autochtones, en 1945, de même que les officiers de la Wehrmacht, s’exprimer dans l’anglais le plus pur ! C’est le dernier été avant la fin de la guerre. L’idiot du village travaille comme « sauveteur» à la plage locale. Il n’a jamais sauvé personne, se contentant de raconter aux enfants des histoires de poissons monstrueux. Les événements se précipitent. Il doit héberger une fugitive et, pour la sauver, contracter avec elle un mariage blanc. Puis, pour la première fois, il sauve un homme. Serait-ce un partisan ? Andria est arrêté, interrogé… Le voilà malgré lui devenu le point de mire. Au point crucial où la comédie devient tragédie, Tom Conti évite tout cabotinage et s’avère pathétique. Dans le rôle de son «épouse», on retrouve Susan George, qui se fit si bien violer dans « Les chiens de paille». «L’été des roses blanches » ces roses qu’un capitaine allemand envoie aux femmes qu’il convoite a une certaine lenteur et un charme certain. Le rythme de la rivière autour de laquelle tout va se jouer.

Stars du ciné, stars du showbiz, ce sont parfois les mêmes

BowieLa fascination est réciproque. Rares sont les acteurs qui n’ont pas tenté de pousser la chansonnette. De Bowie à Dutronc, d’Elvis à Cher, beaucoup sont passés du cercle de vinyle au rectangle de toile. Dans l’autre sens, hormis Reggiani chez nous, les exemples sont plus rares. Mais en revanche, que de films consacrés aux mythes vivants de la musique ! Il y a d’abord le cinéma direct des reportages. Films de festivals, de « Monterey pop » à « Woodstock ».

Enregistrements de concerts mêlés de reportages, des Stones dans « Gimme shelter » à Presley dans « Elvis on tour », de Joe Cocker dans « Mad dogs and Englishmen » à U2 dans « U2, rattle and hum » (voir notre saga des cassettes dans ce même numéro). Et puis, ensembles plus élaborés, documents composites où se mélangent les interviews, les images d’époque, les photos, les témoignages, entre le « Imagine » consacré à John Lennon et le film-souvenir sur Chuck Berry, « Hail hail rock’n roll » de Taylor Hackford. On a même vu un pastiche désopilant de ce genre, le pseudo-document sur le groupe de hard imaginaire « Spinal tap » par Rob Reiner. A l’autre bout de la galaxie, les films de fiction inspirés par le monde de la rock music, avec des personnages, chanteurs ou groupes imaginaires, même s’ils font implicitement référence à des événements connus : la pop anglaise et les tribulations de Brian Jones dans « Stardust », l’aventure des Doors et de Jim Morrison dans « Eddie and the Cruisers ». Et n’oublions pas les films plus ou moins musicaux réalisés par des stars : le « 200 motels » de Frank Zappa, le « Renaldo and Clara » de Dylan, le « Give my regards to Broad street » de Paul McCartney. Mais ce sont là fantaisies ou caprices de créateurs soucieux de dépasser leurs limites habituelles, en vérifiant pour certains la dure loi du principe de Peter : chacun, au cinéma aussi, cherche à atteindre son niveau d’incompétence. A mi-chemin de ces deux formes d’expression, le cinéma a forgé un genre où la fiction se marie au réel : le documentaire romancé ou, comme disent les Américains, la « true story ». Par le truchement de ces fameuses « histoires vraies », Hollywood a transformé des artistes populaires en véritables mythes, et transfiguré des mythes qui existaient déjà. Le principe, de la true story n’a pas été conçu pour les chanteurs.

Jim MorrisonIl s’est appliqué d’abord à des cohortes d’hommes d’Etat, de savants, de militaires ou de pionniers divers. Qui n’a pas la sienne, aux Etats-Unis, ne saurait figurer au Panthéon national. Mais il n’y avait aucune raison pour que la musique ne bénéficie pas de cette tradition florissante. Avant le rock, on s’est penché sur le music-hall et le jazz… Prototype bien huilé, « La romance inachevée » (The Glenn Miller story) d’Anthony Mann, où James Stewart se met dans la peau du fameux chef d’orchestre tromboniste qui entraîna allègrement les troupes américaines jusqu’à la victoire de 1945. Optimisme et patriotisme sont les deux mamelles de cette story-là, sans oublier l’exaltation de la volonté d’entreprendre couronnée par la réussite. Dans les années 70, les temps ont changé, le cinéma se libère : désormais, on peut consacrer un film à une chanteuse noire, et sans éluder les aspects les plus « négatifs » : sexe, drogue, etc. Ce qui ne manque pas dans la vie de Billie Holiday, jouée par Diana Ross, chanteuse elle-même, dans « Lady sings the blues » (Sidney Furie, 1972). Bien plus tard, la trame sera analogue dans « Bird », la true story de Charlie Parker réalisée de la façon la plus classique par Clint Eastwood, fan du jazzman.

Le bonhomme avait un sale caractère, battait sa femme, se soûlait, se shootait, etc. Le tout en images glacées, fignolées, raffinées. En France, cette tradition-là n’a jamais triomphé ; c’est un peu comme le fantastique, ça ne s’explique pas, c’est comme ça. En 1973, le film de Guy Casaril, « Piaf », fait un bide. Pourtant, il avait déniché une jeune comédienne frémissante aux longs cils, que tout le monde considérait alors comme un espoir : Brigitte Ariel. « Piaf » raconte la naissance; l’enfance, la jeunesse, les premiers succès d’Edith. Le film est sobre, pas trop mélo, en pure perte. Les nostalgiques de la goualante restent chez eux. Cela n’empêche pas Claude Lelouch,. quelques années plus tard, de tenter à nouveau l’aventure. Lelouch reprend la vie de « la môme » là où Casaril l’avait laissée. Selon sa recette personnelle, il mise sur l’histoire d’amour entre stars : « Edith et Marcel » est consacré à la passion qui unit la chanteuse à son boxeur, Marcel Cerdan. Hélas ! Aussitôt, le sort s’acharne. Patrick Dewaere se suicide juste avant le tournage, il est remplacé par Cerdan junior, qui donne la réplique à Evelyne Bouix. « Edith et Marcel » sera un des plus sévères échecs de Lelouch. Comme si, décidément, on refusait de voir l’idole, ô sacrilège, incarnée par une « autre ». Ce risque n’existait pas avec « Trois places pour le 26 », de Jacques Demy, puisque Montand y joue le rôle de Montand. Or la malédiction continue. Malgré la rayonnante présence de Mathilda May, nul ne s’intéresse à cette « vraie-fausse » biographie d’Yves le Marseillais, évocation scénique de ses débuts, entrelardée d’une invraisemblable histoire d’amour oublié, de naissance ignorée, d’inceste supposé. La spécialité est, décidément, aussi américaine que le Coca-glaçons et le cheeseburger. Le temps du rock le confirme. Après tant de films sur ses concerts, ses tournées, son mythe, la true story de Presley a été tournée par John Carpenter lui-même, avec son acteur-fétiche, Kurt Russell, dans le rôle de l’épais King : « Elvis, the movie » (Le roman d’Elvis, 1979). Rien ne manque, ici, à la légende dorée. Garçonnet exemplaire, Elvis se recueille sur la tombe de son frère. Adolescent, il enregistre un disque pour sa maman. Puis ce sera la rencontre du « colonel » Parker, le service militaire en Allemagne, le mariage avec Priscilla, les distributions de Cadillac aux copains. Un chapelet de chromos pour un modèle de biographie édifiante ! Dans la version intégrale (3 heures !), Carpenter démystifiait davantage son modèle, sans éluder, en filigrane, le secret de Polichinelle de son homosexualité. Dans le même genre, il y eut une très honorable « Buddy Holly story » (de Steve Rash, 1978), succession de scènes fa-miliales et de refrains entraînants du gentil rocker à lunettes. Et les Beatles ? Les Beatles aussi. Eux, ils ont tout connu : le vrai-faux reportage (« A hard day’s night », de Richard Lester), la comédise parodique (« Help ! », idem), le cartoon surréaliste (« Yellow submarine », de George Dunning) et même la true story, limitée aux débuts du groupe (« Birth of the Beatles », de Richard Mar-quand, inédit en France, on l’a vu seulement au Festival de Deauville). Ce n’est un secret pour personne que « The Rose » (de Mark Rydell, 1979) est un portrait romancé de la superstar du blues-rock, Janis Joplin, déjà héroïne de nombreux documentaires (dont le superbe « Janis », en 1975). L’intérêt est ici que la chanteuse, comme dans « Lady sings the blues », est incarnée par une autre chanteuse : Bette Midler. La fiction passe par une transposition : le nom de Joplin n’est jamais mentionné, et son surnom de « Pearl » transformé en « Rose ». Mais le parallèle de la vitalité, de la folie, de l’exubérance, fonctionne parfaitement entre Bette Midler et son modèle.

Sid and NancyL’hagiographie ne convient pas aux rock-stars. Ce que le spectateur désire, c’est pénétrer dans l’intimité de la vedette, surprendre ses secrets, tout savoir sur ses manies, y compris sa vie sentimentale et sexuelle. La true story édifiante, c’est fini. Ainsi, quand Alex Cox raconte, en 1985, dans « Sid and Nancy » l’histoire des Sex Pistols, et surtout celle de Sid Vicious (celui-ci est incarné par Gary Oldman, son amie Nancy par Chloe Webb, et on y retrouve aussi Johnny Rotten et Malcolm McLaren), ce n’est évidemment pas du patronage. Il trace un tableau réaliste et percutant du mouvement punk, réaction violente et nihiliste contre toutes les valeurs établies qui secoua la vieille Angleterre à la fin des seventies. C’est la true storax sociologique, comme « La bamba » (Luis Valdez, 1987), dont le but est moins de ressusciter Ritchie Valens, mort dans le même crash que Buddy Holly, que de faire plaisir à la communauté des chica-nos en mal d’identité culturelle dans un pays dominé par les Wasp. Quant à Jim McBride, il gagne sur les deux tableaux avec « Great halls of fire », qui retrace, en 1989, l’épopée manquée de Jerry Lee Lewis. D’abord parce que les concerts délirants du Killer, avec pianos enflammés et teenagers hurlantes, créent une sacrée ambiance, et que Dennis Quaid, teint en blond, accent sudiste énorme, s’en donne à cœur joie pour réincarner l’idole déchue. Déchue, car la majorité bien-pensante eut jadis raison du rival de Presley. Et c’est la seconde dimension du film : l’analyse de société qui explique pourquoi Jerry Lee Lewis, au faîte de la gloire, a été rejeté au profit du conformiste Elvis Presley (je vais encore me faire des amis). Comme quoi la true story peut être à la fois jouissive et lucide.

A l’image du rock, non ?

Maire Gamins

«Ennuyeux, douloureux, incroyable, à jeter, plat travail d’amateur»! Ce 27 décembre 1967, la presse britannique est unanime. Paul, George, Ringo et John viennent d’essuyer leur premier échec.

Magical mystery tour

«Magical mystery tour», diffusé en première mondiale pour le réveillon sur la BBC, a fait ce qu’il y a tout lieu d’appeler un flop. Tourné pour le grand écran, le film, entièrement conçu et réalisé par les Beatles, laisse le public de glace. Paul, qui le jour de Noël avait annoncé ses fiançailles avec Jane Asher, n’est pas décontenancé pour autant : «L’erreur était de chercher une intrigue qui n’existait pas. C’était comme une peinture abstraite, avec des éléments de spontanéité. Il fallait s’asseoir et regarder sans essayer un seul instant de piger quoi que ce soit», déclare-t-il alors. De l’art de transformer un demi-échec en demi-succès. Certes, «Magical mystery tour» revêt, par nombre de ses aspects, un côté amateur indiscutable! Mais qu’importe, même si le film est loin d’être une poutre maîtresse dans la carrière des quatre de Liverpool, il n’en reste pas moins que «Magical mystery tour» est un morceau d’anthologie dans l’ensemble de leur œuvre. Bien entendu, les choses avaient été beaucoup plus simples lorsque, quelques années auparavant, étaient successivement sortis « A hard day’s night» (Quatre garçons dans le vent, 1963, Warner) et «Help!» (Au secours!, 1965, Vidéo Collection). Le premier avait connu un incroyable succès. Le réalisateur Richard Lester n’en est alors qu’à ses balbutiements cinématographiques. «A hard day’s night» est son quatrième film. Lorsque, deux ans plus tard, on propose à Lester de réaliser « Help !», les dés sont pipés avant même que le, tournage commence. Brian Epstein, le manager des Beatles, pose des conditions draconiennes : que les Beatles restent soudés, qu’on ne les voit plus répéter ni jouer en public, que leurs loisirs n’aient trait ni à la boisson ni au sexe féminin et qu’enfin le film soit agréable et gai. «J’ai donc imaginé une histoire dans laquelle les Beatles seraient passifs», devait déclarer Lester. Qu’on en juge. «Help!» constitue 90 minutes de course-pour-suite où aucun de nos scarabées ne bafoue les règles de bonne conduite énoncées précédemment.

Il n’en reste pas moins que le film est vivant, drôle, plein de trouvailles et de jamesbonderies dont la Grande Bretagne raffole à l’époque. Pourtant « Help!» ne connaît qu’un demi-succès. Le crépuscule de la carrière cinématographique des Beatles semble sonner deux ans plus tard avec «Magical mystery tour» et les conséquences que l’on sait. Pour autant, le groupe doit-il faire son deuil du septième art? Le 29 décembre 1967, trois jours seulement après la débâcle du mystérieux tour magique, le Daily Mail titre : «After that flop, the cartoon Beatles», et annonce que cinq personnes travaillent d’arrache-pied sur le scénario de «Yellow submarine». Pour McCartney, Harrison, Starr et Lennon, le «Magical mystery tour» est déjà loin derrière.